17/10/2013

16-2) Notre existence a-t-elle un sens? 16-2) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens"


Notre existence a-t-elle un sens? 16-2) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens" 

partie 2: Science et sens, raison et religion

 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

 

Exergue: "Par opposition au scientisme dominant de la fin du XIXè siècle, on voit aujourd'hui de nombreux scientifiques, forts de ces nouvelles hypothèses ou de ces nouvelles théories, orienter le science vers un autre ordre de réalité, considéré désormais non plus comme concurrent, mais comme complémentaire de son domaine." Jean-Marie Pelt

 "Nous pouvons renoncer à la vision mécaniste du Monde. la métaphysique de l'objet est périmée. A nouveau et avec joie, nous pouvons poser en toute légitimité la question de l'être." Bernard d'Espagnat

wikipedia.org -Esprit quantique 

"L'esprit quantique est une hypothèse qui suggère que des phénomènes quantiques, tels l'intrication et la superposition d'états, sont impliqués dans le fonctionnements du cerveau et en particulier, dans l'émergence de la conscience." (hypothèse soutenue par Roger PenroseStuart HameroffKarl H. Pribram et Henry Stapp). 

 

Nous sommes parvenus au terme de l'ouvrage de jean staune"Notre existence a-t-elle un sens?"Ma lecture de l'ouvrage nous a fait traverser les sciences de la matière, de l'Univers, de la vie, de la conscience et même la logique et les mathématiques. Ce voyage a été fait avec un minimum de préjugés philosophiques et religieux en partant des faits qui semblent importants pour la question "l'Univers et notre existence ont-ils un sens et s'inscrivent-ils dans un projet quelconque?". Que pouvons-nous conclure après avoir vu de très nombreuses interprétations de ces faits et analysé les principales positions en dégageant celles qui semblent les plus crédibles? Nous avons vu dans la première partie de cet article 16-1) que lXXè siècle a vécu en science un événement rare: un changement de paradigme avec l'émergence d'un nouveau paradigme (voir aussi l'article 4) Vers de nouvelles lumières). Ce qui s'est passé est inégalé depuis 500 ans, depuis le passage du monde magique du Moyen-Âge à celui de la modernité, via la Renaissance et a eu une influence sur tous les domaines de la connaissance. Reprenons la liste des bouleversements décrits au chapitre 1) de l'article 16-1) et regardons les conséquences sur le matérialisme ou du moins celui qui prétend s'appuyer l'objectivité qu'apporte la démarche scientifique.

 

1) L'Hiroshima du matérialisme scientifique (voir complément 15c).

blogouvertsuractu.com -Hiroshima mon amour!

L'affirmation classique "tout est matière" n'a plus de sens sur le plan scientifique. Il suffit de se référer aux articles 6-1 et 6-2 ("Vers un réalisme non-physique") pour vérifier que les fondements des objets se sont en quelque sorte dissous. Banesh Hoffmann ami d'Einstein et auteur de l'étrange histoire des quanta, a écrit que les protons, les électrons ne sont pas localisés dans l'espace et le temps (même quand ils constituent des objets qui, eux, sont localisés!) et peuvent passer à travers les murs. De plus, la réalité est non-locale et si on veut être réaliste, il semble qu'il faille postuler avec Bernard d'Espagnat un "réalisme non physique" de type platonicien (voir les articles 6-1 et 6-2). 
- Alors que durant plusieurs siècles la science et la cosmologie avaient déconstruit toutes les visions religieuses anthropocentriques, contre toute attente (voir articles 9-1 et 9-2), les recherches en astrophysique ont introduit à l'intérieur de la science la question de la finalité et de l'existence d'un Dieu, d'un principe créateur ou d'un Grand Architecte (à moins d'imaginer (comme Brian Green), une infinité d'univers parallèles). Ceci fait voler en éclat, (comme on l'a vu dans l'article précédent), un tabou et contribue à découpler la science du matérialisme méthodologique et non pas seulement la science et le matérialisme philosophique, ce que la physique quantique avait commencé à faire.

L'ennemi absolu du matérialisme, le dualisme (la conception selon laquelle un esprit séparé de la matière peut exister) redevient crédible depuis que la physique quantique a montré qu'une dimension non physique de la réalité pouvait exister et interagir avec la notre (voir l'article 14-2)

Le "paradigme même de la rationalité classique" (l'idéal d'axiomatisation rêvé par David hilbert) a été anéanti par les théorèmes de Gödel qui, en renforçant une conception platonicienne de la vérité en mathématiques, apporte une crédibilité au témoignege des grands mathématiciens disant qu'ils sont en contact avec un "monde des mathématiques" qui n'est pas une création de leur esprit (voir article 15).

L'idée d'une évolution orientée, canalisée ou non, pouvant se répéter, développée par Christian de Duve, Conway-Morris ou Michel Denton donne une crédibilité scientifique à des intuitions comme celles de Teilhard de Chardin, qui avancent que la contingence ne règne pas en maître dans le domaine de la biologie et qu'un être conscient de lui-même devait apparaître, que nous étions en quelque sorte "attendus", voire que les "noeuds' du grand arbre de la vie sont "prédéterminés depuis le big bang." (Voir les articles 12-1 et 12-2 paragraphe 4)


Ainsi, la science a dévasté comme une tornade le paysage du matérialisme dont les fondements se sont écroulés... à l'exception du darwinisme. Comme on l'a vu dans l'article précédent 16-1) au chapitre 1) "on peut être assuré que les conceptions de Newton, Laplace, Hilbert, et sans doute celles de Changeux ou Crick ne sont plus des descriptions scientifiques adéquates, mais il n'y a pas d'expérience décisive qui permette de rejeter les conceptions darwiniennes."  C'est pourquoi les matérialistes s'y attachent avec l'énergie du désespoir. Bien qu'il soit rongé de différente côtés, tout ce qu'il reste du matérialisme s'est écroulé autour de lui, comme le "représente" l'image ci-dessus, qui celle d'Hiroshima après la bombe; Un seul et unique bâtiment, en ruine, mais fermement debout, domine un paysage dévasté. C'était le Genbaku Dome...mémorial de la paix d'Hiroshima, à l'origine le Palais d’exposition industrielle (le musée des sciences et techniques), qui devait présenter une image très classique de la science en cette ère Meiji au Japon. Quelle allégorie de la situation du scientisme et du matérialisme en ce début de IIIè millénaire! Le matérialisme n'est certes pas anéanti, mais il doit se reconstruire presque entièrement s'il veut rester crédible, à l'instar de la ville d'Hiroshima qui est aujourd'hui une ville florissante de plusieurs millions d'habitants. Comme le disent Parabod et Ortoli, que nous avons déjà cités, le marérialisme est encore possible, mais sous la forme qu'il reste à élaborer, d'un matérialisme de science-fiction.


Quelles sont alors les réactions des matérialistes? 

La lutte de Jacob avec l'ange (traité d'athéologie)

- La position de Guillaume Lecointre, d'Yvon Quiniou et des membres de l'Union rationaliste ou de la Libre pensée est de se boucher les yeux et les oreilles en affirmant que tout va bien pour le matérialisme. Pour Quiniou, "le matérialisme ça ne se discute pas". Pour cette école, l'heure à laquelle le spiritualisme apparaîtra comme une illusion est proche et les bouleversements actuels, loin d'être des légitimes débats à propos des progrès de nos connaissances, sont d'inacceptables "intrusions spiritualistes."

- Avec Marceau Felden ("Et si l'homme était seul dans l'Univers"), il s'agit de prendre le taureau par les cornes et d'essayer de reconstruire les piliers qui se sont effondrés. Felden affirme la validité du darwinisme et soutient (sans autre preuve que de décrire des mécanisme physico-chimiques), que le cerveau produit la pensée, comme c'est décrit dans cet article. Il rejette le principe anthropique sans analyse. Il mentionne le théorème de Gödel mais sans préciser plus ce qu'il apporte. Quand à la non-localité, il écrit: "Dans certaines expériences délicates ayant pour objet de tester la théorie quantique sont apparues des difficultés d'interprétation impliquant que la relativité restreinte, la physique et la localité ne peuvent  toutes les trois être simultanément compatibles. Cependant, malgré de nombreuses discussions, en l'état actuel de nos connaissances le problème reste obscur, de sorte que toute conclusion demeure incertaine empêchant de où est la faille."  C'est ne pas voir une évidence pour laquelle Jean Bricmont, physicien pourtant ultramatérialiste, affirme: "la non-localité existe, c'est tout." Alors, on peut se demander ce que reconstruit Felden du matérialisme?  

- Pour Michel Onfray (Traité athéologie"), la réponse est de ne pas se préoccuper de la science et s'affirmer matérialiste et soutenir sa position en montrant "l'horreur des religions" de façon à légitimer a contrario le matérialisme. Sait-t-il  qu'il fait exactement ce qu'il reproche aux religions, enseigner une simple croyance sans base rationnelle?
- On peut, comme André Comte Sponville, déclarer que le matérialisme n'est qu'une croyance parmi d'autres, en définissant le matérialisme comme une théorie de l'esprit qui n'a pas les caractéristiques de l'esprit, sans utiliser le mot matière, car il a bien intégré la physique quantique. C'est une position raisonnable et sans doute la plus respectable, qui a l'intelligence de reconnaître que le matérialisme est une simple croyance. 

- Sortir des limites du matérialisme sans adhérer à une religion semble être la position de Luc Ferry (L'homme Dieu ou le sens de la vie) quand il affirme qu'il y a dans l'homme quelque chose que n'expliquent ni la culture (donc l'éducation), ni la nature (donc la génétique), et qu'il rejette la transcendance au profit d'une "transcendance dans l'immanence". Cette dernière formule évoque en fait le panthéisme

- Une ultime réaction est de reconnecter le matérialisme avec la nouvelle réalité issue des sciences en postulant des univers parallèles en astrophysique (tel Brian Greene dans "la réalité cachée), ou des interprétations de la mécanique quantique selon lesquelles nous vivons dans une "bulle" d'illusions sans pouvoir nous rendre compte que les autres ont chacun une perception différente d'une même situation que nous vivons ensemble (voir le "solipsisme convivial" de Hervé zwirn dans les "Limites de la connaissance" et mon article Les limites de la connaissance 6-5) réalisme et monde quantique). 
Or ces positions sont irrationnelles aux yeux de nombreux matérialistes, ce qui signifie que le matérialisme devient extrêmement difficile à penser. En conclusion, le matérialisme n'est peut-être pas impossible, mais il doit se reconstruire mais cette reconstruction n'a pas encore commencé.


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liens: staune.fr -Voyage au coeur de l'obscurantisme

wikipedia.org -Union rationaliste    wikipedia.org -Libre pensée    fnlp.fr/

staune.fr -Matérialisme méthodologique

lemonde.fr -Le matérialisme ça ne se discute pas

noetique.eu -Mort du matérialisme et du rationalisme

revue3emillenaire.com -lLe Cerveau, l’Intelligence artificielle et le futur par Marceau Felden

neur-one.fr -Qu'est-ce que la pensée? où il est dit que le cerveau crée la pensée

automatesintelligents.com -Et si l'homme était seul dans l'univers ?

mo.michelonfray.fr -le blog

icrc.org -« L'homme-Dieu ou le sens de la vie » et « L'humanité perdue, Essai sur le XXe siècle »

ressources-cla.univ-fcomte.fr -L’HOMME-DIEU OU LE SENS DE LA VIE (Essai) de Luc Ferry

asmp.fr -5- Mécanique quantique et connaissance du réel Hervé Zwirn

boris.saulnier.free.fr -Compte-rendu de « Les limites de la connaissance » (H. Zwirn, Odile Jacob, 2000)

monblogdereflexions.blogspot.fr -Les limites de la connaissance 6-5) Réalisme et monde quantique: conséquences philosophiques.

 

2) Et si les cinq grands mystères ne faisent qu'un?

 

 

sophrologie-aberset.ch -la caverne de platon

Depuis le début de mes articles il est question de cinq grands mystères qui ont été commentés et analysés:

D'où provient l'Univers issu du big bang?

- Quelle est la nature des fondements de la réalité physique?

- Quelle est la nature de la conscience de l'homme?

- Qu'est-ce qui peut canaliser l'évolution de la vie?

- D'où provient la "déraisonnable efficacité" des mathématiques?" (En 1960, le physicien Eugène Wigner avait publié un célèbre article au titre provocateur : «La déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences naturelles2.»

Jusqu'à présent, nous avons donné des interprétations à l'intérieur de la science, ce qui a amené à une nouvelle façon de la concevoir, à la fois consciente de ses limites en ce qui concerne ses possibilités de décrire le monde, et ouverte à des questions qui lui paraissaient impossibles à traiter auparavant. Maintenant nous allons sortir du cadre de la science et de l'interprétation des faits pour nous tourner vers la philosophie qui pourrait, elle, être capable d'unifier les cinq mystères. La conception philosophique qui pourrait permettre cette unification a été analysée dans l'article 15) (Une voie rationnelle vers le monde de l'esprit?), il s'agit du platonisme.

La première forme de platonisme fut défendue par Platon dans le cadre de la célèbre théorie des idées. Le platonisme est souvent opposée au réalisme en classant Platon dans le camp des idéalistes, ce que conteste Alain_(philosophe): "Platon n'est idéaliste comme on le dit. Le monde de Platon n'est nullement un songe, au contraire il est dur comme le diamant, et est toujours le même. C'est notre vie qui est un songe." Pour Bernard d'Espagnat, le platonisme est un réalisme des essences. (voir l'article 6 paragraphe 4: il ne reste a priori que le réalisme non physiqueOr celui-ci repose sur une ontologie de type platonicien comme le dit Bernard d'Espagnat"Les Idées de Platon ne sont pas dans l'espace-temps mais elles existent indépendamment de l'esprit humain et sont les causes des phénomènes.") Le fameux "mythe de la caverne(dans "La République"), dit que nous n'avons accès qu'à des ombres d'objets ou de personnes se projetant sur le mur d'une caverne, alors que les objets ou personnes en question sont, eux, situés à l'extérieur de la caverne. Il y a donc bien une réalité dans la philosophie de Platon, mais nous n'y avons pas un accès direct, car elle ne se situe pas au même niveau que nous. Le monde que nous observons n'a pas d'existence indépendante, Il n'est qu'une projection de ce qui existe vraiment et réellement.

Nous avons vu que le réalisme philosophique des physiciens est souvent un peu platonicien puisque la réalité physique ne peut plus avoir des fondements conçus comme immergés dans le temps et l'espace. Dans l'article 15) nous avons vu les mathématiciens Andrew Wiles, Alain ConnesRoger Penrose ou Kurt Gödel exprimer leur conviction d'être en contact avec un monde platonicien des idées mathématiques. Gödel a de plus montré que même au coeur des mathématiques, la vérité est une notion plus vaste que celle de "démonstratibilité". Par ailleurs, dans le domaine de l'évolution, nous avons noté au chapitre 1) que pour Christian de Duve ou Conway-Morris, l'évolution est orientée, canalisée par ... des formes platoniciennes répondent Michael Denton et D'arcy Thompson. Pour eux, un animal par exemple n'est qu'une des projections diverses et variées de l'archétype de l'espèce à laquelle il appartient. C'est l'existence de ces archétypes qui fait passer l'évolution d'un état stable à un autre état. Pour ce qui concerne la cosmologie, ce que nous savons est assez platonicien: notre Univers n'existe par lui-même et provient de quelque chose d'autre, le temps et l'espace ne sont pas absolus et ont eu un commencement. Pour terminer, l'idée selon laquelle l'esprit ne serait nullement une création du cerveau, c'est à dire le dualisme, concept dont nous avons vu dans l'article 14-2 qu'il est l'un des plus probables, mais aussi l'un des plus scandaleux pour la science classique,  cette idée est naturelle et évidente dans la cadre platonicien, comme Platon l'a développé avec "le mythe d'er."


Ce principe unificateur permet de regrouper l'ensemble des problèmes que nous avons abordés, il remplace les cinq mystères par un  seul mais sans le résoudre. En effet, qu'est-ce que cette réalité platonicienne? Cependant nous progressons, car nous sommes maintenant dans la même situation que les hommes de la caverne s'ils avaient compris qu'ils voyaient des ombres d'objets et non une réalité indépendante, réalité en soi, ce qui aurait constitué pour eux un progrès remarquable. Dans la démarche que nous avons suivie avec Jean Staune, démarche guidée par la rationalité et la connaissance empirique, un "platonisme scientifique" semble un bon choix pour remplacer un "matérialisme scientifique" que la science a discrédité. Nous allons maintenant examiner ce que cela peut nous apporter pour répondre à la question qui est au centre de mes articles, celle du sens de l'existence.


liens: philolog.fr -explication de-l'allégorie de la caverne    sophrologie-aberset.ch -la caverne de platon

blogg.org/blog -monde platonicien des idées mathématiques

www.cnrtl.fr -définition de l'archétype
blogs.mediapart.fr -Une grosse erreur de Darwin
asmp.fr -La réalité en soi? Physique et Réalité, une introduction à la question Bernard d'Espagnat
evangile-et-liberte.net -Physique et réalité, entretien avec Bernard d'Espagnat
futura-sciences.com -réalité La causalité classique remise en question par la physique quantique
Penseurs: Teilhard de Chardin    Brian Green   Bernard d'Espagnat    Banesh Hoffmann      Einstein

Christian de Duve   Conway-Morris Michel Denton

 Guillaume LecointreYvon Quiniou   Marceau Felden  Luc Ferry   André Comte Sponville   Michel Onfray   Alain_(philosophe)  Platon


3) Et Dieu dans tout ça! 


 


 

 

L'existence d'un autre niveau de réalité dont le notre ne serait que la projection (le platonisme), n'implique nullement l'existence de Dieu. On peut décrire au moins sept étapes entre les considérations décrites dans l'article 16-1) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens" partie 1 et l'existence d'un Dieu personnel capable de répondre à nos prières. Chacune d'entre elles nécessite de faire une hypothèse supplémentaire. Cette démarche permet de préciser sa propre position et chacun doit voir ainsi s'il peut aller jusqu'au bout ou sinon à quel moment il refuse de faire un pas supplémentaire. Voici les hypothèses:

1) "la réalité indépendante, ce qui existe vraiment, n'est pas localisée dans le temps ni dans l'espace." Rejeter cette hypothèse, comme certains matérialistes purs et durs le font, serait une position "métaphysique" peu compatible avec le progrès de nos connaissances.

2) "L'esprit humain a un lien étroit avec cette réalité indépendante." Nous sommes toujours dans le platonisme (On ne peut considérer ce point comme démontré).

3) "La réalité indépendante a-t-elle des caractéristiques qui la rapprochent d'un objet ou d'un esprit?" Les néo-matérialistes ou "matérialistes ouverts", qui acceptent les résultats des sciences (physique quantique) ou le théorème de Gödel s'arrêteront ici. Les spiritualistes, eux, feront un pas de plus: ils appelleront "être " cette réalité ne soi.

4) "Cet être ne se cantonne pas à la réalité indépendante, il cherche à se manifester dans notre monde, celui des phénomènes. L'existence d'êtres conscients d'eux-mêmes est l'une ces manifestations." Cette position implique une finalité dans l'évolution de la vie et l'existence d'une vie après la mort puisque notre vraie nature serait de proche de celle de cet être. Pour franchir cette étape, il faut être spiritualiste et croire que quelque chose dans l'être humain survive après la mort (donc que notre essence ne se réduit pas à des phénomènes physiques).

5) "Cet être est une personne avec une volonté, des aspirations, un projet. Tous ceux qui pensent que l'être est une énergie universelle, voire un principe créateur mais dépersonnalisé, prendront une autre voie qui pourra les amener à penser l'existence d'un tel être sans le définir, comme le fait le taoïsme ou le bouddhisme (il est indéterminé dans sa perfection, non-devenu, non créé, non manifesté). A l'inverse, ceux qui croient en l'existence d'un Dieu personnel accepteront cette hypothèse." 

6) "Ce Dieu cherche à entrer en contact avec nous, il l'a fait par l'intermédiaire des grandes religions du monde. Même si on se situe dans un cadre monothéiste, il existe différentes hypothèses: -L'hypothèse horrible: Dieu nous élève comme nous élevons le bétail.

-L'hypothèse de l'indifférence: Dieu n'a pas plus d'intérêt pour nous que nous n'en n'avons pour les objets que nous fabriquons.

L'hypothèse de l'attente: Dieu n'a pas encore essayé de communiquer avec nous, il attend que nous ayons atteint un niveau supérieur d'évolution.

-L'hypothèse classique: Dieu existe et communique discrètement avec nous par l'intermédiaire des grandes religions ce que refuseront les voltairiens autres déistes).

7) "Dieu est bon et il peut répondre à nos prières et agir dans le monde." Pour les grandes religions monothéistes, Dieu est bon, bien que les textes sacrés montrent que c'est loin d'être évident (Dieu encourage Josué à exterminer toute le population de la ville d'(-Jos 8 1-25après que Josué a fait la même chose avec les habitants de Jéricho ). Cette position affirme aussi que Dieu est tout-puissant, bien que certaines conceptions comme la théologie du processus avec Alfred North Whitehead affirment que Dieu ne connait pas le but de l'évolution humaine, ou encore l'approche de Hans Jonas selon laquelle un Dieu tout-puissant serait contradictoire avec l'existence d'une véritable liberté pour l'homme.


Ces sept étapes constituent les sept degrés de cette échelle de Jacob pour laquelle il faut faire à chaque fois une hypothèse supplémentaire, ce qui rend les degrés les degrés les plus élevés moins probables que les premiers, mais moins probable ne signifie pas improbable. Pour approfondir cette question, examinons les "conditions de possibilité de ces sept étapes en commençant par la dernière.

Cette étape 7 nécessite un acte de foi. Mais cette position devient maintenant moins absurde qu'auparavant. Si Dieu a choisi le hasard pour voyager dans le monde, il est logiquement concevable qu'il puisse y agir s'il existe des phénomènes n'ayant aucune cause (non-localité par exemple) comme l'a écrit Sir Arthur Eddington "s'il n'y a pas de causalité, il n'y a plus de distinction claire entre le Naturel et le Surnaturel" et "Ainsi un scientifique pouvait de nouveau croire en Dieu après le développement de la mécanique quantique."

Quand au point 6 (le monothéisme révélé), il pouvait sembler fort peu probable quand triomphait la modernité au début du 20è siècle. En effet, il existe deux hypothèses quant à l'origine des religions: a) Toutes les religions sont d'origine humaine. b) Les religions ont été élaborées par des hommes, mais elles ne sont pas totalement d'origine humaine. Quelque chose dans les messages et et les concepts qu'elles véhiculent provient de Dieu et a été transmis aux fondateurs de ces religions. De l'hypothèse b dépend la crédibilité des traditions monothéistes. Mais cette hypothèse semble absurde dans un monde fermé sur lui-même tel que l'a conçu le modernisme, un monde où tout pourrait s'expliquer par le matérialisme scientifique. Ainsi André Comte Sponville écrit: "Je ne détiens aucune vérité inconnue, ni moi, ni personne. Le problème n'est pas de découvrir une autre vérité qui manquerait, qui ferait défaut, mais de comprendre qu'il n'y a rien d'autre à trouver que la vérité, rien d'autre à chercher, donc, et qu'on est déjà dedans, et qu'on en connaît plus qu'assez pour vivre... Le Bouddha ou le Christ en savaient beaucoup moins, mais cela ne nous ne donne sur eux aucune supériorité spirituelle." Mais comment Sponville peut-il affirmer que sur six milliards de personnes qui vivent sur notre planète aucune ne détient une gnose ou une vérité cachée et que le Bouddah ou le Christ savaient moins de choses que nous? S'ils ignoraient (sans doute) la valeur de la masse du proton ou de l'électron, peut-être en savaient-t-ils bien plus que nous sur la nature du réel grâce à un contact avec uns source de connaissances située hors de notre monde, exactement comme les grands mathématiciens prétendent être en contact avec le monde des vérités mathématiques. 

La réflexion de Comte Sponville (et des philosophes matérialistes actuels) se situe dans un cadre dans lequel la deuxième hypothèse (hypothèse b) n'est même pas envisagée. Elle est rejetée d'emblée comme impensable. Si nous étions dans monde fermé sur lui-même où tout pourrait s'expliquer par le matérialisme scientifique, une telle position serait acceptable. Mais l'évolution actuelle des connaissances montre que celles-c pointent fortement en direction d'une conception platonicienne, selon laquelle notre existence dépend, au moins en partie d'un autre niveau de réalité, où il existe des indices forts d'un contact possible entre l'esprit humain et cet autre niveau au sein du domains le plus rationnel qui soit (les mathématiques). Cette position de Compte Sponville et des matérialistes, qui fait d'office des religions une invention humaine et qui est partagée par tant de penseurs actuels est dogmatique et non rationnelle. 
Et Dieu dans tout ça? Nous pouvons maintenant concevoir une hypothèse expliquant ce qui est à la base de la plupart des grandes religions. Le (ou les) fondateurs a (ont) eu un contact avec le monde platonicien duquel est issu notre Univers et nos consciences, d'où la possibilité d'un tel contact. Dans cette vision, les religions sont comme des clés donnant sur une immense pièce. Cela n'implique pas que toutes les religions se vaillent, on peut penser que son trou de serrure en dévoile plus sur l'intérieur de la pièce que les autres. Mais on doit accepter que les autre religions détiennent des vérités que ne possède pas la sienne. On évite ainsi le fondamentalisme fondé sur la certitude de détenir toute la vérité. Ce modèle, tout en redonnant de la crédibilité aux grandes religions, permet de fournir des bases au dialogue inter religieux. Remarque: on peut utiliser les théorèmes de Gödel pour délégitimiser le fondamentalisme en axiomatisant les principes de base de toute théologie. Si on peut numériser ces axiomes (comme l'a fait Gôdel pour les mathématiques), les systèmes en question ne pourraient être à la fois complets et cohérents. 

Le point 5 (Cet être est une personne avec une volonté, des aspirations, un projet) nécessite lui aussi un acte de foi, car rien n'implique que l'Être soit une personne. Mais il est logique de penser que la réalité ultime, si elle est un Être et non une chose soit plus que nous, et non pas moins. 

Les points 5, 6,7 sont devenus possibles avec les nouvelles évolutions de nos connaissances mais pour le moment rien ne vient les suggérer directement. A partir du point 4, on arrive dans le domaine où les pistes de mise en évidence sont plus visibles. Le principe anthropique, la possibilité que l'évolution soit orientée, la crédibilité retrouvée du dualisme, suggèrent (mais sans encore le prouver) que l'hypothèse qui est faite ici soit crédible. 


Faisons maintenant une pause pour examiner les conséquences de cette évolution avec les éléments de rapprochement entre science et religion puis nous reviendrons au point 3 (La réalité indépendante a-t-elle des caractéristiques qui la rapprochent d'un objet ou d'un esprit?). Nous achèverons ainsi la conclusion de "ma lecture" du livre de Jean Staune par l'article "notre existence a-t-elle un sens 16-3) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens": quelle réponse à la question la plus importante qui soit?"

Nous verrons qu'on peut alors proposer une réouverture des chemins du sens et le réenchantement par l'observation de l'Univers et de l'homme.


(Pour la question la plus importante qui soit: voir l'article 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine?" chapitre 2: La question fondamentale- la condition humaine).


liens: philosophiespiritualiste.com

pseudo-sciences.org -Physique et matérialisme par Jean Bricmont (un matérialisme ouvert)

wikipedia.org -l'être

energie-universelle -Artisan de Lumière avatar lumière

christroi.over-blog.com -l'Univers une création de Dieu selon l'astrophysicien Trinh_Xuan_Thuan

larevuereformee.net -Quel est ce Dieu tout-puissant qui est impuissant ?

mots clé: énergie universelle      principe créateur      taoïsme      bouddhisme   être      Dieu personnel          Jésus-Christ   Bouddha  gnose

penseurs: voltaire  Alfred North Whitehead   Hans Jonas  Sir Arthur Eddington   André Comte Sponville

 

oksanaetgil.wordpress.com Piero di Cosimo ou le réanchantement du monde

22:53 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : matérialisme, platonisme, religion, dieu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/09/2013

16-1) Notre existence a t-elle un sens? 16-1) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens"

 

Notre existence a t-elle un sens? 16-1) Conclusion du livre "notre existence a-t-elle un sens"

Une nouvelle approche de la science

 

 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

 

Exergue: "Par opposition au scientisme dominant de la fin du XIXè siècle, on voit aujourd'hui de nombreux scientifiques, forts de ces nouvelles hypothèses ou de ces nouvelles théories, orienter le science vers un autre ordre de réalité, considéré désormais non plus comme concurrent, mais comme complémentaire de son domaine." Jean-Marie Pelt

wikipedia.org -Esprit quantique L'esprit quantique est une hypothèse qui suggère que des phénomènes quantiques, tels l'intrication et la superposition d'états, sont impliqués dans le fonctionnements du cerveau et en particulier, dans l'émergence de la conscience. Cette hypothèse part du principe, controversé, que la physique classique et son déterminisme ne peut totalement expliquer la conscience. Ses fondements théoriques ont été posés dans les années 1960 en sciences mais depuis ses partisans ne sont pas encore parvenus à la démontrer. Cette théorie n'en est qu'à ses débuts, elle a pourtant le soutien de Roger Penrose et de Stuart Hameroff. Karl H. Pribram et Henry Stapp ont, de leurs côtés, proposé une variante.

 (hypothèse soutenue par Roger PenroseStuart Hameroff. Karl H. Pribram et Henry Stapp). 

 

Nous sommes parvenus au terme de l'ouvrage de jean staune"Notre existence a-t-elle un sens?". Ma lecture de l'ouvrage nous a fait traverser les sciences de la matière, de l'Univers, de la vie, de la conscience et même la logique et les mathématiques. Ce voyage a été fait avec un minimum de préjugés philosophiques et religieux en partant des faits qui semblent importants pour la question "l'Univers et notre existence ont-ils un sens et s'inscrivent-ils dans un projet quelconque?". Que pouvons-nous conclure après avoir vu de très nombreuses interprétations de ces faits et analysé les principales positions en dégageant celles qui semblent les plus crédibles? 


1) L'émergence d'un nouveau paradigme. (voir l'article 4) Vers de nouvelles lumières)


1- le nouveau paradigme aspect quantique

 

 

 

2- Une vision "spiritualiste"d'un nouveau paradigme: l'Univers total

 

 

Le XXè siècle a vécu en science un événement rare: un changement de paradigme.  Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Au xxe siècle, le mot paradigme était employé comme terme épistémologique pour désigner un modèle de pensée dans des disciplines scientifiqueCe qui s'est passé est inégalé depuis 500 ans, depuis le passage du monde magique du Moyen-Âge à celui de la modernité, via la Renaissance et a eu une influence sur tous les domaines de la connaissance:

 

-En astrophysique, les notions de temps et d'espace absolu et éternel et infini de Newton ont été remplacés par la relativité du temps et de l'espace d'Einstein qui abouti à la théorie du big bang et des Univers inflationnaires, le big bang ayant engendré le principe anthropique.

- En physique, le déterminisme de Laplace, qui prétendait que l'on pouvait, en théorie, connaître tout le futur de l'Univers à partir des forces de la nature et de la position des objets qui la composent a été remplacé par le principe d'incertitude d'Heisenberg qui dit qu'il qu'il est impossible de connaître à la fois la position et la vitesse d'une particule. Dans les nouveaux concepts, il est question d'incomplétude, d'imprédictibilité, d'incertitude, d'indécidabilité...

-En mathématiques, le programme de Hilbert qui devait être une "solution finale" au problème de fondements de la logique, a été remplacé par les théorèmes d'incomplétude de la logique de Kurt Gödel, ce qui implique que, au coeur même des mathématiques, des vérités peuvent être perçues avec certitude sans être démontrables (voir l'article 15).

-En chimie, les idées classiques de l'équilibre de Marcellin Berthelot ont été remplacées par la thermodynamique du non-équilibre de Ilya Prigogine et par les notions de "bifurcation", d'effet papillon qui débouchent sur l'imprédictibilité de certains phénomènes non plus quantiques, mais macroscopiques.

-En neurologie, "l'homme neuronal" de Jean Pierre Changeux a été "mis à mal" par les expériences de Libet sur l'antédatage de la perception et sur l'existence d'un libre arbitre exerçant un "droit de veto" sur les processus commencés inconsciemment par le cerveau (voir l'article 14-2). 

-Les conceptions darwiniennes selon lesquelles l'évolution serait un phénomène purement contingent, puisque fondées uniquement sur des mutations aléatoires triées par la sélection naturelle, sont remises en cause par des approches de l'évolution comme celles de Simon Conway-Morrismichael Denton ou Christian de Duve (voir articles 12-1 et 12-2). Pour ces derniers, le le hasard est "canalisé" par une structuration des lois physiques et biologiques dont la découverte n'est pas encore achevée. Ces approches donnent une crédibilité nouvelle à la conception platonicienne selon laquelle les grandes familles d'être vivants sont inscrites dans les lois de la nature comme la structure des cristaux de neige ou la structure des protéines."

Le tableau suivant montre l'évolution des paradigmes:

Paradigme classique                          paradigme nouveau

Newton                                                    Einstein

Laplace                                                   Heinsenberg

Hilbert                                                     Gödel

Berthelot                                                 Prigogine

Changeux                                               LibetSperry 

Darwin                                            DentonConway Morris


cmchr.net -Une approche pour le 21ème siècle

Petite anecdote pour prendre la mesure du caractère exceptionnel de ce changement de paradigme: James Lighthill, le président de l'Union internationale de mécanique pure et appliquée, s'est excusé au nom de ses collègues du fait que son association ait propagé pendant trois siècles l'idée fausse que les systèmes newtoniens étaient déterministes. Qui se souvient de la plus dramatique épidémie de peste de tous les temps au XIVè siècle, qui tua en quelques années un quart de la population européenne et dont les contemporains devaient imaginer qu'elle marquerait à jamais l'histoire de l'humanité? En revanche, tout le monde ou presque connaît les noms de Copernic et de Galilée, ce qui montre que les vraies révolutions sont les changements de vision du monde et non pas des événements contingents, si terrifiants soient-ils. C'est pourquoi, Ortoli et Pharabod. (les auteurs du livre "le cantique des quantiques" ), en évoquant la révolution quantique, qui n'est qu'une partie -certes la plus solide- de la nouvelle vision du monde, ont-ils osé écrire: "Les révolutions républicaines, marxiste, islamistes et autres risquent d'apparaître un jour insignifiantes face à la révolution quantique. Notre organisation socio-politique et nos modes de pensée ont été ou vont être bouleversés davantage peut-être que par tout autre événement." Ainsi des physiciens ont pu dire que dans 1000 ans, la démonstration de l'existence de la non-localité au XXè siècle sera un événement plus important dans la mémoire de l'humanité que les deux guerres mondiales.


Mais, quelle solidité peut-on accorder à la synthèse faite par Jean Staune, que je viens de présenter en début de ce chapitre? Staune le dit lui-même: N'est-elle pas une illusion? Dans son ouvrage "notre existence a-t-elle un sens?" , qui les cite, les faits sur laquelle cette synthèse se fonde ont été publiés dans des revues qui font autorité et les interprétations citées ont été développées par des scientifiques de renom qui s'exprimant dans leur domaine et non par des physiciens parlant de la conscience ou des astrophysiciens parlant de la biologie par exemple. Cela donne à la démarche un poids que n'aurait pas la même critique des conceptions de la science classique à partir de disciplines comme l'astrologie, de la parapsychologie, de la médecine "énergétique", des visions des chamanes, disciplines qui sont rarement reconnues comme scientifiques. Il en est de même de toute une série de faits stupéfiants mais totalement invérifiables. Un bon exemple de telles démarches non rationnelles se trouve dans l'ouvrage de Louis Pauwels et Jacques Bergier, "Le matin des magiciens". Bien entendu, les interprétations des scientifiques peuvent être erronées et vu le grand nombre d'idées, de théories et concepts, certains se révéleront faux? Mais il est probable qu'il soit impossible que l'ensemble des faits et théories sur lesquels repose la synthèse se révèle être une illusion. Examinons leur degré de solidité:

     -Les plus solides sont sans doute la physique quantique, la relativité générale, le théorème de Gödel et la théorie du chaos. Les résultats de la physique quantique n'ont jamais été démentis et ceci avec un degré de précision époustouflant: la théorie quantique des champs (TQC) est vérifiée avec une précision de l’ordre de 10-11 et à ce jour la relativité générale a été vérifiée à 10-14 (on pense qu'avec le satellite ‘STEP’ on pourra aller jusqu'à  10-18).Par ailleurs, on sait maintenant qu'on ne pourra jamais connaître la position et la vitesse d'une particule en même temps ni même prédire avec exactitude le temps qu'il fera dans un mois.  

     -Il paraît impossible que soit remise en cause le fait que l'Univers était très petit et très dense il y a entre 13 et 15 milliards d'années (la théorie du big bang). Mais dans ce domaine les choses évoluent très vite, et avec l'existence de la matière noire, de l'énergie noire, voire des Univers parallèles, des bouleversements importants peuvent se produire avec des implications philosophiques imprévues. 

     -Dans le domaine des neurosciences, les expériences permettant de déconstruire la vision d'un "homme neuronal", faites de rare fois à cause de leur difficulté technique et pour des raisons idéologiques, demanderont sans doute des années pour être répétées de nombreuses fois. 

     -L'idée d'une évolution orientée ou canalisée vers un but est sans doute le concept le moins établi de cette synthèse. Il y a beaucoup d'arguments en faveur d'une nouvelle théorie de l'évolution, mais on ne peut être certain de l'inexactitude des conceptions darwiniennes. On peut être assuré que les conceptions de Newton, Laplace, Hilbert, et sans doute celles de Changeux ou Crick ne sont plus des descriptions scientifiques adéquates, il n'y a pas d'expérience décisive qui permette de rejeter les conceptions darwiniennes

 

Dans la démarche interdisciplinaire faite ici depuis le début de mes articles de "notre existence a-t-elle un sens?", les thèses avancées se renforcent les unes les autres et c'est quelque chose qu'on ne peut comprendre que lorsqu'on a pris connaissance de toute la démarche. Cela illustre le credo non réductionniste que la démarche cherche à démontrer: "Le tout est plus que la somme des parties." Ainsi, on peut être sûr que que la biologie connaîtra une grande révolution conceptuelle alors que la grande majorité des biologistes ne l'envisagent même pas. Pourquoi? parce que, comment le disent Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod, la plupart des biologistes ont une vision "assez primitive" de la réalité, vision déjà réfutée dans un domaine sur lequel, en dernière analyse, repose la biologie (Voir aussi l'article 6 partie 2 au chapitre 5: "quant à la déliquescence de ce qu'on appelle [...] "rationalisme", elle ne gêne guère l'homme de la rue mais perturbe profondément bien des penseurs traditionnels. Mais un autre bouleversement devrait être considéré comme positif: c'est l'abolition du carcan matérialiste et l'émergence de nouvelles possibilités philosophiques. En effet, la science du XVIIIè siècle avait abouti au triomphe du matérialisme mécanique qui expliquait tout par l'agencement de morceaux de matière minuscules et invisibles, agencement réglé par diverses forces d'interaction qu'ils exerçaient entre eux. Cette vision assez primitive à laquelle se tiennent encore la plupart des biologistes avait pour conséquence l'inutilité des religions et des philosophies qui font appel à l'existence d'entités non matérielles. Le fait que ces morceaux de matière se soient révélés n'être en réalité que des abstractions mathématiques non locales, c'est à dire pouvant s'étendre sur tout l'espace et de plus n'obéissant pas au déterminisme, a porté un coup fatal à ce matérialisme classique." De plus, L'histoire des sciences a montré qu'il existe un décalage de plus d'un siècle entre les progrès réalisés dans le domaine des sciences de la vie et ceux de l'univers comme nous l'avons vu dans l'article 4) au chapitre 4 f)On peut donc en conclure que, comme Newton, Darwin aura son Einstein. Comment? et cela donnera-t-il du crédit à l'évolution orientée? Nul ne le sait pour le moment.

En conclusion, la synthèse présentée précédemment est solide, il est certes improbable qu'elle soit entièrement exacte, mais il est encore plus improbable que l'image globale qui s'en dégage soit remise en cause. Nous sommes bien en train de un changement essentiel de vision du monde dont nous allons maintenant voir deux grandes caractéristiques (parmi beaucoup d'autres). 


liens: math.polytechnique.fr -Indéterminisme quantique et imprédictibilité classique

sergecar.perso.neuf.fr -Physique, matière, conscience -philosophie et spiritualité

wikipedia.org -Esprit quantique

yellobook.cm -Le matin des magiciens

wikipedia.org -Théorie quantique des champs

cosmosaf.iap -Dépasser la Relativité Générale et la Théorie Quantique des Champs

wikipedia.org/wiki/ -Pensée complexe (le tout est plus que la somme des parties)

Interdiscipliniraté de la démarche: staune.fr -Aux racines de l’univers - Ervin Laszlo

trinhxuanthuan.com -Le Chaos et l'Harmonie, la fabrication du Réel

penseurs: Ervin -László   Trinh Xuan tThuan

 

2) La voie de l'incomplétude: "je sais pourquoi je ne sais pas".

tarotpsychologique.wordpress.com -sérénité
















Comme nous l'avons vu, une grande partie du nouveau paradigme repose sur des notions comme l'incertitudel'incomplétudel'imprédictibilitél'indécidabilité... Est-ce à dire qu'il repose sur notre ignorance et non sur des connaissances et donc que les conclusions du chapitre précédent sont peu solides? Non, car en réalité, c'est le contraire! C'est un bouleversement épistémologique, car désormais nous savons parfaitement et avec une grande précision pourquoi nous ne saurons jamais en même temps la vitesse et la position d'une particule (principe d'incertitude), pourquoi nous jamais de système logique à la fois complet et cohérent (théorèmes de Gôdel), ou pourquoi nous ne prédirons jamais avec exactitude le temps qu'il va fera dans un mois (théorie du chaos). Il s'agit donc d'un progrès des connaissances et non d'une régression. C'est une victoire de la méthode scientifique et de la rationalité qu'il soit possible de montrer les limites de la science de l'intérieur de celle-ci et non pas depuis l'extérieur seulement.

Mais cela amène à renoncer au projet de la science "classiquenée au XVIIè siècle dont Jean Fourastier a pu dire: "La science du XIXè et du début du XXè siècle reste ainsi dominée non seulement par l'espoir, mais par la certitude d'expliquer le réel par le réel". En effet, le XXè siècle a démontré que non seulement la science ne pourra jamais "dévoiler" le réel dans sa totalité, mais (à cause de phénomènes comme la non-localité), que le réel n'est pas ontologiquement suffisant, qu'il ne peut donc s'expliquer entièrement par lui-même, puisque des phénomènes qui relèvent d'un autre niveau de réalité peuvent l'influencer causalement. (Ici on entend par "réel" le niveau de réalité dans lequel nous vivons, celui que l'on peut mesurer, voir, toucher, sentir, celui qui est situé dans le temps, l'espace, la matière, l'énergie)

Scientifique et philosophe, Jean-François Lambert juge essentiel le "paradigme de l'incomplétude" qui, dès les "années trente", annonce dans la plupart des disciplines l'avènement d'une nouvelle science ouverte à l'indicible. Il a ajouté aux faits que nous venons de mentionner l'incomplétude de Wittgenstein (voir uip.edu: chapitre Wittgenstein et l’indicible) et l'approche de l'inconscient de Jacques Lacan ("il y a deux statuts de l'Autre : celui qui existe, unitaire, et l'Autre barré, manquant d'existence et signalant l'incomplétude de la langue"). Pour Lambert, "il apparaît à l'évidence que tant dans l'étude du langage (Wittgenstein) ou celle de la logique (Gödel) que celle de la structure de la matière (Heisenberg) ou de l'inconscient (Lacan), débouchent sur le même constat d'incomplétude, le même horizon d'indécidabilité. La même impossibilité à limiter le vrai à la totalité de ce qui peut être dit, formellement démontré ou immédiatement mesuré. Tout ce qui précède conduit au même constat: ça échappe. Reconnaître que quelque chose est formalisable, c'est aussi reconnaître que quelque chose de cette chose échappe nécessairement, la formalisation serait impossible si elle n'impliquait pas que quelque chose échappe. Tout ensemble de traces (toute écriture, tout langage, tout système formel, toute mesure) suppose un "insu" qui, précisément, ne laisse pas de trace, mais se manifeste dans les blancs de l'écriture. Le socle même de l'écriture ne peut s'écrire comme le socle du langage ne peut se dire, comme le socle de la logique formelle ne peut se formaliser. Bien que ne pouvant ni s'écrire ni se dire, le fondement se montre dans l'acte de parole ou d'écriture."


Mots clé: incertitude  incomplétude    imprédictibilité   indécidabilité 

uip.edu -L’incomplétude, un nouveau paradigme Par Jean-François Lambert

wikipedia.org -Principe d'incertitude

just.loic.free.fr -théorie du chaos      wikipedia.org -Théorie du chaos

wikipedia.org -Théorèmes d'incomplétude de Gödel

Autres liens: philosciences.com -Les limites de la science classique

 unige.ch/~coquille -De la non-localité

uip.edu -L’incomplétude, un nouveau paradigme par jean françois lambert

di.ens.fr -interfaces de l'incomplétude (GIUSEPPE LONGO CNRS)

halshs.archives-ouvertes.fr -Logique et langage (études chez le premier wittgenstein)

canal-u.tv/video -Les formations de l'inconscient: le séminaire V de lacan (jacques alain miller)

causefreudienne.net -lacan- De l'Autre de la garantie à l'Autre qui n'existe pas (l'incomplétude de la langue)

causefreudienne.net -lacan- Du sujet de l'inconscient au parlêtre

penseurs: Wittgenstein  Jacques Lacan.

 

3) le dépassement du matérialisme méthodologique.


journal-integral.blogspot.fr -Post-matérialisme

Dans tout ce qui précède, nous avons rencontré au moins deux domaines (le principe anthropique et l'évolution) où apparaissent des questions relatives à l'existence d'une finalité dans l'Univers. De nombreux scientifiques repoussent toute allusion de type et y voient un crime de lèse-science. Mais réfléchissons d'abord à la question qu'est-ce que la scienceLe Robert en donne de multiples définitions de "connaissance exacte et approfondie" à la définition réductrice dont il est dit qu'elle ne date que du XIXè siècle: "ensemble de connaissances d'une valeur universelle, caractérisé par un objet, une méthode déterminée, fondé sur des relations objectives vérifiables". Il n'est pas précisé que  la science se limite à l'étude des phénomènes ayant des causes naturelles ou matérielles, même si le naturalisme méthodologique est absolument essentiel dans la pratique quotidienne de la science, il n'en constitue pas un pilier structurel (les fondateurs de la science moderne comme Newton ou Képler l'auraient peut-être définie comme "l'étude des lois que Dieu a utilisées pour créer le monde"). Comme l'explique le prix Nobel Christian de Duve, "la science est fondée sur le naturalisme (matérialisme méthodologique), notion selon laquelle toutes les manifestations ayant cours dans l'Univers sont explicables par l'intermédiaire de lois connues de la physique et de la chimie. Cette notion représente la pierre angulaire de l'entreprise scientifique. Et nous pouvons fermer nos laboratoires si nous n'y souscrivons pas! si nous partons de l'hypothèse selon laquelle ce que nous étudions n'est pas explicable, nous éliminons la recherche scientifique en elle-même. contrairement à l'opinion exprimée par certains scientifiques, cette nécessité logique n'implique pas que le naturalisme doive être accepté comme un a priori philosophique, une doctrine ou une croyance.Tel qu'employé en science, il s'agit d'un postulat, une hypothèse de travail souvent qualifiée de naturalisme méthodologique par les philosophes pour cette raison, postulat que nous devrions être prêts à abandonner si nous étions confrontés à des faits ou à des événements qui défient chaque tentative d'explication naturaliste."

L'article "message in the sky", écrit par deux astrophysiciens chinois vivant aux Etats-Unis (S. Hsu and A. Zee), et qui a été mentionné dans mon article 9-2) au chapitre 4), fournit une illustration des propos de Christian de Duve concernant l'éventualité de devoir renoncer au matérialisme méthodologique. En effet, il avait dit dans mon article: "si un tel message était détecté, comment réagiraient les "rationalistes?". Refuseraient-ils de l'analyser et de l'accepter en disant qu'on sort des limites de la science?"  


Mais le "matérialisme méthodologique", n'est n'est pas un fondement incontournable de la science. En effet, une des deux principales disciplines de la physique de notre temps, la physique quantique s'en passe totalement, comme le dit Bernard D'Espagnat: "Le "matérialisme méthodologique" [...] est-il véritablement un présupposé de la recherche indispensable au développement de quelque discipline que ce soit? Ici, je prétends qu'il n'en n'est rien. Il en est une, et non des moindres, qui a échappé à la règle, c'est la physique quantique. On peut certes ne pas partager vues de Niels Bohr. [...] Or, selon Bohr, un instrument de mesure doit être considéré comme obéissant à la physique classique, non du tout en vertu de ses propriétés physiques, mais seulement en raison du fait qu'il nous sert à nous, d'instrument. De plus, alors que le choix (humain) de cet instrument définit, entre conditions expérimentales, celles qui déterminent quels types de prédiction on pourra ultérieurement faire, ces dernières conditions sont selon Bohr, "un élément inhérent à la description de tout phénomène auquel le terme de réalité physique peut-être attaché".  Peut-on qualifier de matérialiste une telle conception selon laquelle en tant qu'objet de la science, "la réalité physique" est un phénomène auquel l'action et l'expérience humaines sont "inhérentes". Et il faut en dire autant des vues de Werner HeisenbergWolfgang Pauli  Max Born..., les principaux artisans de la physique de notre temps. 

Si les matérialistes acceptent que l'on conteste le matérialisme philosophique, il n'est pas question de contester le matérialisme méthodologique qu'ils érigent en principe absolu et le couplent à la science. L'abandonner serait revenir aux périodes de l'obscurantisme préscientifique. Pourtant, comme on vient de le voir, le matérialisme méthodologique n'est pas un fondement incontournable de la science et cette fusion avec la science ne tient ni sur le plan théorique, ni sur le plan factuel. Si on acceptait la possibilité de les séparer, toute une série de recherches nouvelles, porteuses de résultats potentiels d'une grande richesse, deviendraient possibles, alors qu'elles sont considérées comme taboues car elles contredisent le sacro-saint matérialisme méthodologique. C'est la cas des "expériences aux frontière de la mort" décrites par des milliers de témoins et dont certains aspects suggèrent des "sorties du corps" susceptibles de confirmer définitivement le dualisme. C'est pourquoi, un des grands expérimentateurs en neurosciences que nous avons vu dans l'article14-2) chapitre1Benjamin Libet, envisage sérieusement un protocole pour prouver la réalité de la sortie du corps rapportée par les témoins. C'est l'attitude d'un savant qui, à partir du moment où il a des indices intéressants, ne se laisse pas détourner de sa démarche par des a priori idéologiques. Mais si de telles expériences, pourtant cruciales pour la compréhension de la nature humaine, n'ont pas encore été réalisées de façon sérieuse, c'est bien à cause du frein que constitue cette "absolutisme" du matérialisme méthodologique. 


liens: astrosurf.com -objectif de la Science

unesco.org -science et développement perspectives pour le 21è siècle

pages.infinit.net -NAISSANCE DE LA SCIENCE MODERNE ( XVIe / XVIIIe)

jlml.fr/index.asp -Le matérialisme méthodologique est-il la seule approche scientifique légitime?

staune.fr -Matérialisme méthodologique
asmp.fr -Le matérialisme en question par Bernard d'Espagnat

mnhn.fr/glecointre -Comprendre le matérialisme par son histoire Guillaume Lecointre

uip.edu -Matérialisme et rationalisme Par Bernard d’Espagnat

sylvainreboul.free.fr -Matérialisme philosophique et rationalité pragmatique

staune.fr -Qu’est-ce-que l’obscurantisme ?

staune.fr -L'obscurantisme scientifique

staune.fr -Voyage au coeur de l’obscurantisme scientifique

lariposte.com -La théorie matérialiste de la connaissance_Plékhanov opposé à Lénine_ (matérialisme philosophique)

d-meeus.be -cours de philosophie marxiste: Le matérialisme et la connaissance

communisme-bolchevisme.net -Lénine: MATERIALISME ET EMPIRIOCRITICISME

rene.merle.charles.antonin.over-blog.com -Du matérialisme en philosophie (position de Quiniou)

journal-integral.blogspot.fr -Post-matérialisme - Le Nouvel Air du Temps

 

mots clé: évolution_(biologie)    principe anthropique    Connaissance

Penseurs: Bernard D'Espagnat    Christian de Duve

Newton       Képler     Werner Heisenberg     WolfgangPauli     Max Born 

 

4) Conclusion de l'article.

Ce nouveau paradigme (présenté au chapitre 1), qui a renversé les certitudes de la science classique, débouche sur une nouvelle approche de la science, à la fois "consciente de ses limites" et capable de traiter des questions jusqu'alors hors de son domaine. Cette approche paradoxale devient possible car la science commence à abandonner certains des a priori qui l'empêchaient de le faire auparavant.(voir le débat "pour une science sans à priori" publié par "le Monde" le 23 février 2006). Elle sait maintenant qu'elle ne pourra jamais tout expliquer ni connaître (elle ne peut connaître en même temps la vitesse et la position d'une particule). Elle s'ouvre peu à peu à d'autres dimensions en rejetant des tabous qui l'empêchaient d'étudier certaines questions comme celles relatives à la finalité, au sens de l'Univers, à l'existence d'entités non matérielles comme les esprits, entités qui ont un effet sur notre niveau de réalité. 

La diffusion de cette révolution conceptuelle vient juste de commencer. Mais il faut prendre conscience qu'à l'époque d'internet où la diffusion "horizontale" de l'information est quasi-instantanée (connaissance des événements), la diffusion "verticale", celle qui porte sur les fondement de notre vision du monde, prend encore presque un siècle. Les prochaines années verront une accélération et une nouvelle vision du monde?

Nous examinerons dans la deuxième partie de cet article ("notre existence a-t-elle un sens 16-2 _science et sens, raison et religion" ) ce que tout cela implique pour la "question la plus importante qui existe" (Pour la question la plus importante qui existe: voir l'article 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine?" chapitre 2: La question fondamentale- la condition humaine).


liens: wikipedia.org -La Grande Question sur la vie, l'univers et le reste

 

 

rene.merle.charles.antonin.over-blog.com -Du matérialisme en philosophie?

 

20:50 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paradigme, incomplétude, matérialisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook