19/10/2012

7-2) Notre existence a t-elle un sens? 7-partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...

 

 

Notre existence a t-elle un sens? 7-2) vous qui entrez ici perdez toute espérance...de revenir au monde classique partie 2


Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Notre existence a-t-elle un sens? 6) première partie) Vers un réalisme non physique...

Notre existence a -t-elle un sens? -6) Vers un réalisme non physique...deuxième partie

Notre existence a t-elle une sens? 7-1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...(partie 1)

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES




1) Résumé de la première partie.
Après avoir évoqué le désenchantement du monde, nous sommes partis du cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900, puis de la naissance de la physique quantique et de son interprétation orthodoxe. Nous avons été amenés à nous poser la question: et... si la science n'avait rien à dire sur la réalité? Nous avons alors examiné diverses interprétations et théories qui veulent aller plus loin que l'interprétation orthodoxe pour expliquer l'apparence de notre monde et donner une chance de survie au réalisme classique, depuis Le réalisme non physique jusqu'à la théorie des mondes parallèles. 
Pascual Jordan écrit: "La situation née des paradoxes de la physique quantique peut être considérée comme la fin des espérances nourries par les générations passées de physiciens: on peut dire qu'une renonciation à la représentation classique de la réalité a été introduite." Plus de 70 ans après ces propos, la situation est pire pour les tenants d'une vision classique du monde que ce qu'ils auraient pu imaginer. Des années 1930 aux années 1980, Les progrès ont été réduits dans le domaine fondamental de la physique malgré les extraordinaires progrès techniques. Mais depuis les expériences de non-localité d'Alain Aspect de 1982, les énergies et les imaginations se sont libérées. Des concepts nouveaux ont été développés et toute une série d'expériences dignes de la science-fiction a été réalisée.
Dans l'article 
 7-1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ..., nous avons traité les chapitres suivants:
     * La non-localité s'échappe des laboratoires

     * La non-localité dans la panoplie des agents secrets?
     * Le temps n'existe pas.
     * La téléportation... ça marche! canal-u.tv/video -LA PHYSIQUE QUANTIQUE et la boite à photons (SERGE HAROCHE) prix nobel de physique 2012.

     * Un virus peut-il être quantique?


Et maintenant...

2) Quand la lumière va plus vite que la lumière.

 

 

 

 

 

culture-sens.fr -La Persistance de la Mémoire

Cette formule aurait sans doute plu à Dali et lui aurait peut-être une oeuvre à mettre à ôté de ses "montres molles" qui s'écoulent avec le temps. On sait depuis Einstein que rien ne va plus vite que la lumière. (si on excepte le cas douteux de ces neutrinos). Raymond Chiao, professeur dans la prestigieuse université de Berkeley, a réussi cet exploit, démonstration de l'étrangeté radicale de du monde quantique. 


Mais avant cette expérience de Chiao, il faut évoquer l'effet tunnelDans le monde classique, si on lâche (sans impulsion) une bille dans un bol, son élan lui permettra de remonter à la même hauteur le long de l'autre paroi, mais jamais elle ne passera par dessus bord. Puis, elle s'immobilisera au fond du bol au bout de quelques allers et retours. Mais, dans la monde quantique, pour une particule qui n'est pas mesurée, il existe une incertitude permanente sur la position. La plupart des particules qui arrivent au sommet de l'autre côté de la paroi se comportent comme dans la cas classique et retombent au fond. Mais, à cause de l'incertitude, une fluctuation sur la position de la particule quand elle arrive au sommet, un pourcentage de particules (fonction des conditions expérimentales), montera plus haut que le sommet de la paroi, basculera de l'autre côté, et donc sortira du bol. En langage plus scientifique: L'effet tunnel désigne la propriété que possède un objet quantique de franchir une barrière de potentiel même si son énergie est inférieure à l'énergie minimale requise pour franchir cette barrière. C'est un effet purement quantique, qui ne peut pas s'expliquer par la mécanique classique. Pour une telle particule, la fonction d'onde, dont le carré du module représente la densité de probabilité de présence, ne s'annule pas au niveau de la barrière, mais s'atténue à l'intérieur de la barrière, pratiquement exponentiellement pour une barrière assez large. Si, à la sortie de la barrière de potentiel, la particule possède une probabilité de présence non nulle, elle peut traverser cette barrière. Cette probabilité dépend des états accessibles de part et d'autre de la barrière ainsi que de son extension spatiale.

Dans l'expérience montée par Raymond Chiao, des électrons ou des photons sont lancés contre un mur (miroir constitué de silice et de titane). La grande majorité rebondit sur le mur et repart en arrière. Mais comme il y a une incertitude sur la position de la particule quand elle aborde le mur, il est possible qu'elle soit en fait située de l'autre côté du mur. C'est comme si un tunnel s'était ouvert devant elle à travers le mur. En pratique c'est bien ce qui se passe puisque l'on récupère quelques particules dur l'écran de l'autre côté du mur! 

Description de l'expérience: Une paire de photons quitte en même temps une source de photons. "Le premier photon P1 parcourt un chemin "A" de l'émetteur au détecteur, et le deuxième photon P2 parcourt un chemin "B" qui va également de l'émetteur au récepteur. Le dispositif est calibré pour que la longueur des deux chemins soit égale. Le détecteur enregistre alors que les deux photons ont interféré ensemble, ce qui est la preuve de l'égalité des deux chemins. Ajoutons maintenant un mur d'épaisseur L en travers du chemin "B". On ne s'intéresse qu'aux couples (P1,P2) dans lesquels P2 a réussi la traversée du mur. Il est alors constaté que les deux photons n'interfèrent plus et que le photon P2 arrive avant le photon P1. Or P1 va à la vitesse de la lumière. Mais comment P2 peut-il aller plus vite que P1 alors qu'il a le handicap de traverser le mur? L'interprétation du phénomène est que le photon P2 n'a pas traversé le mur, mais qu'il l'a "effacé". En effet, si on augmente L, l'avance de P2 sur P1 augmente dans les mêmes proportions. 

Ce phénomène échappe complètement au sens commun et à la façon dont nous pouvons le représenter. Si on veut en donner une image, on pourrait dire que le photon disparaît quand il touche le mur et réapparaît immédiatement de l'autre côté. On peut ainsi parler des "propriétés magiques" de la mécanique quantique, même si les physiciens disent que cela est très rationnel puisqu'on peut parfaitement  décrire le phénomène avec les équations du formalisme quantique. Mais peut-on dire que le photon va plus vite que la lumière (comme dans le cas de la téléportation ou des expériences EPR)? Dans tous ces cas, on ne peut pas s'en servir pour transporter de l'énergie, donc la relativité d'Einstein n'est pas violée. 
liens: futura-sciences.com/fr -effet tunnel
larecherche.fr -Dépasser la vitesse de la lumière (vitesses de phase et de groupe)
fontaine-jouvence.over-blog.com -l'univers est un-tout
gate.free.fr -Photons indiscernables : qui se ressemble s’assemble

admiroutes.asso.fr -Expériences EPR, interaction d'échange et non localité


3) La métamorphose de l'électron: l'expérience du choix retardé.


2007/03/20/frhttp://strangepaths.com -gomme quantique


wikipedia.org -fentes de young, choix retardé

Dans un variante de L'expérience des fentes de Young, plutôt que de passer par les deux fentes, les électrons peuvent suivre deux chemins, allant d'une même source à un point de croisement, sauf que cette fois-ci, il n'y a qu'un électron dans le dispositif et non deux. Sur l'un des deux chemins, on place, non pas un mur, mais un détecteur capable d'enregistrer le passage de l'électron. Si on active le détecteur, on trouvera toujours l'électron l'électron sous sa forme corpusculaire (dans le détecteur). Mais s'il n'est pas activé, l'électron arrive sur l'écran et on peut observer une figure d'interférence (pour l'ensemble des électrons). C'est une preuve que chaque électron a voyagé par les deux chemins à la fois  en étant dans une forme de superposition quantique: "électron passant par le chemin A + électron passant par le chemin B).

Mais, il est possible d'activer ou de ne pas activer le détecteur alors que l'électron a déjà quitté la source et franchi le séparateur (il est alors à l'intérieur du dispositif). Comme on peut montrer que lorsque le détecteur n'est pas activé, l'électron (unique), emprunte les deux chemins à la fois, cela signifie que lorsqu'on active le détecteur sur le chemin B et que l'électron s'y matérialise, "quelque chose" était sur le chemin A et en a disparu instantanément lors de la détection (réduction du paquet d'ondes). Cela confirme bien le fait que l'électron est indivisible  (il  est "partout" lorsqu'il n'est pas observé). On assiste donc ici aux "métamorphoses de l'électron"!

C'est sur ce choix retardé qu'est basé la principe de la gomme quantique décrit dans la figure de ce chapitre 3: wikipedia.org -fentes de young, choix retardé

 
liens: wikipedia.org -Expérience de la gomme quantique à choix retardé

conspirovniscience.com -superposition quantique
strangepaths.com -l'expérience de la gomme quantique


4) Requiem pour la chat de Schrödinger.

 

 

 

 

Le chat est mort! Une équipe de l'Ecole normale supérieure, dirigée par Serge Haroche (le prix Nobel de physique 2012), a observé en direct la mort du chat. Le chat est ici un groupe de photons introduit dans une cavité qui réduisent au maximum l'interaction des particules avec leur environnement. Faisons passer dans ce "champ" de photons un atome en état double (comme l'électron de l'expérience précédente). Le champ de photons se met alors dans un état double, comme le "chat mort et vivant". Ici il s'agit de deux phases 1 et 2 du champ. Mais comment tester l'état d'un chat (ou du champ)? Réponse: en lui envoyant une souris pour voir comment il réagit. La "souris" qui va traverser le champ est ici un un second atome envoyé alors que le premier est déjà sorti du champ. On fait des mesures sur cet atome lorsqu'il sort de la cavité pour savoir si le champ est retourné à un état normal (phase 1 ou phase 2), ou s'il est dans un état superposé (s'il est à la fois en phase 1 et en phase 2). C'est ainsi que Serge Haroche a permis d'observer la décohérence elle-même, le passage du monde quantique au monde classique. La décohérence prend environ 40 microsecondes pour un champ constitué de 3 particules. Comme le dit Serge Haroche, "la décohérence protège farouchement le caractère classique du monde macroscopique." La vitesse de la décohérence augmente avec la taille du système: un chat, qui compte quelques 1027  "décohérence" en 10-23 seconde, ce qui explique pourquoi on n'a jamais vu de chats mort-vivants ! Et pourquoi la décohérence est difficile à observer.

La théorie de le décohérence est donc confirmée, mais cela ne signifie pas un retour à l'objectivité forte du monde macroscopique. Pour la théorie de la relativité, les effets relativistes  ne se manifestent que pour des vitesses proches de celle de la lumière. De la même façon, pour le monde classique dans lequel nous vivons, l'étrangeté des effets quantiques ne se manifestent avec évidence qu'à des échelles qui ne sont pas les nôtres. Le monde classique n'est qu'une approximation de ce qui existe vraiment, ce réel fondamental étant mieux décrit par la physique quantique. Mais cela ne veut pas dire que nous devons considérer notre monde classique comme ayant une réalité intrinsèque, de même que nous ne devons pas considérer que la physique newtonienne décrive correctement notre univers, même si cela paraît être le cas à notre échelle.


cqed.org -temps de décohérence?    utinam.cnrs.fr -Décohérence induite par l’environnement

cqed.org -(Cours 2002-2003) Décohérence et limite classique-quantique

larecherche.fr -Le chat de schrödinger se prête à l'expérience

 

5) Requiem pour les supporters du monde classique.

hwikipedia.org -Théisme -Les 72 noms de Dieu de Kircher


Peut-on être certains qu'on ne restaurera jamais l'objectivité forte et qu'on ne connaîtra jamais la position et le vitesse d'une particule, qu'on ne reviendra pas à des positions classiques grâce auxquelles le sens commun pourrait être à nouveau utilisé pour décrire ce qui existe? On peut affirmer que la science ne reviendra pas à des conceptions selon lesquelles l'Univers aurait été créé par Dieu il y a 6000 ans que la terre serait le centre du monde. De la même manière, toutes les expériences que que la physique quantique vient de nous décrire montrent qu'il est vain d'espérer un retour sous quelque forme que ce soit à un monde classique que le sens commun pourrait décrire si on cherche à comprendre le monde qui nous environne. 

Cela permet de donner une conclusion (provisoire?) à la question "qu'est-ce que le réel"? "Ce n'est nullement de savoir si la matière est dure, molle ou al dente, mais de savoir si elle peut avoir une existence objective (au sens fort), c'est à dire ontologiquement suffisante, avoir des caractéristiques dont l'existence ne dépend de rien d'autre qu'elle même .Que la réponse (a priori définitive...) soit négative et que la réalité échappe en partie à l'espace et au temps, et se situe hors du niveau dans lequel nous évoluons, porte un coup mortel à toute une série de conceptions classiques, parmi lesquelles le matérialisme classique (sauf à imaginer un "matérialisme platonicien" [...]"." Cependant il ne faut pas oublier que:

     -La chute du matérialisme n'entraîne pas celle de l'athéisme (rien dans dans la physique quantique ne soutient une conception déiste ou théiste).     -Si la matière n'a pas d'existence propre, cela n'implique pas que le monde soit une illusion, au contraire. 

     -Le monde n'est pas une création de notre esprit il y a bien une réalité extérieure qui nous résiste, même si elle n'est pas d'ordre physique. C'est ce que montre le fait que tous les physiciens peuvent être d'accord pour affirmer la validité d'une théorie et que celle-ci puisse être réfutée.  

staune.fr/Science-et-foi -Science et foi


6) Conclusion de cet article "qu'est-ce que le réel"?

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA VERITABLE NATURE DU REEL. Qu'est-ce que la... par GanymedeTV

 

Je reproduis in extenso le texte de jean staune qui conclue ce chapitre "qu'est-ce que le réel - vous qui entrez ici perdez toute espérance!".


-Le principe d'incertitude de Heisenberg nous enseigne qu'une incertitude fondamentale existe dans l'Univers au niveau des particules élémentaires. Le déterminisme n'est pas universel.

-L'expérience des fentes de Young nous montre que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels. 

-L'existence d'une dimension non locale ou holistique dans l'Univers a été démontrée expérimentalement. Toute future théorie relative à la réalité devra tenir compte du fait que, dans certaines situations, deux particules doivent être considérées comme un unique objet quelle que soit la distance qui les sépare. 

-Nos concepts traditionnels concernant le temps, l'espace, les objets, les trajectoires, la causalité ne s'appliquent plus au niveau microphysique.

- ,Le monde qui nous entoure, celui des phénomènes, ne peut être décrit sans tenir compte de la façon dont nous le mesurons. On dit qu'il a une "objectivité faible".

-La réalité véritable est, par définition à "objectivité forte": elle ne dépend pas de la façon dont nous l'observons. Si une telle réalité existe, elle ne peut être identifiée à la réalité phénoménale, celle où nous vivons. (noumène de Kant, opposé au phénomène?)

-Si l'on veut rester réaliste, il faut donc postuler un "réalisme non physique" dans lequel la réalité véritable ne correspond pas à ce l'on peut voir, mesurer, toucher. Elle est en grande partie voilée.

-A moins d'adopter des modèles cohérents en terme de formalisme mais ayant des conséquences absurdes (univers parallèles...), ou des modèles dont le formalisme pose des problèmes (potentiel quantique), il semble bien que cette réalité indépendante ne puisse être conçue comme immergée dans l'espace-temps. Et qu'il en est de même pour les particules élémentaires qui constituent le fondement de tout ce que nous pouvons observer. 

-Toutes les recherches actuelles semblent montrer que loin de revenir aux conceptions classiques, la physique se dirige vers des visions encore plus éloignées de nos concepts familiers.



nao-org.com -vers un monde holistique

 

staune.fr -A la recherche du réel - Entretien avec Bernard d’Espagnat

sciences-complexite.eu -Qu'est-ce que le réel ? Marc Halévy - Septembre 2007

cafe-philo-des-phares.info -Qu'est-ce que la réalité ? (avec la vidéo d'Edgar Morin)
nao-org.com -vers un monde holistique 

crea.polytechnique.fr -OBJECTIVITÉ FAIBLE ET PHILOSOPHIE TRANSCENDANTALE

 

20:57 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/10/2012

7-1) Notre existence a t-elle un sens? 7-1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...

 

Notre existence a t-elle un sens? 7-1) vous qui entrez ici perdez toute espérance

...de revenir au monde classique (partie 1)

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Notre existence a-t-elle un sens? 6) première partie) Vers un réalisme non physique...

Notre existence a -t-elle un sens? -6) Vers un réalisme non physique...deuxième partie

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

En exergue: "Théorie sauvage, subversive et dévastatrice, la physique quantique a jeté à bas l'édifice policé échafaudé au cours des siècles par la science traditionnelle. Elle nous fait entrer de plain-pied dans le monde de la science fiction. Les révolutions républicaines, marxistes, islamistes et autres risquent d'apparaître un jour insignifiantes face à la révolution quantique. Notre organisation sociopolitique  et nos modes pensée ont été ou vont être bouleversés, davantage peut-être que par tout autre évènement." Steven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod


1) Où en sommes nous? 

Après avoir évoqué le désenchantement du monde, nous sommes partis du cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900, puis de la naissance de la physique quantique et de son interprétation orthodoxe. Nous avons été amenés à nous poser la question: et... si la science n'avait rien à dire sur la réalité? Nous avons alors examiné diverses interprétations et théories qui veulent aller plus loin que l'interprétation orthodoxe pour expliquer l'apparence de notre monde et donner une chance de survie au réalisme classique, depuis Le réalisme non physique jusqu'à la théorie des mondes parallèles. 

Pascual Jordan écrit: "La situation née des paradoxes de la physique quantique peut être considérée comme la fin des espérances nourries par les générations passées de physiciens: on peut dire qu'une renonciation à la représentation classique de la réalité a été introduite." Plus de 70 ans après ces propos, la situation est pire pour les tenants d'une vision classique du monde que ce qu'ils auraient pu imaginer. Des années 1930 aux années 1980, Les progrès ont été réduits dans le domaine fondamental de la physique malgré les extraordinaires progrès techniques. Mais depuis les expériences de non-localité d'Alain Aspect de 1982, les énergies et les imaginations se sont libérées. Des concepts nouveaux ont été développés et toute une série d'expériences dignes de la science-fiction a été réalisée.

 

2) La non-localité s'échappe des laboratoires.Dans l'expérience initiale de 1982, les deux particules étaient séparées de 12 m lors de mesures qui étaient faites dans un intervalle de un milliardième de seconde. Cela impliquait que la mystérieuse influence aille au moins quarante fois plus vite que la lumière. Mais la mécanique quantique prédit que l'influence est instantanée quelle que soit la distance qui sépare les deux particules. En effet, on peut considérer qu'il s'agit d'un seul et même objet, même si les deux particules se trouvent dans deux galaxies différentes. Mais on ne peut mesurer un temps nul, par contre, rien n'empêche d'éloigner les deux détecteurs. Nicolas Gisin a réussi, en 1998, à l'université de Genève, l'expérience sur une distance de 10 km avec un résultat de mesures faites dans le même milliardième de seconde. Pour le grand public (et aussi des physiciens non spécialistes), la non-localité était devenue vraiment un phénomène macroscopique qui "sortait du laboratoire". L'influence à distance était dans cette expérience, non plus 40 fois, mais au moins 6 millions de fois supérieure pals rapide que la lumière.


3) La non-localité dans la panoplie des agents secrets?

 



 

 

unige.ch -la seconde révolution quantique

Abner Shimony a un jour écrit que le test du paradoxe EPR est une "expérience de métaphysique pure". Des physiciens théoriciens comme lui ou Bernard d'Espagnat affirmaient dans les années 1980 "qu'il n'y aurait aucune application pratique à la non-localité". Mais rappelons nous qu'en 1960, lors de son invention, le laser était considéré comme une "solution en quête de problème" puisque personne ne semblait pouvoir imaginer d'application à cette invention. Pour la non-localité, il semble maintenant que des applications pratiques pourraient voir le jour dans un avenir proche.

La plus immédiate concerne la cryptographie. On a beaucoup écrit sur la cryptographie: voir Simon Singh (Histoire des codes secrets: de l'Egypte des pharaons à l'ordinateur quantiqueou David Kahn (The Code Breakers: The Compréhensive History of Secret Communication from Ancient Times to the Internet). La question du chiffrement des messages secrets a joué un grand rôle dans l'histoire. Depuis toujours, l'homme cherche à mettre au point des méthodes de communication  qui puissent résister aux oreilles indiscrètes. La cryptographie est l'une des disciplines de la cryptologie s'attachant à protéger des messages (assurant confidentialité, authenticité et intégrité) en s'aidant souvent de secrets ou clésElle est utilisée depuis l'Antiquité, mais certaines de ses méthodes les plus importantes, comme la cryptographie asymétrique, datent de la fin du XXè siécleAlan Turing, l'un des fondateurs de l'informatique, décrypta le système Enigma par les allemands lors de la Deuxième Guerre Mondiale, ce qui fut l'un des tournants
de cette guerre. La mécanique quantique joue maintenant un rôle fondamental dans la bataille entre celui qui cherche à crypter et la camp adverse qui cherche à comprendre malgré tout la teneur des messages chiffrés. L'informaticien Peter Shor a démontré en 1994 qu'une application judicieuse de la mécanique quantique, "cousine" de la non-localité, permettrait en principe de casser les méthodes cryptographiques actuellement utilisées sur internet pour protéger des informations confidentielles telles que les N° de cartes de crédit. Mais, heureusement(?), nous ne disposons pas encore de la technologie qui serait nécessaire pour réaliser l'ordinateur quantique qui serait en mesure de réaliser en pratique "l'algorithme de Shor". Se pourrait-il que la mécanique quantique marque un jour la victoire définitive du camp des briseurs de code? En fait, c'est exactement l'inverse qui s'est produit. En effet, dix ans avant la découverte de Shor, le physicien américain Charles H. Bennet (IBM) et l'informaticien Gilles Brassard (université de Montréal) ont présenté une utilisation de la mécanique quantique qui permet d'établir une communication dont on peut démontrer qu'elle est inviolable (voir "cryptographie quantique" et "l'art du secret"). Contrairement à l'ordinateur quantique qui demeure encore aujourd'hui de l'ordre du rêve conceptuel, la cryptographie quantique elle, est réelle et disponible commercialement (Sociétés commerciales: hitech.bfh.ch/fr -id_quantique_sa    magictech.com.pk). Ce sont donc bien les faiseurs de code qui gagnent, et ce, pour l'éternité! 
La cryptographie quantique réalise un objectif dont le mathématicien Claude Shannon, père de la théorie de l'information avait démontré l'impossibilité: "permettre à deux individus de communiquer de façon strictement confidentielle même s'ils ne disposent pas au préalable d'un code secret aussi long que le message qu'ils désirent échanger." Shannon ne s'était pas trompé, il avait pris pour acquis que le moyen de communication devait obéir aux lois de la physique classique.

Charles H. Bennet et Gilles Brassard utilisaient en fait, dans leur principe mis au point originellement en 1984, non le principe de non-localité, mais le principe d'incertitude de Heisenberg. C'est le physicien anglais Artur Eckert qui a découvert en 1991 une façon de mettre en oeuvre la principe de non-localité à des fins cryptographiques. La cryptographie, tant classique que quantique, se base sur la notion de clé.

 

 

 

 

 

Qu'est-ce que la clé? Commençons par vouloir transmettre un seul bit d'information confidentielle (le message "oui" ou le message "non". Si les participants partagent en secret un bit aléatoire (0 ou 1), une façon de procéder consiste à envoyer le message tel quel si le bit est 0, mais à l'inverser si le bit est 1. Le receveur légitime, qui connait le bit utilisé par l'envoyeur, sera en mesure de déchiffrer le message correctement. Mais un espion qui ne prend connaissance que du "oui" ou du "non", ne saura pas s'il convient d'en inverser le sens. C'est ce bit secret qui est appelé la "clé".  On peut généraliser le processus à un message de longueur arbitraire si l'envoyeur et le receveur disposent au préalable d'une clé secrète aléatoire qui soit aussi longue que le message à transmettre. Ce que Claude Shannon a démontré, c'est qu'il n'y a pas de façon plus économique ... dans un monde classique! Mais on peut se demander de quelle façon une telle clé pourra être échangée sans être comprise par l'ennemi. Par la valise diplomatique? Mais comment s'assurer que le diplomate est incorruptible? De plus, un tel système n'est pas utilisable à l'ère d'internet, vu le très grand nombre de personnes ayant besoin d'échanger des données confidentielles.

C'est l'expérience EPR qui va fournir le moyen de transmette une telle clé. Supposons que je partage une suite de particules EPR avec un correspondant, et que je mesure les miennes, avec ce résultat +--+-+++--+-+--+----. Alors, je sais que mon correspondant, s'il mesure le résultat de son côté, obtiendra lui aussi: +--+-+++--+-+--+----. Alors, nous disposerons d'une clé commune qui peut être utilisée de façon classique pour envoyer un message confidentiel (tout comme si on était sur le téléphone rouge). En effet, ces 0 (- = 0) et ces 1 (+ = 1) sont totalement aléatoires, puisque fournies par la nature elle-même. Comme ils changent tout le temps, notre message est indéchiffrable. Mais d'où vienne ces particules? Je les produis chez moi et je transmets une particule de chaque paire à mon correspondant grâce à une fibre optique si j'utilise des photons pour transmettre l'information quantique. Mais le point faible pourrait être que l'ennemi se branche sur la ligne sur laquelle circulent ces particules quantiques afin d'en soutirer de l'information. C'est là que la loi de la nature nous protège et c'est la meilleure garantie: il est impossible de se brancher sur ma fibre sans détruire la non-séparabilité. Alors, plutôt que d'être gourmand et utiliser toutes les particules pour générer la  clé, il faut en sacrifier quelques unes pour vérifier qu'elle donnent lieu aux corrélations prévues dont Jonh Bell a démontré l'impossibilité dans un monde classique. Si elles ne sont pas maintenues, nous j'aurai la preuve d'une tentative de piratage. Dans le cas contraire, je saurai que je peux utiliser la clé obtenue en mesurant les particules qui n'ont pas été sacrifiées au test de Bell. Un espion pourra certes empêcher le piratage en continu, mais il ne pourra pas apprendre le contenu de mon message confidentiel car je n'essaierai pas de le transmettre tant que je n'aurai pas été certain de l'absence de piratage de ma clé secrète.


4) Le temps n'existe pas.


 

 

 

 

 

e

strange-univers.over-blog.com -le temps n'existe pas

Il s'agit d'une autre expérience de  Nicolas Gisin  dans le même laboratoire à l'université de Genève d'après une idée de Antoine Suarez. Il s'agit d'une expérience de non-localité avec des appareils en mouvement. Le choix de la valeur de la polarisation d'un photon ("+" ou "-"), se fait dans ce cas dans l'appareil de mesure, au moment de cette dernière (on vu que cette valeur ne préexiste pas). Mais pour établir le moment de l'arrivée du photon, il faut déterminer l'horloge avec laquelle on mesure le temps (Il est naturel d'utiliser l'horloge associée aux appareils où le choix se fait).Si les appareils sont en repos l'un par rapport à l'autre, il n'y a qu'une horloge et le choix d'un côté se fait quelques picosecondes avant le choix de l'autre côté (les fibres qui amènent les photons de la source aux appareils de mesure sont coupées avec une erreur de l'ordre du mm). On peut dire alors que l'évènement ayant eu lieu avant dans le temps est la cause de l'autre. On reste fixé sur un modèle de causalité dans le temps.

mais si en revanche, les appareils de mesure sont en mouvement relatif l'un par rapport à l'autre, alors le temps est mesuré par deux horloges différentes. En choisissant convenablement le mouvement des appareils et les distances, on peut créer une situation où chaque choix se fait avant l'autre, car le temps du choix est mesuré par l'horloge de l'appareil correspondant. Si les corrélations pouvaient être expliquées en termes d'avant et d'après pour un observateur qui accompagnerait l'appareil avec son mouvement, les corrélations devraient disparaître, car chaque choix ayant lieu en premier, ne devrait pas tenir compte de l'autre. Pour chaque appareil, l'autre mesure n'a pas encore eu lieu. Il ne peut être renseigné, même de façon instantanée sur un évènement qui n'existe  pas encore. Mais, même dans cette situation, la non-localité existe toujours. Jusqu'à maintenant, les expériences que nous avons citées prouvaient que l'interaction EPR se jouait de l'espace. Dans celle-ci, elle se joue également du temps. Ce n'est pas surprenant, puisque espace et temps sont liés.Mais ce qui est une surprise, c'est que cette expérience rend impossible toute interprétation en termes de causalité temporelle. Il est maintenant difficile de décrire cette expérience de la façon neutre que nous avons employée jusqu'ici, en parlant d'influence comme le faisait Bell. Quel est l'évènement cause? l'évènement effet? En suivant Jean Staune"il faut plutôt penser aux corrélations comme un effet dont la cause est un principe ou agent non matériel au-delà de l'espace-temps. Pour ce agent, les particules, bien que localisées à l'intérieur des détecteurs, forment un seul objet au-delà de l'espace. La "non-séparabilité" paraît l'emportes sur le "non-localité". Comme le dit Antoine Suarez, "dans le monde quantique, il y a des choses qui passent, mais le temps, lui, ne passe pas". 


lienswikipedia.org -Histoire des codes secrets. De l'Égypte des pharaons à l'ordinateur quantique
esarchivesdusavoirperdu.over-blog.com

wikipedia.org Machine de Turing

wikipedia.org -Algorithme_de_Shor

video.google.fr Intrication quantique : la distance n'existe pas, rien n'est séparé !

apprendre-en-ligne.net -Prototype de Bennett et Brassard construit en 1989 au laboratoire de IBM

unige.ch -la seconde révolution quantique

bibmath.net -La cryptographie quantique    wikipedia.org -Cryptographie_quantique

iml.univ-mrs.fr -Cryptographie quantique : des concepts aux applications

physique.quantique.free.fr -L'ordinateur et la cryptographie quantique

techno-science.net -Cryptographie quantique       cnrs.fr -Photons uniques et cryptographie quantique

physique.ens-cachan.fr -Cryptographie quantique Réalisations expérimentales (cadres images)

futura-sciences.com -l'ordinateur quantique     astrosurf.com -l'ordinateur quantique

rtflash.fr -L'ordinateur quantique va révolutionner l'informatique

techno-science.net -l'ordinateur quantique

wikipedia.org -Théorie de l'information     wikipedia.org -Mécanique quantique matricielle

strange-univers.over-blog.com Le temps n'existe pas     dialogus2.org -L'existence du temps

espritscience.blogspot.fr -l'espace des mesures (articles de suarez)

impmc.jussieu.fr -acoustique picoseconde

doublecause.net -La Double Causalité Une Théorie de la Synchronicité

unige.ch -les photons dans tous leurs états

 


5) La téléportation... ça marche!

 

 

techno-science.net -la boite à photons (serge haroche)

Lorsque je voyais les épisodes de la série Star Trek, je n'imaginais pas qu'un jour la téléportation soit réalisable.  Bien sûr on n'en n'est pas encore à téléporter des objets de taille macroscopique. Mais en 1993, lorsqu'un groupe de scientifiques, parmi lesquels les canadiens Gilles Brassard et Claude Crépeau publie, dans la prestigieuse Physical Rewiew Letters un article intitulé "Téléportation quantique utilisant les Canaux Einstein-Podolsky-Rosen", il s'avéra que ce qui semblait impossible devint possible. Ils démontrèrent que la connexion non séparable qui relie deux particules peut être utilisée pour téléporter, non pas des particules, mais les propriétés des particules. 

Résumé de l'expérience: 

"-On met deux particules reliées par la non-séparabilité dans deux "boites magiques" (effectué par exemple dans le laboratoire de Jeff Kimble à Caltech): à l'intérieur, un champ retient prisonnière la particule, l'empêchant de rencontrer tout atome pendant plusieurs jours. Cette absence d'interaction préserve la connexion entre les deux deux particules.

-Vous envoyez l'une des boites sur Mars. 

-Vous ouvrez la boite et vous y faites entrer une seule et unique particule de Mars que vous avez sélectionnée au préalable. 

-Vous faites une mesure sur le couple "particule de Mars + particules non séparable venant de le Terre". 

-Le résultat de la mesure est communiqué à la Terre (par un signal normal allant à la vitesse de la lumière.

-On peut alors utiliser sur Terre ce résultat pour faire une opération qui va transformer la particule restée sur Terre en une copie de celle que sa jumelle a rencontrée sur Mars.

-Vous avez maintenant dans votre laboratoire une particule qui a les mêmes propriétés que qu'une particule de Mars et vous pouvez faire des expériences sur elle comme si elle venait de Mars."

Dès 1997, Anton Zeillinger, à Innsbruck et Francesco De Martini à Rome, effectuèrent les premières téléportations quantiques, et en 2004, la téléportation est elle aussi sortie du laboratoire: Anton Zeillinger, désormais à Vienne, a réalisé une téléportation de 600 m. de distance entre des appareils situés sur les deux rives du Danube. Maintenant, (mai 2012), "l’équipe d’Anton Zeilinger (Institut d’optique et d’information quantique à l’université de Vienne) vient de présenter une étude affirmant qu’ils ont démontré une "téléportation quantique" sur une distance de 143 km dans les îles Canaries. Si elle est confirmée, ce record de distance fixe un nouveau palier dans l’univers de la téléportation quantique et ouvre également la voie pour un futur réseau quantique globale destinée aux communications sécurisées par satellite".

La téléportation existe, mais que peut-on faire avec? On ne peut pas l'utiliser pour téléporter des objets, car on ne peut téléporter que les propriétés des objets. Pour le moment, on ne peut donc envisager de l'utiliser pour le voyage dans les étoiles. Mais les applications sont possibles dans le domaine de la sécurisation de l'information.


6) Un virus peut-il être quantique?


 

 

 

 

La décohérence donne une limite supérieure à la taille des objets pouvant se comporter comme le chat de Schrödinger. Un électron, un atome, sous leur forme ondulatoire, le peuvent comme le montre l'expérience des fentes de Young. En 2001Anton Zeilinger venait de réussir  l'expérience des fentes de Young avec des molécules de fullerène C60. Cela veut dire qu'une molécule de 60 atomes était passée par les deux fentes à la fois.  Puis en 2004, il a réussi avec une molécule de 256 atomes. Plus la taille des objets qu'il s'agit de faire passer par les deux fentes à la fois augmente, plus les difficultés paraissent insurmontables à cause de la décohrérence. Le rêve de Zeilinger serait de réussir l'expérience avec... un virus. S'il y parvenait, cela aurait une portée symbolique et théorique énorme. Symbolique, car il serait démontré qu'une entité quasi-vivante, le virus, peut connaitre un état quantique. Théorique, car la preuve serait faite que la physique quantique a son mot à dire dans le domaine de la biologie. C'est en tout cas une affaire à suivre: futura-sciences.com -Après le chat, voici le virus de Schrödinger !

 

liens: wikipedia.org -Téléportation quantique    neocobalt.free.fr -Téléportation, science-fiction ou réalité

zerna.free.fr -la téléportation quantique, une révolution physique

online.physics.uiuc.edu -Teleporting an Unknown Quantum State Via Dual Classical and Einstein‐Podolsky‐Rosen Channels

reynal.ensea.fr -la téléportation quantique (anton zeilinger)

college-de-france.fr -serge haroche COURS    techno-science.net -la boite à photons (serge haroche)

Norbert Wiener    Serge Haroche

fourier.ujf-grenoble.fr-STAGE DE MASTER 2 Décohérence et Intrication quantique
futura-sciences.com -Après le chat, voici le virus de Schrödinger !

Faisons maintenant une pause dans le cours de cet article avant d'aller encore plus loin: quand la lumière va plus vite que la lumière!

 

19:02 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/09/2012

6-2) Notre existence a-t-elle un sens? 6 partie 2) Vers un réalisme non physique...deuxième partie


Notre existence a-t-elle un sens? 6) 
Vers un réalisme non physique...deuxième partie 


Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Notre existence a-t-elle un sens 6) première partie) Vers un réalisme non physique...

 

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

Exergue: "Très vite, on se prend à penser que l'espace et le temps n'ont pas de véritable réalité." Richard BachJonathan Livingston, Le Goéland

 

1) Résumé de la première partie de cet article 6).


Nous sommes partis du cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900, puis de la naissance de la physique quantique et de son interprétation orthodoxe. Nous avons été amenés à nous poser la question: et... si la science n'avait rien à dire sur la réalité? Nous avons alors examiné diverses interprétations et théories qui veulent aller plus loin que l'interprétation orthodoxe pour expliquer l'apparence de notre monde et donner une chance de survie au réalisme classique, depuis Le réalisme non physique jusqu'à la théorie des mondes parallèles. 

Mais puisqu'il y a plusieurs façons d'interpréter la physique quantique, chacune se divisant en plusieurs sous-interprétations, toutes reposant sur le même formalisme, pourquoi en choisir une plutôt qu'une autre? 

 

 

2) Nouvelle physique et apparence du monde qui nous entoure.

 

 

 

On peut se satisfaire de l'interprétation de Copenhague et affirmer que la science ne nous dit rien sur la réalité et le réel, mais seulement sur la connaissance que nous pouvons en avoir, mais dans ce cas, il faut en assumer les conséquences.  Revenons donc sur les hypothèses vues dans l'article précédent: Notre existence t-elle un sens 6) première partie (vers un réalisme non physique)


caasv.discutbb.com décohérence

a) L'interprétation 4) (Notre conscience individuelle est-elle la cause de l'apparence de notre monde?) devient difficile à accepter, depuis que l'importance du phénomène de décohérence est mieux perçue  et explique la disparation de la superposition des états. 

En une vingtaine d'années, sous l'impulsion du physi-cien américain d'origine polonaise Wojciech Zurek, la compré-hension de ce phénomène s'est considérablement améliorée. La décohérence, responsable de la transition quantique/classique, peut être expliquée par la mécanique quantique. La réalité classique que nous percevons émergerait naturellement d'une description fondamentalement quantique, réconciliant ces deux visions d'un même monde.

La théorie de la décohérence "s'attaque donc au problème de la disparition des états quantiques superposés au niveau macroscopique. Son objectif est de démontrer que le postulat de réduction du paquet d'onde est une conséquence de l'équation de Schrödinger, et n'est pas en contradiction avec celle-ci. L'idée de base de la décohérence est qu'un système quantique ne doit pas être considéré comme isolé, mais en interaction avec un environnement possédant un grand nombre de degrés de liberté. Ce sont ces interactions qui provoquent la disparition rapide des états superposés. En effet, selon cette théorie, chaque éventualité d'un état superposé interagit avec son environnement ; mais la complexité des interactions est telle que les différentes possibilités deviennent rapidement incohérentes (d'où le nom de la théorie). On peut démontrer mathématiquement que chaque interaction « déphase » les fonctions d'onde des états les unes par rapport aux autres, jusqu’à devenir orthogonales et de produit scalaire nul. En conséquence, la probabilité d'observer un état superposé tend rapidement vers zéro. Seuls restent observables les états correspondant aux états observables macroscopiquement, par exemple - dans le cas du Chat de Schrödinger - mort ou bien vivant.

Autrement dit, les objets macroscopiques, comme les chats ou les instruments de mesure, ne sont jamais totalement isolés de leur environnement". Jean Staune nous explique que "Le calcul montre que les déplacements d'une masse de quelques kg dans l'atmosphère d'une étoile comme Sirius, située à 8 années-lumière de la Terre, suffit à perturber la mouvement des molécules de l'atmosphère de la Terre. Toutefois, lorsqu'on les mesure, on ne s'en rend pas compte. Mais la théorie nous apprend que si on pouvait le faire, le monde n'aurait pas l'apparence du monde classique: il serait quantique. C'est uniquement parce que nos mesures ou nos perceptions sont obligées de se limiter à une seule partie des mesures possibles sur un système macroscopique, en négligeant l'essentiel des interactions qui existent avec son environnement, que que ce système macroscopique nous apparaît  sous forme classique "solide" et non pas sous la forme quantique."
Ce résultat nous montre que les lois classiques sont une approximation des lois quantiques, un peu comme les lois de Newton sont une approximation des lois d'Einstein. Ainsi on peut avoir une vision du monde plus rationnelle que celle selon le monde macroscopique et le monde microscopique obéissent à deux sortes de physique radicalement différentes.

leclownlyrique.wordpress.com -dans la caverne de platon

b) Mais cela ne permet pas d'affirmer que les propriétés des objets quantiques sont des propriété objectives. Ces propriétés restent dépendantes de la façon dont nous les mesurons, tout comme dans l'image de l'arc en ciel (vu dans la première de cet article), la vitesse et la position de l'arc en ciel dépendent de notre propre comportement. Si on peut éliminer la nécessité de recourir à la conscience individuelle dans l'interprétation de la mécanique quantique, cela n'élimine pas la nécessité de faire référence à la conscience collective, celle de l'ensemble des observateurs humains. Les caractéristiques de la réalité sont encore "ce que nous pouvons connaître et elles dépendent de la façon dont nous les mesurons". La conscience collective ne rétablit pas "l'objectivité forte", mais joue un rôle de filtre par lequel nous voyons non la réalité en soi mais une projection de celle-ci

c) Le solipsisme convivial est aussi une interprétation permettant de résoudre les problèmes soulevés par la superposition des états quantiques qui s'intègre dans le cadre de la théorie de la décohérence. Cette position,  présentée par  Hervé Zwirn s'intègre dans le cadre de la théorie de la décohérence. Elle suppose qu'on refuse de se placer dans le cadre du réalisme empirique pragmatique. Hervé Zwirn  se place  dans le cadre du réalisme métaphysique. Pour Hervé Zwirn (en résumé):  "La décohérence est alors le mécanisme qui explique l'apparence classique pour nous d'une réalité qui demeure essentiellement quantique, c'est-à-dire enchevêtrée. Le solipsisme convivial fait entrer l'observateur lui-même dans le grand système S. Le raisonnement conduit alors à considérer que l'observateur est aussi dans un état enchevêtré avec le système, l'appareil et l'environnement. Du point de vue de la réalité profonde (et non de l'apparence de cette réalité pour nous), seule une fonction d'ondes globale superposée « existe ». Dans cette fonction d'ondes, les différents résultats possibles de mesure sont présents et sont corrélés ainsi que tous les états correspondants de l'observateur. La décohérence intervient et permet de régler un certain nombre de problèmes que nous n'avons pas eu la possibilité d'évoquer: quelle est la grandeur mesurée par exemple, ce qui a pour effet de résoudre la difficulté que nous avons signalée à propos de l'interprétation d'Everett. Le solipsisme convivial consiste alors à considérer que la conscience de l'observateur est « accrochée » à l'une des branches de la fonction d'ondes ne lui permettant d'observer que la partie classique correspondante. La conscience joue en quelque sorte le rôle d'un filtre ne permettant de voir qu'une partie de la fonction d'ondes globale [...] chaque observateur vit dans son monde qui peut être totalement différent de celui des autres, mais il n'existe aucun moyen de se rendre compte des désaccords et les observateurs sont en parfait accord. Ceci fournit une nouvelle explication de l'intersubjectivité : il n'y a aucun moyen de constater un désaccord [...].


d) La réduction de la place accordée à la conscience. Elle permet de supprimer toute nécessité de faire appel à la parapsychologie. En effet, un physicien aussi éminent que Eugène Wigner fixait pour objectif à la physique la mise au point d'un détecteur "psychoélectrique" destiné à enregistrer l'action de la conscience sur les électrons. De même, pour d'autre physiciens comme Olivier  Costa de Beauregard, la parapsychologie, l'action de l'esprit sur la matière, n'est pas une curiosité mais un élément central du modèle. Mais rien dans la physique quantique ne prouve la réalité de la parapsychologie ni que des recherches dans ce domaine pourraient aider à résoudre les problèmes posés par les théories actuelles, même si elle n'interdit pas de croire à la parapsychologie et contient même des analogies (Einstein lui-même disait que si la non-localité existait, elle serait comme de la télépathie entre électrons). 

 

e) Que pouvons nous en conclure? A l'heure actuelle le mot quantique est mis à toutes les sauces: "corps quantique", astrologie quantique", médecine quantique". Mais quelques résultats ne doivent pas être oubliés:

-"Nulle nécessité de faire appel à la parapsychologie". 

-"Nulle nécessité de d'adopter une position dualiste dans laquelle matière et conscience seraient deux réalités en soi existant indépendamment l'une de l'autre et où la conscience individuelle [...] serait susceptible d'agir à distance, par télépathie sur la matière."

-"pas de possibilité de communiquer plus vite que la lumière et de créer des paradoxes temporels."

-"Un pont existe entre le monde classique et le monde quantique". 

-"Il est parfaitement possible d'adopter une vision réaliste selon laquelle il existerait une réalité indépendante de nous (les observateurs humains ... ou tous les autres)."


liens: (compléments à ceux de l'article 6 première partie) staune.fr -Par Lothar Schäfer: L’importance des états virtuels dans l’émergence de l’ordre complexe dans l’univers

groupebena.org -Le réel quantique (Lothar Schäfer)

entropie métrique ou entropie de kolmogorov   Shannon entropy

fourier.ujf-grenoble.fr -Décohérence et Intrication quantique Sylvain Vogelsberger (stage de master)

cnrs.fr -Du monde quantique au monde macroscopique : la décohérence prise sur le fait

larecherche.fr -La décohérence, espoir du calcul quantique

asmp.fr -hervé zwirn et Le solipsisme convivial 
metapsychique.org -Parapsychologie      wikipedia.org -Parapsychologie 

3) Au coeur de l'inconnaissable. 

portal.unesco.org -complémentarité

 

a) la non-localité (ou non séparabilité).  

Avec Henri Stapp, nous pouvons dire que "tout ce que nous savons de la nature s'accorde avec l'idée que son processus fondamental s'établit hors du temps et de l'espace, mais engendre des évènements qui peuvent être situés dans le temps et dans l"espace."  Banesh Hoffmann le présente en disant qu'il "n'existe tout simplement aucun moyen satisfaisant de décrire les processus atomiques fondamentaux de la nature en termes d'espace, de temps et de causalité."  La modernité avait déconstruit toutes les approches pré-scientifiques et avait refermé notre monde sur lui-même (Képler, n'ayant pas à sa disposition les lois de Newton pour expliquer la rotation des planètes, faisait appel à la "poussée des anges)." Mais voilà que  nous assistons à nouveau à une "réouverture" du monde sur un ou plusieurs autres niveaux de réalité, non par la mystique ou la philosophie, mais par la science elle-même. Il paraît y avoir un niveau de réalité situé hors de notre monde qui, dans certains cas, peut exercer une sorte  d'influence causale sur notre monde. Niels Bohr parle de "la nécessité de renoncer définitivement à l'idéal classique de causalité et de modifier de fond en comble notre attitude à l'égard de la réalité physique." Pour Banesh Hoffmann"les paradoxes quantiques, c'est nous qui les avons fabriqués, car nous avons essayé de suivre le mouvement des particules individuelles à travers l'espace et le temps alors que ces particules n'ont pas d'existence dans l'espace et le temps. Ce sont l'espace et le temps qui existent en fonction d'elles. Une particule individuelle ne se trouve pas simultanément en deux endroits, elle n'est nulle part."  

On ne peut donc se représenter les particules comme des objets, quels qu'ils soient. Comment  imaginer des entités qui soient à la fois des ondes et des particules? C'est pourtant ce qui correspond à la notion de complémentarité de Niels Bohr. C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas nous représenter les particules comme évoluant dans le temps et l'espace et avec des positions et des trajectoires bien définies hors de l'observation. C'est un peu vertigineux quand on pense qu'il s'agit de ce qui nous constitue. La "couleuvre" de l'indéterminisme est bien plus facile à avaler.

b) "L'objectivité faible".

C'est une dernière couleuvre de taille respectable à avaler. La décohérence permet de réduire le rôle de la conscience individuelle dans le monde qui nous environne, mais pas la nécessité de faire référence à la conscience collective pour mesurer les caractéristiques de la réalité empirique. Nous ne pouvons prétendre connaître les caractéristiques "en soi" des particules (dans une réalité indépendante de nous), mais uniquement celles des particules que nous mesurons. Avec, Bernard d'Espagnat, il faut admettre que la réalité est et restera voilée. Elle n'est cependant pas totalement inconnaissable, car nous pouvons avoir des lueurs sur elle, entre autres par le biais de la connaissance scientifique. 


4) 
 La physique quantique et la vision des philosophes matérialistes. 


a) Beaucoup de personnes semblent ne pas avoir encore intégré ces progrès. C'est le cas de Yvon Quiniou qui affirme "la vérité du matérialisme". Pour lui, le matérialisme, refusant toute métaphysique, doit s'interdire toute affirmation transcendant les limites de ce qui est démontrable scientifiquement (il ne peut pas affirmer que "Dieu n'existe pas"). Il ajoute: "Mais du coup, le matérialisme, rendu à sa modestie, peut être d'autant plus assuré de son droit à se déclarer scientifique. En effet, il constitue un monisme ontologique dont la thèse est simple: toutes les réalités (connues ou connaissables par l'homme) ne sont, par-delà leur diversité, que des formes diverses d'une même réalité matérielle dont elles sont issues." Cela revient à admettre une réalité matérielle objective extérieure à la pensée humaine et lui préexistant ou comme l'affirmais Engels: "l'unité réelle du monde consiste en sa matérialité". Or dit Quiniou, "quelle  est l'instance qui nous le prouve désormais, même si on a pu le supposer spéculativement bien avant dans le cadre des divers matérialismes spéculatifs, et même si l'on estime que la preuve complète, circonstancielle et technique, n'en n'a pas été complètement été apportée dans tous les domaines? La science".
Ainsi donc, pour Quiniou, la science prouverait la matérialité du monde, une réalité matérielle objective, extérieure à la pensée humaine. Toutes les réalités proviendraient d'une même réalité matérielle. Pourtant il ajoute avec prudence que ce n'est pas la science physique qui apporte cette preuve car "elle ne porte que sur la matière inanimée et n'impose qu'un réalisme de la nature physique", mais "la théorie de l'évolution qui se prononce, elle, sur l'origine de la vie et de ses diverses formes, et donc sur le rapport de la pensée humaine à la réalité matérielle." Or, comme nous l'avons vu, tout ce que la physique peut imposer, c'est "un réalisme de nature non physique" que Hervé Zwirn appelle un "réalisme métaphysique" (si on veut rester dans un cadre réaliste. Non seulement, comme l'a dit Quiniou, la preuve "la preuve complète que la matérialité du monde n'a pas été apportée", mais il a plus de 75 ans qu'une preuve quasiment complète du contraire a été avancée!

Pour ce qui est de la conscience, on ne peut dire que la pensée est un sous-produit de la matière. En effet, les neurones sont faits de molécules, elles-mêmes constituées d'atomes dont les caractéristiques dépendent... de la façon dont on les observe. Comme le dit Bernard d'Espagnat"les idées que ce matérialisme prend pour assises conceptuelles, celles d'atomes, de particules, etc, ne peuvent être, nous l'avons vu, que les composantes d'une description de la réalité empirique, voir épistémologique, c'est à dire d'un découpage du réel que nous effectuons par la pensée afin de rendre compte de notre expérience communicable. Il est clair qu'alors la thèse de la pensée comme simple épiphénomène (celle d'une pensée émanant d'un cerveau purement composé d'atomes), est logiquement incohérente puisque les objets qui y sont censés expliquer la pensée n'ont eux-mêmes que d'existence relative à la pensée."  Avec Jean Staune, on peut dire que ce "matérialisme scientifique" est clairement antiscientifique, il nie une importante partie du progrès de nos connaissances.


eveilphilosophie.canalblog.com -éveil et philosophie

b) Le "néo-matérialisme".
C'est ainsi que Bernard d'Espagnat appelle ceux qui ont accepté la mécanique quantique et qui ont renoncé à certains concepts qui étaient les piliers du matérialisme classique. Le principal représentant français de cette position est André Comte-Sponville"Un courant d'air n'est pas moins matériel qu'un caillou, ni une onde ou un flux d'énergie moins matériels qu'une "chose" ou qu'une particule. La vraie question n'est pas de savoir quelle est la consistance de la matière [...], ni même quelle est sa structure intime [...] mais si elle est de nature spirituelle, idéelle (autrement dit comparable à l'expérience intérieure [...] ou bien de nature physique (comparable mais pas, bien sûr, identique à l'expérience que nous avons, au niveau macroscopique, des corps ou des forces que nous appelons matérielles).  

Cette approche part de la définition la plus large qui soit du matérialisme (le Petit Robert): "Théorie qui affirme qu'il n'existe qu'une seule substance, la matière). On appelle alors "matière" ce qui existe vraiment (la réalité indépendante) sans se soucier de savoir ce qu'elle est. L'unique chose qui lui est demandée c'est de ne pas avoir les caractéristiques de ce l'on sait être celles d'un esprit. Car, dit Comte Sponville, le matérialisme est avant tout une théorie de l'esprit, une théorie qui qui affirme que l'esprit est subordonné à quelque chose n'ayant pas les propriétés de l'esprit et qu'on appelle "matière", quelles que soient ses caractéristiques (voir "la sagesse des modernes selon A. Comte-Sponville et Luc Ferry ).

Ainsi défini, il semble que le matérialisme soit inattaquable. Il se retranche derrière des murailles a priori infranchissables, mais il n'occupe qu'une toute petite partie de l'immense territoire du matérialisme classique. Comme si ça na suffisait pas, Comte Sponville ajoute une barrière supplémentaire en affirmant que que la physique ne peut pas répondre à la question relative à la nature de cette substance primordiale qu'est la matière, tout en bâtissant un "pont-levis en disant: "nous pouvons opter pour l'une ou l'autre solution en s'appuyant sur la science et non par un choix arbitraire." 
Ainsi que le dit Jean Staune, la forteresse semble inexpugnable, mais quatre fissures de taille apparaissent dans les murailles.

     *"Aucune interprétation de la physique ne repose sur des concepts "comparables à l'expérience que nous avons au niveau macroscopique des corps et des forces que nous appelons matérielles" évoquées par André Comte Sponville.

     *Si on ne sait pas ce qu'est la matière, comment être sûr qu'elle n'a pas les caractéristiques de l'esprit?

     *Pour la physique, la matière et la conscience peuvent toutes deux provenir de quelque chose d'autre, aucune n'engendrant l'autre. C'est une hypothèse soutenue par David Bohm, un dissident de la physique quantique orthodoxe dans la dernière partie de son ouvrage fondamental "la matière, la conscience et leur base commune". De la même manière, Hervé Zwirn, loin d'être un spiritualiste, écrit: "La conscience n'est pas un objet physique si l'on considère qu'elle est dans le même rapport aux neurones que l'est un calcul aux puces aux puces d'un ordinateur [...]. Ne peut-on alors pas postuler que la conscience n'a pas à être soumise aux lois de la physique? On pourrait alors déplacer le problème et nommer "matière" cette nouvelle entité qui serait à l'origine de la matière et de la conscience. Mais la physique ne nous indique pas que ses caractéristiques se rapprochent de celles d'un esprit, ce qui empêcherait de lui donner cette appellation (alors que Comte Sponville dit que "le matérialisme est avant tout une théorie de l'esprit").

     *Alors apparaît la dernière fissure: peut-on être à la fois platonicien et matérialiste? Si on écarte à la fois l'interprétation de Copenhague (parce qu'elle interdit d'affirmer quoi que ce soit sur le réalité), l'interprétation qui donne la primauté de la conscience individuelle sue la matière, les univers parallèles (parce qu'on veut que le néo-matérialisme ne soit pas un matérialisme de science fiction) ou les particules fantômes de Bohm (parce qu'on ne veut pas qu'il dépende d'une interprétation dissidente de la mécanique quantique), il ne reste a priori que le réalisme non physiqueOr celui-ci repose sur une ontologie de type platonicien comme le dit Bernard d'Espagnat"Les Idées de Platon ne sont pas dans l'espace-temps mais elles existent indépendamment de l'esprit humain et sont les causes des phénomènes." C'est pourquoi, le réalisme non physique du physicien (une réalité indépendante lointaine probablement non située dans l'espace-temps), peut difficilement na pas être un peu platonicien. Même Bohm, jadis porte-drapeau des physiciens "matérialistes", en est venu à dire que "les objets perçus que les objets perçus sont seulement les projections de ce qui est" (D'Espagnat dans un atome de sagesse).

Reste à savoir si le matérialiste peut avaler cette dernière "couleuvre": être obligé de se prétendre au moins un peu platonicien. Si la réponse est oui, ce serait une évolution radicale, car le matérialisme s'est toujours tenu éloigné du platonisme comme de la peste. Si la réponse est non, il ne reste plus qu'à renoncer au matérialisme ou à adopter des modèles tels que les univers parallèles ou les variables cachées non locales...

 

liens: wikipedia.org -esprit quantique

admiroutes.asso.fr -A quoi sert la conscience humaine? La question de l'observateur en physique. 
wikipedia.org -Principe de complémentarité      rmitte.free.fr -complémentarité 
persee.fr -Einstein et la complémentarité au sens de Bohr : du retrait dans le tumulte aux arguments d'incomplétude  
persee.fr -L'évolution de la complémentarité dans les textes de Bohr (1927-1939)  
crea.polytechnique.fr -Objectivité faible et philosophie transcendantale par Jean Petitot 
uip.edu -Science et réalité, la physique quantique ou la fin de la vision mécaniste de l’univers 
francoisloth.wordpress.com -réalisme métaphysique (métaphysique), ontologie, esprit) 
asmp.fr -Physique quantique et réalité la réalité c'est quoi ? 
pseudo-sciences.org -Qu’est-ce que le matérialisme scientifique ? 
regard.blogspirit.com -LA SAGESSE DES MODERNES selon A. COMTE-SPONVILLE et L. FERRY 
onelittleangel.com -platonisme définition, histoire, origine


5) Conclusion de cette synthèse des conséquences de la physique quantique.


harmatheque.com rationalisme classique

a) Méditons d'abord cette citation de Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod, tous deux parfaitement agnostiques et les plus neutre possibles: "quant à la déliquescence de ce qu'on appelle [...] "rationalisme", elle ne gêne guère l'homme de la rue mais perturbe profondément bien des penseurs traditionnels. Mai un autre bouleversement devrait être considéré comme positif: c'est l'abolition du carcan matérialiste et l'émergence de nouvelles possibilités philosophiques. En effet, la science du XVIIIè siècle avait abouti au triomphe du matérialisme mécanique qui expliquait tout par l'agencement de morceaux de matière minuscules et invisibles, agencement réglé par diverses forces d'interaction qu'ils exerçaient entre eux. Cette vision assez primitive à laquelle se tiennent encore la plupart des biologistes avait pour conséquence l'inutilité des religions et des philosophies qui font appel à l'existence d'entités non matérielles. Le fait que ces morceaux de matière se soient révélés n'être en réalité que des abstractions mathématiques non locales, c'est à dire pouvant s'étendre sur tout l'espace et de plus n'obéissant pas au déterminisme, a porté un coup fatal à ce matérialisme classique."

Le matérialisme est encore possible, mais ce serait un matérialisme quantique qu'il faudrait appeler "matérialisme fantastique" ou "matérialisme de science-fiction" (comme la théorie des univers parallèles), ce qui fait qu'il est devenu plus difficile à penser ce qui n'est pas le cas de l'athéisme. En effet, Yvon Quiniou place le matérialisme dans le champ de la science en affirmant que celui-ci peut être prouvé par la science, contrairement à l'athéisme. Rien en physique quantique ne parle en faveur du déisme, mais en balayant les systèmes de pensée qui avaient pour conséquence "l'inutilité des religions", elle a ouvert de nouvelles possibilités philosophiques et religieuses comme le disent Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod"une chose est certaine, la situation philosophique (et religieuse) n'est plus bouchée comme il y a quelques décennies. Tout devient possible, et la vision assez noire, selon laquelle nous serions le résultat éphémère et sans signification de chocs et de recombinaisons de "petites billes" errant dans l'espace, n'est plus la vision scientifique". Cela redonne une certaine crédibilité à l'idée de l'existence de comme  l'a énonce Sir Athur Eddington dans une phrase célèbre: "La conclusion à tirer de ces arguments de la science moderne est que la religion redevint possible, pour un scientifique raisonnable, autour de l'année 1927."


b) Nous vivons un changement complet de notre vision du monde, mais un siècle après son origine, elle a aussi peu pénétré les consciences que le firent les idées de Copernic et Galilée, un siècle après qu'elles furent émises. Pour Jean Staune, nous vivons aujourd'hui une situation identique à celle qui existait lorsque les idée de la modernité émergèrent, quand l'inquisition tenta de s'opposer à leur diffusion. Aujourd'hui, ceux qui se trouvent en position dominante sont les matérialistes et les scientistes. L'obscurantisme (s'opposer à la diffusion de la connaissance ou de la culture) n'est plus religieux, il est matérialiste et scientiste (même s'il ne concerne pas les matérialistes dans leur ensemble, de même que l'obscurantisme religieux ne concernait pas tous les clercs pendant l'inquisition). C'est la raison pour laquelle il est important d'informer le plus grand nombre des progrès de nos connaissance qui contredisent la vision classique, mécaniste et désenchantée du monde.  Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod concluent ainsi leur ouvrage: "La philosophie de base de notre civilisation reste le matérialisme mécaniste: les idées simples (voire simplistes) ont une force redoutable, et leurs échecs n'impressionnent que les spécialistes. Il a fallu des décennies pour que l'hypothèse de Galilée sur le rotation de la Terre soit acceptée et des siècles pour que sa condamnation par l'Eglise soit annulée. Combien de temps faudra-t-il pour ébranler les croyances actuelles?" Là est toute la question... 
harmatheque.com -rationalisme classique: quand le théologien éclaire l'économiste

 

 

17:49 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/08/2012

6 partie 1) Notre existence a-t-elle un sens? 6 première partie) Vers un réalisme non physique...


Notre existence a-t-elle un sens? 6 première partie) Vers un réalisme non physique...

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

Exergue: "Très vite, on se prend à penser que l'espace et le temps n'ont pas de véritable réalité." Richard BachJonathan Livingston, Le Goéland

1) Introduction: résumé des articles précédents.

 

Après les réflexions exprimées dans les premiers articles,nous avons commencé par évoquer le cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900wikipedia.org -années 1900 en scienceLe déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche: "Rien de nouveau ne sera désormais découvert en physique. Les seuls progrès consisteront en des mesures de plus en plus précises." Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir.

Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quantaMais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet pho-électrique.  Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, mais cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait alors largement cette théorie. Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens ainsi que le rapporte Banesh Hoffmann qui fut l'élève d'Einstein, dans "Létrange histoire des quantas". Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau. Ainsi, après la lumière, les quanta sont passés dans la matière. Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Une incertitude fondamentale existe donc dans la nature. On ne peut donc connaître de façon précise tout à la fois la position et la vitesse d'une particule.  La réalité est, en fait, bien plus étrange: on ne peut pas dire que les particules aient une position et une vitesse lorsqu'on ne les observe pas.

Nous avons aussi appris dans cet article que l'électron (et la matière en conséquence), interfère avec lui-même.  Tout se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps dans l'expérience et d'interférer avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes". Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets. Non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.

Par la suite (article précédent), Jonh Bell a mis un terme au questionnement suscité par l'expérience de pensée EPR en énonçant ses fameuses inégalités de BellAlain Aspect, par ses expériences, a lui, mis en évidence la réalité de la non-localité.

 

Pour conclure cette introduction, rappelons ce que disent Sven Ortoli et Jean Pierre Pharabod: "La physique quantique porte en elle les germes d'une immense révolution culturelle qui, pour le moment, n'a été réalisée qu'à l'intérieur d'un petit cénacle de scientifiques." Alors, la non-localité est-elle une porte ouverte vers une autre réalité?


2) Et si la science n'avait rien à dire sur la réalité?

 

 

La chat de Schrödinger

 

 

astrosurf.com -physique-labo

a) Rappelons les faits que nous avons relevés (Qu’est-ce que le Réel ?)

 

 Le Principe d’incertitude de Heisenberg nous enseigne qu’une incertitude fondamentale existe dans l’Univers au niveau des particules élémentaires. Le déterminisme n’est pas universel.

 L’expérience des fentes de Young nous montre que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels.

 L’existence d’une dimension non-locale ou holistique dans l’Univers a été démontrée expérimentalement. Toute future théorie relative à la réalité devra tenir compte du fait que, dans certaines situations, deux particules doivent être considérées comme un unique objet quelle que soit la distance qui les sépare.

 Nos concepts traditionnels concernant le temps, l’espace, les objets, les trajectoires, la causalité ne s’appliquent plus au niveau microphysique.

 Le monde qui nous entoure, celui des phénomènes, ne peut être décrit sans tenir compte de la façon dont nous le mesurons. On dit qu’il a une objectivité faible.

 La réalité véritable est, par définition, à objectivité forte : elle ne dépend pas de la façon dont nous l’observons. Si une telle réalité existe, elle ne peut être identifiée à la réalité phénoménale, celle où nous vivons.

 Si l’on veut rester réaliste, il faut donc postuler un réalisme non-physique dans lequel la réalité véritable ne correspond pas à ce que l’on peut voir, mesurer, toucher. Elle est en grande partie voilée.

 A moins d’adopter des modèles cohérents en terme de formalisme mais ayant des conséquences absurdes (univers parallèles…) ou des modèles dont le formalisme pose des problèmes (potentiel quantique), il semble bien que cette réalité indépendante ne puisse être conçue comme étant immergée dans l’espace-temps. Et qu’il en est de même pour les particules élémentaires qui constituent le fondement de tout ce que nous pouvons observer.

 Toutes les recherches actuelles semblent montrer que loin de revenir aux conceptions classiques, la physique se dirige vers des visions encore plus éloignées de nos concepts familiers.

 

b) Et si la science n'avait rien à dire sur la réalité? La majorité des physiciens adoptent l'interprétation la plus classique de la physique quantique dite "interprétation de Copenhague" (à cause de Niels Bohr). Pour Bohr, "La physique quantique porte non pas sur la réalité, mais sur la connaissance que nous en avons"; donc "la physique quantique permet simplement à des observateurs disposant d'appareils de mesure de représenter correctement les observations. Il est vain et sans signification de chercher à expliquer pourquoi elle marche. Il suffit de constater qu'elle marche et d'appliquer son formalisme." En d'autres termes, elle prévoit les résultats des expériences, mais il est vain de chercher à se représenter la réalité qui pourrait exister (ou ne pas exister) derrière les phénomènes observés. Mais pour ceux qui voudraient comprendre la nature du monde, l'interprétation de Copenhague est, selon l'expression d'Etienne Klein, une "machine à fabriquer des frustrés". Certains, tels Pascual Jordan, plongent dans l'idéalisme et vont jusqu'à ôter toute signification à la question de l'existence d'une réalité: "Une méprise commune est celle selon laquelle , du point de vue positiviste, l'existence du monde extérieur sera niée; La négation d'une proposition dénuée de sens est une proposition dénuée de sens;   l'idée de la non-existence d'un monde extérieur réel n'a pas plus des sens que son existence. L'un et l'autre ne sont ni vrais ni faux: ils sont dénués de sens."

L'interprétation de Copenhague ne permet pas de parler de l'existence de l'électron ni de ses propriétés lorsqu'il n'est as observé. Cela est très proche de l'idéalisme. Il y a une ambiguïté dans la position de bien des physiciens, comme le dit Bernard d'Espagnat: "[;..] les physiciens font usage de la mécanique quantique plus qu'ils ne cherchent à en étudier les fondements. Même les physiciens qui se disent réalistes adoptent volontiers une telle attitude. Savent-ils tous à quel point ils s'écartent de tout réalisme - ou matérialisme! [...] Heisenberg -à une variante près - se range sous la bannière de Kant. De sorte que le réalisme de tous les physiciens [...] ( qui ) font confiance à leurs aînés, ce réalisme c'est c'est celui [...] de la philosophie connue sous le nom d'idéalisme kantien...Cette position ("Tais-toi et calcule!" a été illustrée par le prix Nobel de physique Richard Feynmann dans son allégorie portant sur les mayas: ils savaient prévoir les éclipses, mais n'avaient pas la moindre idée de la nature réelle de la Terre et du soleil. Supposons qu'un étudiant maya dise à son directeur de thèse que la Terre, la Lune et le Soleil puissent être envisagées comme trois boules flottant dans l'espace, ce qui expliquerait les éclipses. "pourriez-vous prévoir autre chose que nous prévoyons déjà? lui demande le directeur?  

-Non.

-Alors votre théorie ne sert à rien car seule compte l'expérience, soccuper de la nature des choses est une attitude pré-scientifique, c'est une question qui relève de la métaphysique.


liens: fr.wikipedia.org -L’école de Copenhague ou interprétation de Copenhague 
futura-sciences.com -Interprétation de Copenhague 
webastro.net/forum -l'interprétation de Copenhague

denis-collin.viabloga.com -le positivisme logique et l'interprétation de Copenhague 

persee.fr -Complémentarité et langage dans l'interprétation de Copenhague

hilliontchernobyl.com -photos de Niels Bohr et l'interprétation de Copenhague

phys.ens.fr -comprenons-nous vraiment la mécanique quantique?

iap.fr/ -COMPRENONS-NOUS VRAIMENT LA MECANIQUE QUANTIQUE?

scribd.com -INTERPRETATION-DE-COPENHAGUE 
sceptiques.qc.ca -Mécanique quantique Animations et interprétations philosophiques par Daniel Fortier 
wikipedia.org -Dualité onde-corpuscule  

astrosurf.com -L'interprétation de la physique quantique

la-trilectique.blogspot.fr -Les modèles physiques semblent avoir définitivement atteint leurs limites historiques

persee.fr -Franco Selleri, Le grand débat de la théorie quantique


3) Le réalisme non physique.


La question du réalisme en science physique, c'est-à-dire celle qui postule l'existence d'une réalité indépendante des observateurs a été remise en cause par l'interprétation de Copenhague.  Alors, que reste-t-il pour ceux qui veulent aller au-delà de l'idéalisme?

Il existe une position de type réaliste, mais elle est aux aux antipodes de la pensée réaliste classique (souvent associée au matérialisme), c'est un "réalisme non physique" étudié de façon  approfondie par Bernard d'Espagnat dans "à la recherche du réel."

Pour l'introduire, Jean Staune prend l'exemple d'un arc en ciel. Quelqu'un qui le voit pour la première fois pourrait croire qu'il s'agit d'un objet solide dont les deux extrémités reposent sur le sol. Puis il constate que lorsqu'il bouge, l'arc en ciel bouge avec lui. Est-ce à dire que l'arc en ciel est une illusion, une création de notre esprit?  Non, son existence dépend de la présence de gouttes d'eau dans l'atmosphère et de la réfraction des rayons lumineux. Mais certaines de ses caractéristiques, telles sa position et la vitesse, dépendent de nous et de notre déplacement. Dans le réalisme non physique, la situation est identique pour les particules élémentaires ou les atomes. Ce ne sont pas des créations de notre esprit, mais certaines de leurs caractéristiques essentielles dépendent de la façon dont nous allons les observer. 

C'est une différence radicale avec le but habituel de la science tel qu'on le trouve chez Albert Messiah: "Au départ de toute entreprise scientifique, on pose comme postulat fondamental que la nature possède une réalité objective, indépendante de nos perceptions sensorielles ou de nos moyens d'investigation; l'objet de la théorie physique est de faire un compte-rendu intelligible de cette réalité objective." Dans la science classique, j'ai appris que "la gravitation ne dépend que des masses et du carré de la distance."  Il s'agit d'un "énoncé à objectivité forte", car les masses et les positions des objets macroscopiques ne varient pas quand on les mesure. Mais les énoncés de la théorie quantique font référence à nos perceptions  ou à nos instruments. Ils sont objectifs seulement parce qu'ils sont vrais pour n'importe quel observateur. Donc on ne peut pas dire qu'ils sont vrais dans l'absolu puisque leur vérité nécessite une référence à la communauté des observateurs humains. Ce sont des énoncés à objectivité faible.

La physique quantique ne peut donc décrire le réel en termes d'objectivité forte. Le réalisme physique (réalisme classique), même s'il abandonne la prétention matérialiste à décrire le fondement de ce qui est constitué d'objets, ne peut donc être compatible avec la physique quantique. Cette nouvelle forme de réalisme se caractérise par son caractère "conceptuellement lointain" où nos concepts familiers, ceux qui sont proches de nos sens, ne s'appliquent plus. On pourrait parler d'un "réalisme étrange" comme on peut le voir dans le paradoxe de de Broglie: On met un seul électron dans une boite contenant un vide absolu (à l'intérieur d'un champ magnétique) sans qu'il interagisse avec d'autres corps; on coupe alors la boite en deux, une partie est transportée à Paris, l'autre à Tokyo. On ouvre celle de Paris et on y trouve l'électron. L'attitude de la majorité des physiciens selon Franco Selleri (l'un des rares physiciens qui n'accepte pas la synthèse de la mécanique quantique actuelle), sera de dire que "...l'électron y était déjà avant l'ouverture" et que donc la demi-boite de Tokyo était vide depuis le départ. Mais (voir Steven Ortoli et Jean pierre Pharabod qui utilisent l'image du poisson soluble. Un poisson nage dans une mer boueuse: le pêcheur ne le voit pas. Pour la physique quantique, le poisson n'est pas en un point précis, il est "dissous" dans la mare, c'est un poisson soluble. C'est uniquement quand on le pêche qu'on le trouve.De même si on le rejette à l'eau, se re-dissout-il!) , on ne peut représenter l'électron que comme étendu dans toute la boite et lorsque celle-ci est coupée en deux, nous devons considérer l'électron comme étendu dans les deux demi-boites. Lorsque l'électron est observé à Paris, il y a réduction du paquet d'ondes, et la probabilité d'observer l'électron à Tokyo ne s'annule qu'à ce moment-là.

Le réalisme tel que celui décrit par Messiah postule l'existence d'une réalité indépendante de nos perceptions et de nos moyens d'observation. S'il existe une telle réalité, il ne s'agit donc pas de la réalité physique que nous pouvons voir, toucher, mesurer!  Car justement, cette réalité-là (comme l'arc en ciel), n'est pas indépendante de nos moyens d'observation. Mais les expériences que nous avons évoquées  montrent dans les phénomènes, qui ont trait au monde qui nous entoure, quelque chose, dont la physique montre l"existence (sans pouvoir le décrire), échappe au temps, à l'espace et même à la matière et à l'énergie. Est-ce cette réalité indépendante évoquée par Messiah? C'est un bon candidat, cependant, elle doit être non physique, lointaine. Elle ne peut être décrite par la science, mais elle peut, au mieux, être approchée par une science à objectivité faible (non descriptive d'objets) et non à objectivité forte. 

Cette conception d'un réalisme non physique, qui souligne le caractère non ontologique du monde dans lequel nous vivons, est bien exprimé dans un passage de Bernard d'Espagnat: "Un des enseignements des sciences modernes dites "de la matière" est celui-ci: la "chose", s'il en est une, qui se conserve n'est pas le concret mais l'abstrait, non pas ce qui est proche des sens mais au contraire le nombre pur dans toute son abstraction mathématique telle que nous la révèle la physique théorique. En  d'autre termes, par rapport à nos sens et à nos concepts familiers, le réel, le réel, indéniablement, est lointain. Et cette découverte, une des manières les plus pertinentes de l'évoquer est, selon moi, de reconnaître que le mot matière est mauvais et de réintroduire le beau mot d'Être."

Cette position et ces vues ont été soutenues par de nombreux physiciens: Raymond ChiaoOlivier Costa de BeauregardPaul DaviesAmit GoswamiAndreï GribBasarab NicolescuLothar SchäferHenry Stapp..."Quel saut conceptuel de voir que ce ce qui peut être considéré comme réel est abstrait et non concret, plus proche de le formule mathématique que du grain de sable."

 

liens: wikipedia.org -Ontologie_(philosophie)

staune.fr réalisme non physique par jean staune et bernard d'espagnat

uip.edu -Science et réalité, la physique quantique ou la fin de la vision mécaniste de l’univers

asmp.fr -5- Mécanique quantique et connaissance du réel Hervé Zwirn

automatesintelligents.com -la question du réalisme en science physique (Expériences EPR, interaction d'échange et non-localité)

staune.fr -Commentaires sur le livre de B. d’Espagnat : "A la recherche du Réel"

ungraindesable.blogspot.fr -la physique quantique ou l'échec du réalisme scientifique

pauljorion.com -physique quantique et réalisme scientifique par Quentin Ruyant

pacherie.free.fr -Perception, cognition (réalisme, phénoménisme, idéalisme)

hal.archives-ouvertes.fr -A propos de "à la recherche du réel (réalisme non physique)

lemediateur.net -Qu’est-ce que le Réel ?

persee.fr -Le réalisme scientifique face à la microphysique

asmp.fr -Physique quantique et réalité la réalité c'est quoi ?

automatesintelligent.blog.lemonde.fr -A la recherche d’un éventuel Réel quantique

doublecause.net -étrange physique: la double causalité

automatesintelligents.com -Bouddhisme et quantique: étrange parallélisme entre 2 concepts de la réalité

wikipedia.org- Paradoxe de de Broglie 
teilhard.org -« Importance de la physique quantique pour la pensée de Teilhard de Chardin et pour une nouvelle vue de l’évolution biologique par Lothar SCHÄFER

 

4) Notre conscience individuelle est-elle la cause de l'apparence de notre monde?

wikipedia.org -Chat de Schrödinger

Une autre interprétation de la physique quantique est que la vérité ultime serait...notre conscience. La réduction du paquet d'onde est un concept de la mécanique quantique selon lequel, après une mesure, un système physique voit son état entièrement réduit à celui qui a été mesuré. Mais qu'est-ce qui la provoque? C'est un des grands problèmes de la physique quantique. Pour le formaliser, Erwin Schrödinger construisit une expérience de pensée en 1935: L'expérience du chat de Schrödinger"un chat est enfermé dans une boîte fermée avec un dispositif qui tue l'animal dès qu'il détecte la désintégration d'un atome d'un corps radioactif ; par exemple : un détecteur de radioactivité type Geiger, relié à un interrupteur provoquant la chute d'un marteau cassant une fiole de poison. Si les probabilités indiquent qu'une désintégration a une chance sur deux d'avoir eu lieu au bout d'une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l'observation n'est pas faite, l'atome est simultanément dans deux états (intact/désintégré). Or le mécanisme imaginé par Erwin Schrödinger lie l'état du chat (mort ou vivant) à l'état des particules radioactives, de sorte que le chat serait simultanément dans deux états (l'état mort et l'état vivant), jusqu'à ce que l'ouverture de la boîte (l'observation) déclenche le choix entre les deux états. Du coup, on ne peut absolument pas dire si le chat est mort ou non au bout d'une minute."

Or, le marteau, la fiole et le chat sont constitués de particules quantiques. Pourtant, ils ne sont jamais dans des états superposés, mais dans des états normaux du type "chat mort" ou "chat vivant". La superposition des états a disparu. Aucune frontière nette n'a jamais pu être définie entre le monde quantique et notre monde ordinaire tel que nous le voyons malgré les apports de la notion de décohérence. Alors, pourquoi notre monde a-t-il cette apparence de matérialité? 

Pour certains physiciens comme Eugene Wigner, la réponse est que la disparition de la superposition est dûe à l'action de notre conscience qui altère le fonction d'onde. C'est aussi l'avis de Edmond BauerFritz London, Jonh Von NeumanOlivier Costa de Beauregard et Andreï Grib qui ont soutenu cette interprétation. Wigner écrit: "puisque les lois de la physique n'expliquent pas la réduction du paquet d'ondes, il faut faire intervenir une entité qui n'obéit pas aux lois de la physique: notre conscience individuelle. C'est elle qui est responsable des caractéristiques du monde qui nous entoure [...] le contenu de la conscience est la réalité ultime." Cependant, cette interprétation ne semble plus vraiment en vogue.

liens: wikipedia.org -Décohérence_quantique

5) Une particule qui remonte le temps?

les diagrammes de Feynman 

Le monde de la mécanique quantique diffère du nôtre par ce point: les équations sont temporellement réversibles et la flèche du temps n'y existe pas. Ainsi, selon  Olivier Costa de Beauregard le temps est réversible "de fait" et non "de droit". Par ailleurs, des outils de la mécanique quantique, les diagrammes de Feynman montrent que des observations peuvent être interprétées comme des antiparticules allant dans le sens normal du temps, mais aussi comme des particules remontant le temps.
Cela pourrait permettre de donner une explication à a non-localité et à l'expérience EPR. C'est ce qu'affirme 
 Olivier Costa de Beauregard en disant qu'une hypothèse de ce type est la meilleure explication possible. 

 

6) Le potentiel quantique.


blog-chaman-esoterisme.com -le chamanisme expliqué par la physique quantique

a) la théorie de De Broglie-Bohm . Il s'agit d'une autre hypothèse qui ne repose pas, contrairement à celles que nous avons examinées précédemment, sur la physique quantique orthodoxe. Elle repose sur un formalisme différent qui permet de restaurer l'objectivité forte et devrait a priori combler d'aise les matérialistes. On y parle des choses en soi, telles qu'elles sont et non telles qu'on les perçoit; le particules y ont une trajectoire déterminée et dans l'expérience  des fentes de Young, elles passent par une seule et unique fente.

Cela part d'une idée de De Broglie en 1926 développée par Bohm en 1951 selon laquelle il existerait un "potentiel quantique." C'est une espèce de champ indétectable, qui ne transporte pas d'énergie et qui est non local: un impact à un endroit du champ peut produire un effet en en lieu très éloigné. Dans la théorie de Bohm, les particules sont accompagnées d'une onde qui guide leur chemin, d'où le terme d'onde pilote. Mathématiquement, l'onde pilote est définie de la même façon que la fonction d'onde de la mécanique quantique. L'influence de l'onde pilote se caractérise sous la forme du potentiel quantique, dérivé de la fonction d'onde, agissant sur la particule de la même façon qu'un champ électrique. Par conséquent, l'onde pilote gouverne le mouvement de la particule en suivant l'équation de SchrödingerCette théorie stipule que l'évolution du comportement des particules s'effectue de façon régulière au cours du temps, il n'y a donc pas d'écroulement de la fonction d'onde. Elle s'accorde avec la critique d'Albert Einstein à l'effet que la mécanique quantique telle qu'interprétée par l'école de Copenhague n'est pas complète.

Les particules auraient le pouvoir d'interagir avec le potentiel quantique et s'en serviraient pour recevoir de l'information. Le potentiel quantique permettrait à l'action à distance du paradoxe EPR de se produire et c'est lui qui, lorsque la particule passe par une seule et unique fente, l'informe que l'autre fente est ouverte ou non dans l'expérience des fentes de Young, ce qui permet à la particule "d'adapter" son comportement en conséquence. Malgré son côté quelque peu magique, un certain nombre de physiciens matérialistes soutiennent ce modèle dit "à variables cachées non locales" (ici, la variable cachée est le potentiel quantique)  parmi lesquels on peut citer, Jean BricmontFranco SelleriJean-Pierre Vigier...Le prix à payer pour restaurer cette vision réaliste du monde qui ne soit pas celle du réalisme non physique que nos avons décrit au chapitre 3 est la non-localité.

ahmedhulusi.org -mécanisme du cerveau,potentiel quantique 

b) Problèmes posés par la théorie et évolution.
La théorie de 
De Broglie-Bohm pose de nombreux problèmes.

     -Lorsque des particules s'approchent de la vitesse de la lumière, des résultats opposés devraient être observés pour le même évènement dans des repères différents, car la théorie n'est pas compatible avec la relativité restreinte, elle nécessite l'existence d'un référentiel absolu.

     -Elle implique que dans certains cas les détecteurs soient "trompés" et détectent des particules alors qu'il n'y en a pas. 

     -Certaines particules, dont les photons sont des abstractions au lieu d'être réelles. 

Conscient de l'insuffisance de son modèle, Bohm en développa un second, dans lequel les particules ne sont plus ponctuelles et réelles au sens commun, mais elles sont la manifestation d'un ordre fondamental: "l'ordre impliqué". En se déployant, cet ordre fait émerger le monde dans lequel nous vivons. Cet ordre n'est pas dans notre espace-temps: "ce que nous savons désormais, c'est que les particules élémentaires n'obéissent que partiellement aux lois de notre espace-temps. Toute une partie de leur comportement semble régie par des lois d'un autre ordre. Un ordre sous-jacent au nôtre, dont nous ne savons que fort peu de choses. Un ordre mouvant dont l'Univers tel que nous le connaissons serait seulement l'une des expressions, ou des explications, un ordre que, pour cette raison, je me suis permis de baptiser "ordre impliqué" [...] Nous ne pourrions apparemment le reconnaître que par le fait qu'il s'exprime. On pourrait alors dire qu'il s'ouvre comme une fleur". 

Cette théorie rejette la fragmentation de la physique Newtonnienne et se fonde sur le holisme également présent dans la théorie de la relativité et la physique quantique. Trois analogies sont utilisées par Bohm pour illustrer l'ordre implicite : l'hologramme, la goutte insoluble d'encre diluée dans la glycérine, le poisson d'aquarium filmé par deux objectifs sous deux angles différents et projetés sur deux écrans. Nous avons ainsi un cadre conceptuel pour comprendre les influences à distance si intrigantes. Pour le spectateur qui ne voit que les écrans, tout ce qui arrive à l'image du premier écran semble avoir une répercussion immédiate sur sur celle du second écran. Il se fourvoiera sans doute dans ses hypothèses en imaginant toutes sortes de communications entre les deux images du poisson, jusqu'au jour où il  comprendra que c'est derrière l'écran qu'il fallait chercher.

La théorie rejette aussi le dualisme, la séparation entre la conscience et la matière : l'ordre implicite expliquerait la relation entre matière et conscience. Dans ce modèle, l'esprit et la matière sont perçus comme des projections dans notre ordre explicite de la réalité sous-jacente, l'ordre implicite.

En fait, si je lis bien Jean Staune, David Bohm, en voulant combler les failles de son modèle, arriva, bien des années après, à retrouver, purement et simplement... le réalisme non physique de notre chapitre 3: l'idée que ce qui est n'est pas dans l'espace et dans le temps et n'est pas constitué d'énergie et de matière! Il en arrive à penser que, loin d'être issue de la matière (l'horreur suprême pour un matérialiste), la conscience provient de ce réel primaire qui est voilé pour nous (comme celui de Bernard d'Espagnat): "L'ordre impliqué de l'Univers est sans doute ce qui touche notre conscience en premier, car elle-même semble fondamentalement appartenir à cet ordre. Pourtant, notre intelligence sensorielle s'interpose aussitôt entre le réel primaire et nous pour nous le rendre différencié, mais aussi, du même coup, étranger. Terrible illusion du "bon sens" commun."
Nous revenons ainsi au point de départ, mais il reste une branche à explorer: la théorie des univers parallèles.

liens: lpm.u-nancy.fr -Les diagrammes de Feynman, la partition du modèle standard 
feynman.phy.ulaval.ca -Les diagrammes de Feynman

wikipedia.org -Théorie de De Broglie-Bohm     wikipedia.org -Potentiel quantique

asmp.fr -3- La non-localité et la théorie de Bohm Jean Bricmont

astrosurf.com -L'ordre implicite de David Bohm   

chaouqi.net -David Bohm, ordre implié et holomouvement

sergecar.perso.neuf.fr -Rupert Sheldrake l'ordre implié selon David Bohm

 

7) La Théorie des univers parallèles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment des univers parallèles pourraient-ils exister ?

Ici, nous revenons dans le formalisme de la physique quantique orthodoxe. Hugh Everett a proposé en 1957 une interprétation de la fonction d'onde en mécanique quantique : pour lui, cette fonction décrit la réalité, et toute la réalité. Simplement, chaque fois qu'un choix doit être fait, l'Univers... se duplique pour permettre à tous les états possibles d'exister simultanément. 

(Il convient de noter que cette interprétation ne se prononce pas sur la question de savoir s'il y a duplication de la réalité (many-worlds) ou duplication au contraire des observateurs de cette même réalité (many-minds), puisqu'elles ne présentent pas de différence fonctionnelle). Fini le problème de la mesure, ou celui de savoir par quelle fente passe l'électron, mais la non-localité est toujours présente dans chacun des Univers. 

Cela paraît incroyable, mais certains physiciens (de plus en plus?) croient croient vraiment à cette théorie (besoindesavoir.com -L’hypothèse des univers parallèles gagne du terrain chez les scientifiques). Il s'agit bien de la duplication de tout l'Univers et de ses galaxies et non d'une petite portion. Est-ce un besoin irrépressible de se débarrasser des problèmes philosophiques posés par la mécanique quantique?  


Liens: wikipedia.org -Univers parallèle     astronomes.com -Les univers parallèles

fbon.free.fr -les univers parallèles et les voyages temporels 
science-et-magie.com -Les Univers parallèles multiples, divergents ou supérieurs

ovnisant.com -la théorie des univers parallèles ou multiples et leurs différents niveaux

pearltrees.com -univers parallèles      spirituellotus.xooit.com -Les mondes multiples divergents

besoindesavoir.com -L’hypothèse des univers parallèles gagne du terrain chez les scientifiques

 

8) Faisons le point sur cet article.

Nous sommes partis du cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900, puis de la naissance de la physique quantique et de son interprétation orthodoxe. Nous avons été amenés à nous poser la question: et... si la science n'avait rien à dire sur la réalité? Nous avons alors examiné diverses interprétations et théories qui veulent aller plus loin que l'interprétation orthodoxe pour expliquer l'apparence de notre monde et donner une chance de survie au réalisme classique, depuis Le réalisme non physique jusqu'à la théorie des mondes parallèles. 

Mais puisqu'il y a plusieurs façons d'interpréter la physique quantique, chacune se divisant en plusieurs sous-interprétations, toutes reposant sur le même formalisme, pourquoi en choisir une plutôt qu'une autre? Nous examinerons cet aspect de la question dans la deuxième partie de l'article qui traitera de cette nouvelle physique et ses rapports avec l'apparence du monde qui nous entoure et nous nous demanderons aussi pourquoi faut-il la faire connaître pour faire reculer l'obscurantisme?


Mes liens pour les articles "notre existence a-t-elle un sens?"

14:06 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/08/2012

5) partie 2 Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.


Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie: 
Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.

La non-localité

 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

 

 

En préambule, Edgar Morin nous parle du réel...

 

 

À l'occasion des représentations de Enter the Ghost, d'après l’essai de Pier Paolo Pasolini Contre la télévision, de la compagnie la Llevantina (au Forum de Blanc-Mesnil du 15 au 17 novembre), Marie-José Malis, metteur en scène, était l’invitée du débat du dimanche 11 novembre aux Phares sur le thème « Qu'est-ce que la réalité ? ». Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par la fin : la réalité est ce paradoxe à la fois ineffable et dont on peut parler pendant deux heures. C’est un peu court ? C’est trop long ? À vous de juger.

En guise d’introduction, Marie-José Malis explique que Pasolini fait référence à deux émissions vues à la télévision italienne : un reportage sur saint François d’Assise et une émission littéraire. Il s’indigne de la façon dont la télévision traite la réalité, selon lui avec vulgarité voire avec haine. Pour le metteur en scène, la question devient : « Comment inventer un régime d’images qui puissent rendre compte de la réalité ? » Pour cela, il convient de trouver des outils pour distinguer le réel de la réalité, quelque chose qui résisterait à la domestication de la réalité, et que l’on nomme justement « le réel ». Comment accéder à ce réel de la réalité ?

Le débat engagé, la première intervention fut pour signaler qu’on ne voit le réel qu’à travers un prisme – le nôtre – et qu’en conséquence, on ne pouvait approcher LE réel en soi. En effet, la réalité vécue comme une représentation, et représentée, n’est déjà plus le réel. À chacun sa réalité. La seconde intervention distingua le réel comme « plus objectif que la réalité » qui, elle, serait une notion personnelle. Mais quelle notion n’est pas personnelle ? demanda l’animateur. Un troisième intervenant affirma que la réalité ne se distinguait pas de l’apparence ; un autre, que la réalité est ce qui excède tout ce que l’on peut en dire, ce qui existe indépendamment de soi (le temps, l’espace,…). La représentation ne serait qu’une subjectivité moins englobante que cette transcendance qui, selon Jaspers, embrasserait le morcellement du réel. Bref, autant demander à un poisson rouge de décrire l'eau de son bocal. La réalité s’annonce comme une notion « trop compliquée à définir », et je pensais que c’est peut-être une chance, car ce sont précisément ces notions-là qui font le miel des cafés-philo.

 

 

1) Résumé de l'article précédent

 

 

 


Après les réflexions exprimées dans les premiers articles,nous avons commencé par évoquer le cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900wikipedia.org -années 1900 en scienceLe déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche: "Rien de nouveau ne sera désormais découvert en physique. Les seuls progrès consisteront en des mesures de plus en plus précises." Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir.

Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quantaMais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet pho-électrique.  Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, mais cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait alors largement cette théorie. Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens ainsi que le rapporte Banesh Hoffmann qui fut l'élève d'Einstein, dans "Létrange histoire des quantas". Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau. Ainsi, après la lumière, les quanta sont passés dans la matière. Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Une incertitude fondamentale existe donc dans la nature. On ne peut donc connaître de façon précise tout à la fois la position et la vitesse d'une particule.  La réalité est, en fait, bien plus étrange: on ne peut pas dire que les particules aient une position et une vitesse lorsqu'on ne les observe pas.

Nous avons aussi appris dans cet article que l'électron (et la matière en conséquence), interfère avec lui-même.  Tout se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps dans l'expérience et d'interférer avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes". Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets. Non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.

lien: wikipedia.org -Postulats de la mécanique quantique 

initiationphilo.fr -LE MONDE QUANTIQUE L’INTERPRÉTATION DE COPENHAGUE

larecherche.fr -L'erreur d'Einstein Le monde quantique, une question de perspective

 

2) Le paradoxe EPR et la découverte de la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité.

 

philippe.boeuf.pagesperso-orange.fr -congrès de Solvay 1927 

maths-et-physique.net -une vidéo du congrès de Solvay en 1927

 

a) La controverse Einstein-Bohr. Nous avons découvert au chapitre 1) et dans l'article précédent les premiers "ravages" de la physique quantique, mais le pire était à venir. Niels Bohr pensait que la physique quantique était complète. Il défendait sa validité et sa portée universelles en estimant qu’elle ne pourrait pas être améliorée  et que la représentation de la réalité qui en découlait était la meilleure possible. Mais cette représentation était trop floue pour Einstein qui considérait qu’elle ne pouvait être qu’une théorie approximative, provisoire et vouée à être un jour dépassée. Leurs convictions respectives étaient dictées par des visions différentes de la nature de la réalité et de la manière dont le physicien peut en rendre compte (voir Einstein, Bohr et la mécanique quantique). Einstein réfutait les idées de Bohr en mettant au point des "expériences de pensée" dont le simple énoncé devait démontrer que la physique quantique était incomplète et Bohr démontrait illico que la physique quantique répondait à ces objections et donc gardait son statut de théorie achevée. 

La cible prioritaire d'Einstein était le principe d'incertitude ("Dieu ne joue pas au dés" disait-il). Werner Heisenberg a témoigné de l'intensité de ces "joutes intellectuelles" durant le célèbre congrès de Solvay. Ce cinquième Conseil international Solvay, en octobre 1927, dont le thème intitulé « Électrons et Photons » portait principalement sur la mécanique quantique : dix-sept des vingt-neuf personnalités présentes à ce congrès (soit plus de la moitié) étaient ou allaient devenir lauréats du prix NobelC'est à cette occasion qu'eurent lieu les échanges entre les représentants de l'« école de Copenhague » (Bohr, Heisenberg, Ehrenfest, etc.) et d'autres physiciens (Einstein, Schrödingerde Broglie notamment), partisans d'une physique quantique à caractère déterministe. Ce congrès se déroula à l'Institut de physiologie du parc Léopold, aujourd'hui bâtiment principal du Lycée Émile Jacqmain, près du Parlement européen à Bruxelles. Heisenberg raconte: "Nos controverses commençaient en généra tôt le matin, Einstein nous exposant au petit déjeuner une nouvelle expérience idéale susceptible de contredire le principe d'incertitudeBien entendu, nous commencions immédiatement à analyser cette expérience; et sur le chemin vers la salle de conférences, où j'accompagnais en général Bohr et Einstein, un première clarification de la question posée et de l'affirmation formulée était réalisée. Au cours de la journée, de nombreuses discussions étaient menées sur ce problème, et en général nous arrivions le soir à un point où Bohr prouvait à Einstein, au cours du dîner, que l'expérience envisagée ne pouvait pas aboutir à une réfutation du principe d'incertitude. Einstein était alors quelque peu inquiet, mais déjà le matin suivant, au petit déjeuner, il avait une autre expérience idéale, toute prête, à nous proposer, plus compliquée que la précédente, et à son avis susceptible de démentir définitivement le principe d'incertitude. Celle-ci devait elle aussi échouer le soir même..." Les remarques que lui faisait Paul Ehrenfest sur son attitude vis à vis de la théorie quantique le firent certainement réfléchir. Il mit une sourdine à ses attaques, mais ne renonça pas. Huit ans après, en 1935, il pensa frapper le coup décisif avec le "paradoxe EPR", du nom d'Einstein et de deux de ses collaborateurs, Boris Podolsky et Nathan Rosen


b) Le paradoxe EPRLeur article, l'un des plus célèbres de l'histoire de la physique, s'intitule: "Peut-on considérer que la mécanique quantique donne de la réalité physique une description complète?" Au terme de l'article, Einstein a dû savourer cette phrase: "nous nous voyons contraints de conclure que la description de la réalité physique donnée par les fonctions d'onde n'est pas complète". 

Le paradoxe EPR, abréviation de Einstein-Podolsky-Rosen, est une expérience de pensée, élaborée par Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen, dont le but premier était de réfuter l'interprétation de Copenhague de la physique quantique. L'argument EPR, tel que présenté en 1935, est fondé sur le raisonnement suivant.

Tout d'abord il faut rappeler que le principe d'indétermination interdit de connaître simultanément la valeur précise de deux quantités physiques dites incompatibles (typiquement, la vitesse et la position d'une particule). Plus on mesure avec précision une quantité, plus la mesure de l'autre est indéterminée.En conséquence de ce principe, EPR en déduit deux affirmations mutuellement exclusives :

  1. Soit la description de la réalité donnée par la mécanique quantique n'est pas complète.
  2. Soit les deux quantités physiques incompatibles n'ont pas simultanément une réalité objective.

L'interprétation de Copenhague arrive à la conclusion que 2) est vrai et 1) est faux, alors que EPR entendent démontrer que 1) est vrai et 2) est faux.

Pour cela, ils mettent au point une expérience de pensée qui mène à la détermination simultanée de deux quantités physiques non-commutables, et donc à la conclusion que 2) est faux et par conséquent (les deux affirmations étant mutuellement exclusives) que 1) est vrai. Pour démontrer que 2) est faux, il est indispensable de définir précisément ce qu'est la notion de « réalité » d'une quantité physique (par exemple la « position »). EPR mettent en évidence une condition suffisante de « réalité » :

  • Si, sans perturber en aucune manière l'état d'un système, on peut prédire avec certitude (avec une probabilité égale à l'unité) la valeur d'une quantité physique de ce système, alors il existe un élément de réalité correspondant à cette quantité physique.

Le « dispositif expérimental » (de pensée) proposé en 1935 est assez complexe, mais peut être décrit de manière plus simple sans en changer l'esprit. Soient deux photons P1 et P2 intriqués de manière à avoir un moment angulaire total égal à zéro (spins anti-corrélés). Les deux quantités physiques non-commutables utilisées dans le raisonnement sont : 1) Le spin mesuré selon une direction Sx  2) Le spin mesuré selon une autre direction Sz. Si on mesure P1 selon Sx, alors - sans aucunement perturber P2 (on suppose le principe de localité) on connaît nécessairement la mesure de P2 selon cet axe (l'opposé). De même, si on mesure P2 selon Sz, alors - sans aucunement perturber P1, on connaît nécessairement la mesure de P1 selon cet axe (l'opposé également). Donc, la mesure de P1 selon un axe et de P2 selon l'autre permet de prédire avec certitude la valeur des deux quantités physiques. Ces deux quantités possèdent donc une réalité objective, et par conséquent 2) est faux et 1) est vrai.Tel est le paradoxe formulé initialement par EPR.


Afin de prévenir toute critique, Einstein a identifié une faille possible dans sa démonstration: "On pourrait affirmer que la mesure de A ne modifie pas seulement l'état de A mais également celui de B. Dans ce cas, la mesure effectuée de la vitesse de B serait V'(B), vitesse de B après mesure de la position de A. On en déduirait un V'(A) qui serait différent de V(A), valeur de la vitesse de A au moment où on a mesuré la position de A. Dans ce cas, le principe d'incertitude serait toujours valable. Mais c'est impossible car dans notre Univers, on ne peut dépasser la vitesse de la lumière selon la relativité restreinte. Donc il suffit que A et B soient suffisamment éloignés et que les mesures soient effectuées de manière suffisamment rapides,  pour qu'aucun signal ne puisse , partant de A, atteindre B avant que la mesure soit effectuée. On peut donc mesurer A sans perturber aucunement la mesure de B". 

Niels Bohr répondit immédiatement. Sa réponse est relativement obscure (
Jean Staune), même pour des physiciens professionnels: "La question essentielle est celle d'une influence sur les conditions même qui définissent les types possibles de prédiction relatives au comportement futur du système." Il semble affirmer que la mesure sur une particule aura bien un effet sur l'autre, où qu'elle se trouve.

Einstein n'accepta jamais cette réponse. En effet, une telle influence doit être supra-lumineuse. "On ne peut échapper à cette conclusion (que la théorie quantique est incomplète), qu'en supposant que la mesure pratiquée sur une particule modifie (télépathiquement?) la situation réelle de l'autre particule, ou qu'en niant l'indépendance de situations réelles relative à des objets qui sont séparés spatialement les uns des autres. L'une et l'autre branche de l'alternative me semblent entièrement inacceptables." En effet, si lors de la mesure, les électrons sont suffisamment éloignés l'un de l'autre, un influence mutuelle doit être supralumineuse. Einstein soutenait le "principe de localité" et raillait cette "action fantôme à distance". En physique, le principe de localité, connu également sous le nom de principe de séparabilité, stipule que des objets distants ne peuvent avoir une influence directe l'un sur l'autre; un objet ne peut être influencé que par son environnement immédiat. Ce principe, issu de la relativité restreinte, a été précisé en ces termes par Albert Einstein.


c) Jonh Bell apporte une réponse.

C'est en 1965 que jonh Bell montra qu'un test expérimental était possible, non avec des positions et des vitesses, mais avec les polarisations des photons. La polarisation d'un photon est aléatoirement "+" ou "-" quand elle est mesurée dans une direction donnée. Il est possible d'émettre un couple de photons (photons corrélés) qui donneront des réponses identiques quand on mesure leur polarisation selon une même direction. Mais si on mesure la polarisation des membres d'un couple selon des directions différentes, cette corrélation disparaît. Jean Staune compare cette situation à celle de jumeaux participant à un jeu télévisé. Ils donnent exactement les mêmes réponses aux mêmes questions. Il est possible qu'ils aient les mêmes aptitudes et qu'ils aient acquis les mêmes connaissances durant leur vie. Mais si la corrélation entre leurs réponses  continue au fur et à mesure qu'on leur pose de nouvelles questions, alors, une hypothèse peut venir à l'esprit: les jumeaux communiquent entre eux d'une façon ou d'une autre. Lorsqu'on constate ce type de corrélation, soit les réponses au questions préexistaient dans le cerveau des jumeaux avant le début du jeu, soit c'est grâce à une communication au moment où on leur pose la question que la corrélation peut exister. 

Dans une première hypothèse, les deux photons possèdent dès le début une polarisation, qui si elle est mesurée dans une direction quelconque X, donnera la réponse "+" par exemple. Mais, comme cela est vrai quelle que soit la direction X, chaque particule devrait porter en elle les caractéristiques de polarisation relatives à toutes les directions à la fois, ce qui est en contradiction avec les principes de base de la physique quantique. Il faut en conclure, et c'est la position d'Einstein, qu'il existe des variables cachées, qui, si elle étaient connues, permettraient de prédire le résultat des mesures. Mais il existe une deuxième possibilité à laquelle Bohr osait à peine faire référence lorsqu'il parlait "d'influence sur les conditions de l'expérience". Les particules ne sont porteuses d'aucune polarisation durant leur parcours vers les instruments de mesure. A l'arrivée, lorsqu'une des particules répond, de façon totalement aléatoire, "+" par exemple, l'autre, de façon totalement coordonnée, répond la même chose. Si la mesure n'avait pas été effectuée sur la première, alors une mesure sur la deuxième particule aurait été totalement aléatoire. Mais si on observe la réponse "+" sur la première particule, on sait avec une certitude absolue que la deuxième particule répondra "+" aussi. Or, les deux particules peuvent être éloignées dans l'espace et les mesures effectuées de façon suffisamment rapprochées pour qu'aucun signa allant à la vitesse de la lumière de puisse "informer" la seconde particule qu'une mesure est effectuée sur la première. Comment savoir quelle est la bonne hypothèse? C'est à jonh Bell qu'on doit d'avoir montré dans son article de 1965 que si on pose la question aux deux photons: "quelle est la valeur de ta polarisation en direction X" pour l'un et "en direction Y" pour l'autre,  il existe des relations entre les résultats des mesures sur certains couples de photons, qui doivent être toujours être respectées si la première hypothèse est vraie. Ces relations sont exprimées par les "inégalités de Bell". Elles portent sur les résultats de séries de mesures effectuées sur des couples de photons dont la polarisation de chaque membre du couple a été mesurée dans une direction différente de son "jumeau". Si ces inégalités sont violées, c'est une démonstration de la fausseté de la première hypothèse (les particules portent en elles des propriétés bien déterminées avant la mesure). Il ne reste plus alors qu'à accepter la deuxième hypothèse. 

Ces inégalités permettaient de lever un des deux obstacles à la réalisation d'expériences EPR. Mais en 1964, les moyens techniques étaient toujours insuffisants pour mettre en place concrètement ce type d'expérience.


d) Les expériences d'Alain Aspect www2.cnrs.fr -Alain Aspect. Un éclaireur dans la lumière 

 

 

 

 

 

 

 

La réalisation d'expériences EPR a commencé à être techniquement envisageable à partir de 1969, un article ayant été publié montrant la faisabilité d'une expérienceDeux universités, Harvard et Berkeley, ont commencé à mettre en œuvre un protocole expérimental sur ces bases, et les expériences ont eu lieu en 1972Les résultats furent contradictoires. Le problème  était notamment une source de particules intriquées peu fiable et à faible débit. En 1976, la même expérience fut répétée à Houston avec une meilleure source de photons intriqués, de débit plus élevé. Mais aussi  ces expériences n'étaient pas assez élaborées pour évacuer la possibilité de corrélations qui serait dues à une influence ou à un signal quelconque, classique, de vitesse infra-luminique se propageant entre les deux particules. En 1980, il manquait donc encore une expérience décisive vérifiant la réalité de l'état d'intrication quantique, sur la base de la violation des inégalités de Bell.

Alain Aspect a spécifié son expérience pour qu'elle puisse être la plus décisive possible, c'est-à-dire :

  • Elle doit avoir une excellente source de particules intriquées, afin d'avoir un temps d'expérience court, et une violation la plus nette possible des inégalités de Bell.
  • Elle doit mettre en évidence non seulement qu'il existe des corrélations de mesure, mais aussi que ces corrélations sont bien dues à un effet quantique (et par conséquent à une influence instantanée), et non à un effet classique qui se propagerait à une vitesse inférieure ou égale à celle de la lumière entre les deux particules.
  • Le schéma expérimental doit être le plus proche possible du schéma utilisé par John Bell pour démontrer ses inégalités, afin que l'accord entre les résultats mesurés et prédits soit le plus significatif possible.

 

Rappel du schéma « idéal » de John Bell (source wikipedia)

Expérience « idéale » EPR

Le schéma ci-dessus représente le schéma de principe à partir duquel John Bell a démontré ses inégalités : une source de photons intriqués S émet simultanément deux photons nu 1 et nu 2 dont la polarisation est préparée de telle manière que le vecteur d'état de l'ensemble des deux photons soit :

|psi(nu 1,nu 2)rangle = {1 over sqrt{2}} left{ | uparrow , uparrowrangle + | rightarrow , rightarrow rangle right}

 

Alain Aspectphilippe Grangier et Gérard Roger ont mis au point une expérience de ce type à l'université Paris XI. En 1982, l'expérience livra un verdict implacable: si l"on choisit d'effectuer ces mesures sur les photons dans certaines directions, les résultats violent les inégalités de Bell. Einstein avait tort, le principe de localité vole en éclats. 

Ainsi, la prédiction la plus incroyable de la physique quantique était vérifiée. Un des fondements de la science classique et de toute conception "raisonnable" du monde et du réel (selon la conception d'Einstein), venait de disparaître. [Si, sans perturber en aucune manière l'état d'un système, on peut prédire avec certitude (avec une probabilité égale à l'unité) la valeur d'une quantité physique de ce système, alors il existe un élément de réalité correspondant à cette quantité physique].

liens: La controverse Bohr-Einstein:  irsamc.ups-tlse.fr -Einstein, Bohr et la mécanique quantique

yannick.bezin.perso.sfr.fr -Werner HEISENBERG PHYSIQUE ET PHILOSOPHIE (1955 – 1956)

www2.cnrs.fr -le débat bohr-einstein et l'intrication quantique à l'épreuve de l'expérience 
linternaute.com -Ce paradoxe avec lequel Einstein rejetait le hasard

eanpierrevarlenge.com -Duel au sommet (catégorie poids lourd !) : A. Einstein vs N. Bohr

lalibre.be -Le combat du siècle : Einstein face à Bohr Guy Duplat

en.wikipedia.org -Bohr-Einstein débats     wikipedia.org -Congrés de Solvay (1927)

webastro.net/forum -Vidéo émouvante du congrès Solvay de 1927

futura-sciences.com -Atomes et miroir pour une expérience de pensée quantique d'Einstein

wikipedia.org -Principe de localité (physique) (soutenu par Einstein)

Le paradoxe EPR: wikipedia.org -Paradoxe EPR

reynal.ensea.fr -Paradoxe EPR

astronomes.com -Le paradoxe EPR et la non-séparabilité

astrosurf.com/luxorion -Le paradoxe EPR

techno-science.net -Paradoxe EPR

futura-sciences.com -Le paradoxe EPR, ou paradoxe d'Einstein-Podolski-Rosen,

bibnum.education.fr -L’argument de Einstein, Podolsky et Rosen

plato.stanford.edu -L'argument d'Einstein-Podolsky-Rosen dans la théorie quantique

fruitymag.com -La non-localité et enchevêtrement

asmp.fr -3- La non-localité et la théorie de Bohm Jean Bricmont

futura-sciences.com -Paradoxe EPR : des signaux plus rapides que la lumière ? 
wikipedia.org -Variable cachée

wikipedia.org -Intrication quantique

wikipedia.org -Chat de Schrödinger

wikipedia.org -Inégalités de Bell

cours.espci.fr -LE « PARADOXE » EPR & L’INEGALITE DE BELL

youtube.com -Olivier Costa de Beauregard - EPR - 1998.mov

wikipedia.org -Bell test experiments

les expériences d'Aspect:

youtube.com -questions à Alain Aspect 17 mars 2012

wikipedia.org -Expérience d'Aspect     feynman.phy.ulaval.ca -les expériences d'Aspect

ch.hubert.pagesperso-orange.fr -EXPERIENCE D'ASPECT par Charles Hubert

admiroutes.asso.fr -Expériences EPR, interaction d'échange et non localité

gate.free.fr -SOURCESDELUMIEREPOUR L'INFORMATIONQUANTIQUE

feynman.phy.ulaval.ca -LES EXPÉRIENCES D'ASPECT

 

 

3) La non-localité.


Suite à ce résultat pourtant inouï, une grande réunion fut organisée et de nombreux ouvrages furent édités et le résultat fur vulgarisé, mais il ne se passa rien ou presque. Pourtant, dorénavant, toute théorie physique relative à la nature du monde se devra d'intégrer la non-localité. Jonh Bell lui-même l'a proclamé à plusieurs reprises dans "speakable and unspeakable in quantum mechanics": "nous ne pouvons que l'intervention sur l'un des côtés ait une influence causale sur l'autre"; "Certaines corrélations particulières sont localement inexplicables. Elles ne peuvent être expliquées sans action à distance"... Même Jean Brickmont, l'un des porte-drapeau des physiciens les plus rationalistes et matérialistes l'a reconnu: "La non-localité est une propriété de la nature établie à partir d'expériences et de raisonnements élémentaires, indépendamment de l'interprétation que l'on donne au formalisme quantique. Par conséquent, toute théorie ultérieure qui pourrait remplacer la mécanique quantique devra également être non-locale". 

Il y a deux façons de considérer le phénomène: soit il s'agit d'une influence qui ne peut être véhiculée par de la matière ou de l'énergie, car elle ne pourrait pas aller plus vite que la lumière, et qui s'exerce d'une particule sur l'autre (on parle alors de non-localité), soit, comme le pensent une majorité de physiciens actuels, les deux particules forment un seul et même objet, même lorsqu'on les mesure dans des instruments pouvant, en théorie, être séparés par des milliers de km. Dans ce cas on parle plutôt de non-séparabilité, car les particules ne peuvent être séparées (tant qu'on n'a pas fait de mesure sur elles). Les deux descriptions sont équivalentes (selon Bernard d'Espagnat) car dans les deux cas, une violation de la séparabilité einsteinienne nécessite une interaction instantanée à distance, soit entre deux systèmes distincts, soit à l'intérieur d'un seul et même système étendu à tout l'espace. Il n'y a donc pas d'échappatoire possible: "nous sommes conduits à réviser radicalement nos conceptions relatives aux fondements même de la réalité" (Jean Staune).


"C'est la raison pour laquelle ce résultat est d'une telle importance: Il s'agit d'une évolution majeure de nos connaissances. Au-delà de cette expérience, toutes une série de visions du monde ne sont plus valables..." (Jean Staune). Alors pourquoi chacune ne ne parle t-il pas de la non-localité? Sans doute pour les mêmes raisons qu'il a fallu deux siècles pour  nommer le VXIè siècle, le "siècle de la révolution copernicienne", d'autant plus que nous sommes dans une période de changement de paradigme, et même les esprits les plus brillants abandonnent avec réticence les concepts sur lesquels reposent leur vision du monde. Pour Jean Staune, aujourd'hui, de nombreux physiciens tendent à diminuer l'importance de la non-séparabilité, voire racontent-ils des choses fausses à son sujet. Ainsi jean Brickmont Peut-il écrire: "La majorité des physiciens n'est pas dérangée par le paradoxe EPR. Mais cette majorité se divise en deux types. Ceux du premier type expliquent pourquoi cela ne les dérange pas. Leurs explications tendent à être entièrement à côté de la question ou à contenir des assertions dont on peut montrer qu'elles sont fausses. Ceux du deuxième type ne sont pas dérangés et refusent de dire pourquoi. Leur position est inattaquable (il existe une variante de ce type qui dit que Bohr a tout expliqué mais refuse de dire comment)." 

La désinformation la plus grave consiste à affirmer: "il n'y a aucune action à distance dans les expériences de type EPR" et à ne rien rajouter. On peut dire cela, à condition d'accepter que les deux particules forment un seul et même objet même lorsqu'elles sont dans des instruments de mesure séparés par de très grandes distances. Comment, dans une telle situation, parler d'action d'une particule sur l'autre puisqu'il n'y a plus qu'un seul objet. Il faut donc rajouter dans ce cas, que nos concepts familiers relatifs à l'espace et au temps doivent être remis en cause beaucoup plus profondément que s'il y avait une action fantôme.

Un exemple emblématique d'un scientifique effectuant ce type de démarche est celui du prix Nobel de physique Murray Gell-Man. Dans un ouvrage de vulgarisation, il affirme: "nul signal ne passe d'un photon à l'autre. Il n'y a aucune action à distance", laissant ainsi le lecteur penser que rien ne vient perturber notre vision du monde. Ce qui paraît incroyable, c'est qu'il est l'auteur, avec Jim Hartle d'une interprétation de la mécanique quantique visant à à restaurer l'objectivité forte (La nature possède une réalité objective, indépendante de nos perceptions sensorielles ou de nos moyens d'investigation). Or, dans ce cas, l'action à distance est la seule interprétation possible, comme l'a montré Bernard d'Espagnat!
A l'inverse, Jean Bricmont, tout en pourfendant le rapprochement de la science et de la religion, est d'une lucidité et d'une honnêteté irréprochables: il compare la non-localité à magicien (il ne s'agit que d'une analogie) capable d'agir à distance sur une personne en manipulant son effigie quelle soit la distance qui les sépare. Certes, on ne peut pas transmettre d'information en utilisant la non-localité, "mais les autres aspects sont bien là et ils sont déconcertants: instantanéité, individualité, non-décroissance avec la distance [...] contrairement à toutes les forces connues en physique [...] se propage plus vite que la vitesse de la lumière."  Et Brickmont n'hésite pas à parler de propriétés "magiques" de la non-localité. 


Pour conclure cet article, rappelons ce que disent Sven Ortoli et Jean Pierre Pharabod: "La physique quantique porte en elle les germes d'une immense révolution culturelle qui, pour le moment, n'a été réalisée qu'à l'intérieur d'un petit cénacle de scientifiques." Alors, la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité?


Dans le prochain article, nous continuerons notre quête avec l'aide de Jean staune: vers un réalisme non physique...

 

liens non-localité et intrication quantique:

br -Interventions dans le débat qui a suivi la conférence d'Alain Aspect

wikipedia.org -Principe de localité (physique)

outre-vie.forumactif.com -physique quantique: le principe de non localité

asmp.fr -La non-localité et la théorie de Bohm Jean Bricmont

unige.ch -De la non-localité ou le problème EPR2

forums.futura-sciences.com -non localité/intrication quantique

canal-u.tv/video -LA PHYSIQUE QUANTIQUE (SERGE HAROCHE)

chaouqi.net -La non-séparabilité

avec jonh wheeler: Un tour de magie quantique dans le passé avec des photons intriqués ?

wikipedia.org -Intrication quantique    futura-sciences.com -Intrication quantique

it.scribd.com -Bell-John: Speakable And Unspeakable In Quantum Mechanics

cortecs.org -Physique quantique, implications philosophiques et affaire Sokal par Jean Bricmont

scribd.com -Jean-Bricmont: CONTRE LA PHILOSOPHIEDE LA MECANIQUE QUANTIQUE

intelligence -Le quark et le jaguar. Voyage au coeur du simple et du complexe

vincent.devictor.free.fr -L’objectivité,dans,la,recherche,scientifique

cairn.info -Kuhn et le problème de l’objectivité

 

Mes liens pour les articles "notre existence a-t-elle un sens?"

12:57 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/08/2012

5 Partie 1) Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.


Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie:
Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.

 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Je consulte souvent aussi:

astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

 

En exergue: "Quiconque n'est pas choqué par la mécanique quantique quand il la découvre ne l'a certainement pas comprise." Niels Bohr

1) Cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900wikipedia.org -années 1900 en science.

 

astrosurf.com -l'expérience e Michelson et Morley

a) -Nous vivons dans un univers où le temps, l'espace, l'énergie et la matière forment le cadre de ce qui est.

-Le principe de causalité règne en maître absolu: tout ce qui se produit dans l'univers a une cause physique. Selon ce principe, l'idée qu'une action effectuée à un endroit puisse avoir un effet à un  autre endroit sans que le moindre lien existe entre les deux est absurde.


En physique, le principe de causalité affirme que si un phénomène (nommé cause) produit un autre phénomène (nommé effet), alorsl'effet ne peut précéder la cause. À ce jour, il n'a pas été mis en défaut par l’expérience, mais certaines théories envisagent une causalité inversée.

Le principe de causalité est une des contraintes réalistes imposées à toute théorie mathématiquement cohérente afin qu'elle soit physiquement admissible.


-L'Univers repose sur des bases sûres telle que les notions de force, de "trajectoire" et de point matériel, claires et distinctes et qui permettent de comprendre comment il fonctionne.

-Le réductionnisme est une méthode adéquate pour explorer la réalité.


b) Le déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche: "Rien de nouveau ne sera désormais découvert en physique. Les seuls progrès consisteront en des mesures de plus en plus précises." Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir. Or ces deux petits nuages deviendront deux tornades qui balayeront les conceptions de la physique de Newton: le relativité et la physique quantique. Dans ce article, nous examinerons d'abord la physique quantique.

 

 

 

 

 

liens: cpa34.midiblogs.com -Cartes Postales Anciennes de l'Hérault

wikipedia.org -Preuve ontologique de Gödel de l'existence de Dieu

patriceweisz.blogspot.fr -Dieu n'est ps phénoménal (la preuve ontologique de Gödel)

tribunes.com -Une démonstration divine

philoreligion.com -l'existence de Dieu cause première ou éternel retour?

revue-klesis.org -L’argument fantastique La preuve ontologique repose-t-elle sur une ambiguïté ?

sergecar.perso.neuf.fr -causalité et non-causalité

persee.fr/web -Notes sur le principe de causalité

persee.fr -Fin de siècle, fin des sciences

 

2) Des notions de base étranges.

Préambule: La lumière a constitué depuis l'Antiquité un objet central de recherche. Cependant ce n'est qu'au XVIIe siècle que les théories physiques de la lumière, c'est-à-dire l'étude de la lumière et des couleurs au sens où nous l'entendons encore aujourd'hui, connurent leur véritable essor. Nous présenterons donc tout d'abord le cadre historique, conceptuel et expérimental à l'intérieur duquel se sont constituées les théories de la lumière et des couleurs au XVIIe siècle. Nous nous attacherons ensuite à suivre à travers l'analyse des principaux phénomènes (interférence, diffraction, polarisation) les enjeux du débat entre théories ondulatoires et corpusculaires. Nous consacrerons la dernière partie aux aspects contemporains des théories de la lumière dans leur rapport avec la structure atomique et la mécanique quantique.


 


httblog.bessora.fr -la catastrophe ultraviolette

a) Le problème du rayonnement du corps noir. En physique, un corps noir désigne un objet idéal dont le spectre électromagnétique ne dépend que de sa température. Le nom corps noir a été introduit par le physicien Gustav Kirchhoff en 1862. Le modèle du corps noir permit à Max Planck de découvrir la quantification des interactions électromagnétiques, qui fut un des fondements de la physique quantique. La loi de Planck décrit l'émission d'un corps noir de température T : {{ mathcal{B}}}_lambda (T) = {2 h c^{2} lambda^{-5} over expdisplaystyle{hcover lambda k _{mathrm{B}}T} -1}.


A la fin du XIXè siècle, le problème du "rayonnement du corps noir" reposait sur les anomalies du spectre d'un corps noir lorsqu'il est chauffé. Le rayonnement qu'il émet se situe d'abord dans le visible, puis dans l'ultraviolet. Il était alors impossible d'établir une loi rendant compte à la fois des observations dans l'ultra-violet et dans l'infrarouge (deux lois donnaient des approximations  Approximations de la loi de Planck : lois de WienLoi de Stefan-Boltzmann). Ce problème, qui semblait mineur, déclencha le cataclysme conceptuel qui devait conduire à l'élaboration de la mécanique quantique.


Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quanta: le rayonnement du corps se fait par quanta (entités invisibles) contenant chacune une énergie égale à hv, v étant la fréquence de la radiation et h une constante égale à 6,62.10 (puissance-34) joules-secondes. L'énergie est donc émise de façon discontinue. Au départ, Planck lutta contre sa propre théorie en essayant de l'intégrer de force dans la théorie classique. Mais il fallait se rendre à l'évidence, il n'y avait pas d'autre moyen d'expliquer le rayonnement du corps noir. Georges Gamow a imaginé la vie dans un univers où la constante de Planck serait plus élevée dans Mr Tompkins au pays des merveilles.

"Pour le comportement quantique des particules, Gamow propulse à deux reprises Tompkins dans un monde où la constante de Planck est particulièrement élevée dans une jungle d'Afrique, proche de 1, ce qui amène l'employé à observer des boules de billard taillées dans de l'ivoire d'éléphant quantique ayant un étrange comportement : trajectoire probabiliste jusqu'au choc avec une autre boule de billard, incertitude sur la vitesse et la position... Et une fois la boule enfermée dans le triangle de bois, sa position étant ainsi réduite, sa vitesse explose et elle part dans tous les sens, selon une infinité de trajectoires, avant de traverser cette barrière qui, selon la théorie quantique, empêche de retenir longtemps une particule à un endroit précis.

Lors de son deuxième voyage dans ce monde, Tompkins part avec le professeur dans un safari à la recherche de cette jungle quantique, où ils peuvent observer d'étranges comportements animaliers : une mouche excitée va former un nuage probabiliste autour d'eux, semblable au nuage électronique des atomes, jusqu'à ce que la tapette, placée dans une zone de forte probabilité, finisse par tuer la mouche. Il y a aussi une illustration du phénomène de l'interférence avec une chasse : un groupe d'animaux rabattus (des tigres par des humains dans la version de Gamow, des gazelles par des lions dans celle de Stannard) sur une haie continue présentant deux trous (les fentes de Young), formera, passés cette haie, des zones de plus fortes présences, à l'image des interférences ondulatoires".

murdocsnook.deviantart.com/art/Interferences

b) Mais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet pho-électrique (La lumière peut créer un courant électrique en arrachant les électrons du métal), qui implique qu'elle soit constituée de corpuscules qui seront appelés "photons". Un électron est éjecté lors d'un choc avec un photon si celui-ci est porteur d'une énergie suffisante (E=hv), alors qu'aucun électron n'est éjecté, même si le nombre de photons incidents est important, lorsque l'énergie de photons est insuffisante. Ce résultat était encore plus surprenant que le premier car, si Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait largement cette théorie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fentes_de_Young

Les fentes de Young (ou interférences de Young) désignent en physique une expérience qui consiste à faire interférer deux faisceaux de lumière issus d'une même source, en les faisant passer par deux petits trous percés dans un plan opaque. Cette expérience fut réalisée pour la première fois par Thomas Young en 1801 et a permis de comprendre le comportement et la nature de la lumière. Sur un écran disposé en face des fentes de Young, on observe un motif de diffraction qui est une zone où s'alternent des franges sombres et illuminées.

Cette expérience permet alors de mettre en évidence la nature ondulatoire de la lumière.

On peut aussi réaliser cette expérience en mettant de l'eau dans un muret percé d'un trou de faible largeur. On observe un phénomène de diffraction: au-delà du trou, les vagues se répandent dans toutes les directions, alors qu'elles progressent en ligne droite si le trou est plus large. Si nous creusons deux trous de petite taille dans le muret, il y aura alors, au-delà du muret, deux phénomènes de diffraction, chacun centré sur un trou. Lorsque les vagues issues de ces deux trous se rencontreront, il se produira un phénomène d'interférence: à certains endroits, les vagues s'annuleront et l'eau sera calme (creux + bosse = plat), lorsqu'à d'autres, elles se renforceront (bosse + bosse = superbosse). Dans les creux, les ondes sont en opposition de phase, alors que dans les bosses, elles sont en phase.


Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens ainsi que le rapporte Banesh Hoffmann qui fut l'élève d'Einstein, dans "Létrange histoire des quantas": "Il est bon que le lecteur se rende compte par lui-même de la torture endurée par les physiciens de cette époque. Ils ne pouvaient faire autrement que de la supporter bon gré mal gré et erraient, ça et là, la mine sombre, disant d'une voix triste et plaintive que les lundis, mercredis et vendredis, ils  considéraient la lumière comme une onde, et les mardis, jeudis, samedis comme une particule. Les dimanches, tout simplement ils priaient."


c) Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau, et qu'ils passent de l'une à l'autre sans passer par des orbites intermédiaires. Ici intervient alors la quantification du moment cinétique vec{L} : selon l'hypothèse de Bohr :  L= nhbar n est un entier positif non nul, et hbar est la constante de Planck "réduite" (d'un facteur 2 pi). Seules les orbites ayant ce moment cinétique ne rayonnent pas : les orbites sont donc "quantifiées" par le nombre entier n positif. Cette relation s'écrit :

 

mrv=nhbar

 

 

Ainsi, après la lumière, les quanta sont passés dans la matière.


d) Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Le principe d'incertitude (ou principe d'indétermination) énonce que, pour une particule massive donnée, on ne peut pas connaître simultanément sa position et sa vitesse. La relation mathématique est :

Une incertitude fondamentale existe donc dans la nature. On ne peut donc connaître de façon précise tout à la fois la position et la vitesse d'une particule. Une première interprétation a été: si on veut "voir" un électron, il faut "l'éclairer", donc lui envoyer des photons, ce qui le perturbe et modifie sa vitesse. Heisenberg illustra son point de vue en reprenant l'idée du microscope développée par son ami Burkhard Drude. En relevant la trajectoire d'un électron explique-t-il, je peux anticiper sa position et sa vitesse future. Mais ses dimensions sont tellement petites que je dois l'éclairer avec une "lumière" de très courte longueur d'onde également, par exemple des rayons g. Heisenberg démontra ainsi que plus on essayait de préciser la position d'une particule plus son mouvement devenait incertain. L'énergie du rayonnement frappait l'électron et du même coup modifiait sa trajectoire. L'observateur "perturbait" en fait le système en cherchant à préciser les mesures de position et de vitesse. L'énergie absorbée par l'électron modifiait sa vitesse tandis que son mouvement dépendait maintenant d'un facteur extérieur. Un juste milieu devait être considéré, c'est le "principe de perversité", celui-là même qui imposera à Heisenberg la non-commutativité du produit des paramètres du mouvement.


La réalité est, en fait, bien plus étrange: on ne peut pas dire que les particules aient une position et une vitesse lorsqu'on ne les observe pas. La remarque de Michel Bitbol dans Mécanique quantique("se représenter l'indétermination quantique autrement"), peut aider à s'en faire une idée. Plutôt que d'incertitude, on devrait parler d'indétermination. Ce principe représente la première différence cruciale qui existe entre la physique classique et la nouvelle physique qui naît ainsi en ce début de XXè siècle, et qu'on appellera "quantique". Elle nous montre que l'observation n'est plus neutre, elle agit sur l'objet observé.

Mais un deuxième bouleversement se produisit lorsque, partant de l'idée que la lumière, considérée comme une onde, pouvait être également considérée comme formée de particules, Louis de Broglie montra en 1923 qu'il était possible d'attribuer une fréquence, et donc des ondes, aux particules matérielles. Cette "théorie ondulatoire de la matière" fut accueillie avec scepticisme, sauf par Einstein, mais des expériences la confirmèrent. Clinton Joseph Davisson et Lester Halbert Germer firent en avril 1925 une expérience permettant de prouver cette théorie et reçurent pour cela le prix Nobel en 1937.


liens: astrosurf.com -L'expérience de MICHELSON et MORLEY avec la physique classique

fr.wikipedia.org -Corps noir

subaru.univ-lemans -le rayonnement du corps noir

media4.obspm.fr -La loi de Planck décrit l'émission d'un corps noir de température T

sciences.univ-nantes.fr -Définitions et lois du rayonnement Thermique

wikipedia.org -Catastrophe ultraviolette

wikipedia.org -Diffraction wikipedia.org -Interférence wikipedia.org -Déphasage

wikipedia.org -Phase_(onde)

persee.fr -Banesh Hoffmann et Michel Paty, L'étrange histoire des quanta

wikipedia.org -Modèle atomique de Bohr wikipedia.org -Principe d'incertitude

conspirovniscience.com -Le principe d'incertitude d'Heisenberg stipule que l'univers n'est ni prévisible ni déterministe

futura-sciences.com -Inégalités de Heisenberg

chroniquantiques.wordpress.com -naissance de la mécanique quantique: le principe d'indétermination de Heisenberg

astrosurf.com/luxorion -Les relations d'incertitudes de Heisenberg

webastro.net/forum -L’interprétation de Copenhague

futura-sciences.com -se représenter l'indétermination quantique autrement (M. Bitbol)

res-nlp.univ-lemans.fr -Relation de L. de Broglie

wikipedia.org -Expérience de Davisson-Germer


3) Lorsqu'un électron se rencontre lui-même. La matière s'évanouit? Onde ou corpuscule?


simulation interférence d'onde quantique

Interférence d'onde quantique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

prodos.thinkertothinker.com -interférence

Remplaçons maintenant la source de lumière par un canon à électrons capable d'envoyer les électrons un par un et donc ne pouvant pas interférer avec d'autres électrons. Ils arrivent un par un sur l'écran, a priori de façon complètement aléatoire. Pourtant, au bout d'un certain temps, les électrons forment eux aussi, comme c'est le cas pour la lumière, des franges d'interférence sur l'écran.

Si on ferme une des deux fentes, alors les électrons se répartissent sur tout l'écran comme le feraient des boules matérielles lancées par un canon. Il serait tout de même stupéfiant que l'électron qui arrive sur une fente se pose la question "tiens l'autre fente est ouverte, donc je vais simuler le comportement d'une onde".

Mais par quelle fente passent les électrons lorsque les deux fentes sont ouvertes? Pour le savoir, un détecteur est installé sur les fentes (il s'agit d'un jet de photons qui interfère avec les électrons). On constate que les électrons passent soit par une fente, soit par l'autre (comme des boules matérielles) et que les figures d'interférence disparaissent. C'est le même résultat que lorsqu'une seule fente est ouverte.

En résumé: -Lorsqu'une seule fente est ouverte, les électrons recouvrent tout l'écran.

-Lorsque les deux fentes sont ouvertes, bien que les électrons aient deux fois plus de possibilités de franchir le mur, ils se concentrent tous dans des zones qui n'occupent que la moitié de l'écran.

-Lorsque les deux fentes sont ouvertes mais que l'on contrôle par quelle fente passe chaque électron, les électrons recouvrent à nouveau tout l'écran.


Tous se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps et d'interférer (se rencontrer) avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes".

Mesure : réduction du paquet d'onde; obtention d'une valeur unique; projection de l'état quantique

Si la mesure de la grandeur physique A, à l'instant t, sur un système représenté par le vecteur  | psi rangle donne comme résultat la valeur propre a_n,, alors l'état du système immédiatement après la mesure est projeté sur le sous-espace propre associé à a_n,:

|psi 'rangle=frac{hat{P}_n|psirangle}{sqrt{P(a_n)}}

Où P(a_n), est la probabilité de trouver comme résultat la valeur propre a_n, et hat{P}_n est l'opérateur projecteur défini par

hat{P}_n=sum^{g_n}_{k=1}|u_{n,k}rangle langle u_{n,k}|

Avec g_n, le degré de dégénérescence de la valeur propre a_n et les |u_{n,k}rangle les vecteurs de son sous-espace propre.

Ce postulat est aussi appelé "postulat de réduction du paquet d'onde".

L'électron-onde, "étalé" dans l'espace comme toute onde, devient instantanément un corpuscule très petit. Mais inversement, quand je ne l'observe pas, il "rejette" son masque de particule et revêt son masque d'onde. Pour Jean Staune, le côté irritant de cette situation, c'est que nous ne verrons jamais un électron sous sa forme ondulatoire, car il agit tel des élèves prenant une posture d'enfants sages lorsque le directeur ouvre la porte et ne reprenant le chahut qu'après son départ. Seules des expériences telles celles que nous venons de décrire, nous montrent, de manière indirecte, que l'électron paraît bien être dans un état ondulatoire lorsqu'il n'est pas observé. Steven Ortoli et Jean pierre Pharabod, eux, utilisent l'image du poisson soluble. Un poisson nage dans une mer boueuse: le pêcheur ne le voit pas. Pour la physique quantique, le poisson n'est pas en un point précis, il est "dissous" dans la mare, c'est un poisson soluble. C'est uniquement quand on le pêche qu'on le trouve.De même si on le rejette à l'eau, se re-dissout-il!
Construisons maintenant une représentation de l'expérience:
1) lorsqu'une seule fente est ouverte, les électrons sont ondulatoires dès qu'ils quittent le canon et passent en état ondulatoire par la fente ouverte. Ils diffractent, ce qui leur permet d'aller sur tout l'écran.
2) Lorsque les deux fentes sont ouvertes, "il n'y a pas d'autre issue possible, la dure conclusion est inévitable...que nous le voulions ou non, cet électron isolé est passé par les deux ouvertures  en même temps, et à la sortie, il a interféré avec lui-même." Bien sûr, il ne se coupe pas en deux, mais il y passe sous forme ondulatoire.

3) Lorsque le contrôle est mis en place sur les fentes, un première réduction du paquet d'ondes a lieu? L'électron se réduit et passe par une fente et une seule sous forme de particule. Dès qu'il a quitté la fente, il redevient sous forme ondulatoire, mais il ne peut plus interférer avec lui-même, étant passé sous une seule fente. il ne peut que diffracter. Le résultat est le même que si une seule fente est ouverte.
Ce qui vient d'être dit est vrai pour toutes les particules. En fait, il s'agit d'une première approche de la mécanique quantique et la réalité est même plus étrange et complexe: selon le principe de complémentarité de Bohr, il faut imaginer que l'électron est à la fois onde et particule (ce que Bohr aurait considéré comme dénué de sens). On ne peut donc même plus se représenter ce que l'électron (ou tout autre particule) est réellement, sa nature est contradictoire avec le sens commun...

wikipedia.org -Chambre à bulles


Mais qu'en est-il des atomes? Eux aussi permettent d'obtenir, en les projetant sur des cristaux, des phénomènes de diffraction et d'interférence: ce sont des ondes eux aussi quand on ne les observe pas. Ainsi, ce que l'on pouvait croire uniquement du domaine subatomique concerne aussi les atomes. Or les nous et les objets qui nous entourent sont constitués d'atomes. C'est ce qu'on traduit Ortoli et Pharabod dans "Le cantique des Quantiques": Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets." Mais non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. Quand l'électron n'est pas observé, il n'a pas de trajectoire puisqu'il est partout à la fois. Mais si on le place dans un dispositif tel qu'une chambre à bulle, on fera alors apparaître une trajectoire en interagissant avec lui.

Autre conclusion: il est impossible de prévoir en quel point de l'écran un électron particulier va arriver, même si on connait avec la plus grande précision les caractéristiques du canon à électrons, car la réduction du paquet d'ondes est un phénomène aléatoire. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.

 

liens: sciences.univ-nantes.fr -physique quantique

wikipedia.org -Interférences à un seul électron wikipedia.org -Diffraction

colorado.edu/physics -Interférence électronique

rsta.royalsocietypublishing.org -Electron interference: mystery and reality

futura-sciences.com -Choix retardé : quand la mécanique quantique "agit" sur le passé

forums.futura-sciences.com -onde ou particule?

matierevolution.fr -Qu’est-ce que la dualité onde-corpuscule

res-nlp.univ-lemans.fr -Dualité onde-particule et principe de Heisenberg

cours.espci.fr -« DUALITE ONDE-CORPUSCULE » - LES ONDES DE MATIERE

mon.ftp.a.moi.chez-alice.fr -dualité onde particule

etudes.ecp.fr/physique -Dualité onde-corpuscule

158.64.21.3/physics -Dualité onde - corpuscule

ensta-paristech.fr -Conséquences de la dualité onde-corpuscule

moodle.insa-toulouse.fr -Les Postulats. Le Principe de correspondance

wikipedia.org -la réduction du paquet d'ondes

tourgueniev69.tripod.com -Le principe de réduction du paquet d'ondes réexaminé

wikipedia.org -Postulats de la mécanique quantique

culture-sf.com -Le cantique des quantiques : Le monde existe-t-il ?

 

Après cette rapide introduction à la physique quantique, nous allons faire connaissance dans le prochain article avec la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité...

21:27 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/08/2012

4) Notre existence a-t-elle un sens? 4) Vers de nouvelles "lumières"


Notre existence a-t-elle un sens? 4) Vers de nouvelles "lumières"


 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Je consulte souvent aussi:

astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

En exergue: "Notre science n'est plus ce savoir classique, nous pouvons déchiffrer le récit d'une nouvelle alliance. Loin de l'exclure du monde qu'elle décrit, la science retrouve comme un problème l'appartenance de l'homme à ce monde." Ilya Prigogine


 

Le XXè siècle a vécu en science un évènement rare: un changement de paradigme. Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Au xxe siècle, le mot paradigme était employé comme terme épistémologique pour désigner un modèle de pensée dans des disciplines scientifiques. L'emploi le plus répandu se trouve chez le philosophe et sociologue des sciences Thomas Samuel Kuhn qui l'utilisait pour désigner un ensemble de pratiques en science. Le terme est cependant souvent inapproprié et Kuhn lui-même préférait utiliser les termes de science exemplaire et de science normale qui lui semblaient contenir un sens philosophique plus exact. Cependant, dans son livre La structure des révolutions scientifiques, Kuhn définit un paradigme scientifique comme suit :

  • un ensemble d'observations et de faits avérés ;
  • un ensemble de questions en relation avec le sujet qui se posent et doivent être résolues ;
  • des indications méthodologiques (comment ces questions doivent être posées) ;
  • comment les résultats de la recherche scientifique doivent être interprétés.

Sur le plan scientifique, un paradigme est donc l'ensemble des règles et des conceptions, (ou des croyances!), qui constituent les fondements d'une science. Au "paradigme ptoloméen" qui fut en vigueur pendant plus de1500 ans, succédera le "paradigme newtonien" qui lui-même a été remplacé par "le paradigme einsteinien."


Comment un paradigme se substitue-t-il à un autre?

Examinons la thèse de Kunh sur la structure des révolutions scientifiques:

-Kuhn présente l'évolution des idées scientifiques comme le produit d'une dynamique discontinue, dont le cours s'organise en deux grandes phases alternatives : la science normale ("science classique" et la science extraordinaire

-Des crises se produisent du fait que la science classique ne parvient pas à expliquer certains faits.

-Une véritable révolution se produit: des concepts radicalement différents de ceux de la science classique apparaissent pour expliquer ces faits.

-Une bataille (parfois violente) se déroule alors, qui peut durer de quelques années à un siècle entre les tenants de l'ancien  et du nouveau paradigme.

-Puis le nouveau paradigme s'impose et sert de fondement à une nouvelle science qui deviendra à son tour classique.

Ainsi, l'évolution des sciences n'est pas " un long fleuve tranquille", mais une suite de crises: "[...] C'est plutôt une reconstruction de tout un secteur sur de nouveaux fondement, reconstruction qui change certaines des généralisations théoriques les plus élémentaires de ce secteur [... ] Quand la transition est complète, les spécialistes ont une tout autre manière de considérer leur domaine, ses méthodes et ses buts."

 

Scientifiques: Thomas Samuel Kuhn

wikipedia.org -La Nouvelle alliance (essai)

les-etats-d-anne.over-blog.com -le goût du risque par isabelle stengers (belles images)

matierevolution.fr -Les idées d’Ilya Prigogine

philosophie.philisto.fr -Les révolutions scientifiques

linternaute.com/video -Ptolémée et les cartes dailymotion.com/video -Ptolémée et les cartes

phi2080.uqam.ca -L’image du monde de Newton à Einstein

youtube.com -Albert Einstein - Comment je vois le monde (extraits 1-2)

cquantique.com -quantique_Nouvelle science, nouvelle spiritualité

er.uqam.ca -La philosophie des sciences après Kuhn par Robert Nadeau


2) Résistances aux changements de paradigme?

Le passage d'un paradigme à un autre est loin d'être un "fleuve tranquille", processus cumulatif, réalisable à partir de variantes de l'ancien paradigme. C'est plutôt une reconstruction  sur de nouveaux fondements, reconstruction qui change des généralisations théoriques les plus élémentaires. Quand la transition est complète, les spécialistes du domaine ont une toute autre façon de considérer leur domaine, ses méthodes et ses buts.

jcboulay.free.fr/astro -la nébuleuse du crabe

Mais les résistances au changement de paradigme sont nombreuses et empêchent souvent les scientifiques de voir les faits. Ainsi, lorsqu'en juillet 1054, une étoile explosa et devint pendant quelques jours la plus brillante dans le ciel, les astrologues occidentaux qui scrutaient les cieux l'avaient forcément remarquée, pourtant, aucune trace, aucun témoignage n'en subsistent. Car le paradigme dominant à l'époque était le paradigme aristotélicien qui affirmait que les cieux étaient immuables et une telle "anomalie" était impensable et les intellectuels de l'époque se sont dépêchés de l'oublier. C'est grâce aux archives des chinois, ancrés dans un autre paradigme, admettant les changements célestes, que nous connaissons la date exacte de l'explosion de ce qui est aujourd'hui la nébuleuse du crabe.

Certains problèmes peuvent bien être résolus dans le cadre d'un paradigme, alors que d'autres, qui paraissent au premier abord semblables, ne peuvent l'être que grâce à un autre paradigme. Ce fut le cas lorsqu'on détecta des anomalies dans l'orbite de mercure. On chercha une autre planète, comme on l'avait fait après la détection des anomalies dans l'orbite d'Uranus, ce qui avait permis de découvrir neptune. Mais on ne trouva pas d'autre planète. En fait, elle n'existe pas, les anomalies de mercure s'expliquent grâce à un autre paradigme: la relativité générale d'Einstein.

Certains concepts, refusés dans le cadre d'un paradigme, peuvent être à nouveau acceptés, mais d'une nouvelle façon, dans le cadre d'un autre paradigme. Ainsi, les alchimistes affirmaient que les éléments pouvaient se transmuter, que le plomb pouvait se transformer en or. Cette idée semblait totalement discréditée dans le cadre de la science et de la chimie du XIXè siècle. Mais aujourd'hui, les transmutations des éléments sont un phénomène quotidien dans les grands accélérateurs utilisés par la physique nucléaire, ce qui ne cautionne pas pour autant la démarche des alchimistes.

La science apparaît plus objective que la philosophie. Mais ce schéma d'évolution de la science (existence d'un paradigme, crise, déstabilisation du paradigme dominant, élaboration d'un nouveau paradigme, reconnaissance du nouveau paradigme), suppose en fait l'existence de nombreux phénomènes affectifs, voire obscurantistes comme les "excommunications" des hérétiques en science. Doit-on pour autant accepter les idées relativistes, telles celles de Feyerabend pour qui "tout se vaut" ou accepter des spéculations absurdes sous prétexte qu'il s'agit peut-être de nouveaux paradigmes à venir? C'est pour cette raison que je ne présente pas mes articles "au commencement du temps" comme étant scientifiques, ni comme des hypothèses, mais comme ma "lecture" du livre des frères Bogdanov, lecture qui me permet d'approfondir mes connaissances, de partager et de m'exprimer avec jubilation. Pourtant, la théorie de la dérive des continents de Wegener pouvait sembler farfelue avant la découverte des dorsales océaniques, montrant que les continents étaient comme des tapis glissant sur la lave présente sous l'écorce terrestre. L'existence en Afrique et en Amérique du Sud, de fossiles présents dans les mêmes couches géologiques aurait pu en faire réfléchir certains.

liens: jcboulay.free.fr/astro -M1, nébuleuse du Crabe NGC 1952

interpc.fr -Aistote, Descartes, Korzybski: trois visions de l'homme et du monde

wikipedia.org la sémantique générale de Alfred Korzybski

cosmosaf.iap.fr -la relativité générale

cairn.info -Feyerabend: Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance (1979)

wikipedia.org -Feyerabend: Anarchisme épistémologique

 

3) Nouveaux paradigmes au XXè siècle:

Ce siècle a vu surgir toute une série de nouveaux paradigmes, certains bien établis, d'autres en cours de gestation. Ils sont issus tout d'abord de l'infiniment petit avec la physique quantique et de l'infiniment grand avec l'astrophysique. Ils se sont ensuite étendus en logique, puis dans l'étude de la vis (biologie) et enfin dans celle de la conscience.

Dans les nouveaux concepts, il est question d'incomplétude, d'imprédictibilité, d'incertitude, d'indécidabilité... On pourrait croire qu'il s'agit d'un recul du savoir, d'une abdication de l'homme devant des mystères qui le dépassent. Au contraire, la méthode scientifique permet de savoir les raisons pour lesquelles nous ne savons pas et souvent, les raisons pour lesquelles nous ne saurons jamais certaines choses. C'est un renversement de perspective qui est u progrès un échec de la science. L'ancien paradigme (scientiste à mes yeux), était fondé sur le scientisme (le "nous ne sommes rien d'autre que des paquets de neurones" de certains neurologues) et refermait sur lui-même le réel. Les nouveaux paradigmes permette d'ouvrir d'autres conceptions que les sciences nous donnent de l'homme et de l'Univers. Malgré leur diversité, leur convergence nous permet de parler d'un nouveau paradigme global. Ce phénomène est semblable à celui du passage de la vision du monde du Moyen-Âge à celle des Temps Modernes, dont l'évolution des disciplines sur une longue période (et pas toutes en même temps) a permis l'apparition d'une nouvelle synthèse, la science classique ou moderne. Le passage de cette modernité à l'ensemble des nouveaux paradigmes est souvent appelé la "postmodernité".

Jean Staune décrit l'objectif ainsi son ouvrage: "examiner à la fois les éléments essentiels de cette mutation et dans quelle mesure ils renouvellent les réponses à la question: "notre existence  et celle de l'Univers ont-elles un sens, ou sommes-nous là par un pur hasard?"

liens: cquantique.com -Nouvelle science, nouvelle spiritualité

unisson06.org -Pour un Nouveau Paradigme : Introduction

journal-integral.blogspot.fr -A l'heure d'une crise systémique sans précédent, le pseudo-réalisme est une imposture


4) Structuration des articles qui vont suivre, principaux chapitres.

 

edelo.net/chaos -De la s.a. (science absolue) à la s.a.r.l. (science à rationalité limitée)


weblettres.net/blogs -tableau de Gauguin : D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Ou allons-nous ?

a) Qu'est-ce que le réel? Cet article traitera des fondements de la matière et de la physique quantique.

b) D'où venons-nous , où allons-nous? C'est à l'astrophysique que nous nous adresserons.

c) Sommes-nous ici par hasard? Nous verrons l'avis des théoriciens de l'évolution.

d) Qu'est-ce que l'homme? Une exploration des sciences du cerveau et de la conscience.

f) Les mathématiques ont-elles un lien avec une forme de transcendance? Sont-elles une simple construction de l'esprit humain ou ou existe-t-il un monde des mathématiques que nous découvrons progressivement et avec lequel l'esprit humain a un lien privilégié?


Quelques remarques sur cette structuration:

-Les théories actuelles en physique et en astrophysique ou en astronomie sont satisfaisantes pour l'ensemble des non-matérialistes, alors que celles qui dominent en biologie et en neurologie sont, elles favorables aux matérialistes. L'objectivité parfaite est impossible, surtout lorsqu'il s'agit d'interprétation, mais dans la démarche, il est important de se garder de toute idéologie pour ne se laisser guider que par les faits.

-Un décalage semble se perpétuer depuis 500 ans entre les progrès réalisés par les sciences de la matière et et ceux obtenus dans les sciences de la vie et de la conscience qui ont près d'un siècle de retard sur les sciences de la matière. La cause en est que les progrès des sciences de la vie dépendent en partie des moyens techniques fournis par les sciences physiques. L'apogée de la période classique en physique et en astronomie se place à la fin du XIXè siècle, alors que le sommet de cette même période classique dans les sciences de la vie et de la conscience ne date que de la fin du XXè siècle et nous y sommes encore.

-Des mutations fondamentales vont (donc?) se produire dans les sciences de la vie, parce qu'elle ont déjà eu lieu dans les sciences de la matière. Les biologistes et les neurologues refusent encore (dans leur majorité) tout nouveau concept  dans leur discipline provenant de la révolution ayant eu lieu en physique. Cela confirme la difficulté et la problématique que nous avons évoquée concernant les changements de paradigme. Mais il semble bien probable qu'une révolution conceptuelle traversera les sciences de la vie et de la conscience au XXIè siècle. En effet, les causes de cette révolution existent déjà. C'est comme un tsunami dont la vague se serait déjà formée, mais qui n'aurait pas encore atteint la côte. En effet, l'évolution du savoir, même s'il existe des décalages pouvant atteindre jusqu'à un siècle, est homogène dans le long terme. Et les molécules impliquées dans l'évolution de la vie dans le fonctionnement du cerveau sont des objets dont les modifications reposent sur des phénomènes quantiques.


liens: prismedetete.net -Les révolutions scientifiques : pipettes, équations et barricades

edelo.net -De la s.a. (science absolue) à la s.a.r.l. (science à rationalité limitée)

docteurangelique.forumactif.com -Qu’est-ce que le réel ? PAROLES DU PAPE BENOIT XVI

cafe-philo-des-phares.info -Qu'est-ce que la réalité ? par edgar morin

niarunblogfr.unblog.fr -derrière la théorie du chaos: un ordre strict

mlikahamdi.unblog.fr -mathématiques et discours politique!

sciences.blogs.liberation.fr -DIEU, HAWKING ET LA PHYSIQUE... HÉLAS !

maquerelleduvrai.hautetfort.com -Des miracles sans Dieu (de l'immanence et des mathématiques)

math.ens.fr -culture math Ressources pour les enseignants de mathématiques

blog.mysciencework.com -Mathématiques et Biologie au 21e siècle : nouvelles frontières interdisciplinaires

igdss.lu/medias/pdf -LES SCIENCES MATHEMATIQUES A L’AUBE DU 21e SIECLE

journal-integral.blogspot.fr -A l'heure d'une crise systémique sans précédent


A bientôt dans mon prochain article qu'est-ce que le réel?

journal-integral.blogspot.fr -A l'heure d'une crise systémique sans précédent

 

journal-integral.blogspot.fr -A l'heure d'une crise systémique sans précédent

 

 

 

10:01 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/07/2012

3) Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?


Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

 

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

En exergue: "Quoi! La condition humaine n'était pas le titre d'un grand ouvrage de philosophie? Je me rappelle l'étonnement, l'émotion, presque la colère, qu'un tel titre ait pu être disponible pour un roman, si poignant soit-il." Jean Fourastier

 

1) La philosophie et la question "comment vivre?."


wikipedia.org -Bible-le tanakh



univ-montp3.fr -La vierge contemplant le Christ mort

hindouisme-aum.skyrock.com- shiva

poesie-citation.fr -un sage chinois à la même époque que Confucius et de Buddha, vers le milieu du 4ème siècle av J.C.

seeraa.com -Introduction générale de Confucius en bref

wikipedia.org -Décalogue en hébreu

wikipedia.org -Décalogue de l'église réformée de Gléresse



Les 10 commandements

*Nous l'avons vu dans l'article précédent, une des caractéristiques fondamentales de l'homme est de s'interroger sur la nature et le pourquoi des choses ainsi que sur sa propre destinée. Avec la science, il y a 2 600 ans 2 000 ans, sont nées de nombreuses doctrines, indépendamment les unes des autres, mais répondant toutes à la question "comment vivre?"

Les grandes écoles philosophiques grecques.

Les textes de la Bible et des Evangiles.

Les différentes écoles de l'Hindouisme et les enseignements de Bouddha.

La doctrine de Lao-Tseu et la philosophie de Confucius.

Elles divergent sans doute sur le "pourquoi" des choses, mais, en revanche elles sont en accord sur la façon dont l'humanité doit vivre. On retrouve les Dix commandements sous une forme ou sous une autre dans toutes ces écoles de pensée.


*"Aucune de ces doctrines n'encourage le viol, le mépris de l'autre, mais toutes affirment que l'amour vaut mieux que la haine, la sincérité que le le mensonge, l'altruisme que l'égoïsme...". Cinq milliards d'hommes sur le six milliards vivant actuellement sur terre se rattachent directement ou indirectement aux valeurs propagées par ces textes, ce qui montre que l'humanité a reconnu que le réponse à la question "comment vivre?" se trouve dans cette voie. Mais il faut reconnaître que 2 500 ans d'histoire ont aussi montré qu'elle était incapable de l'appliquer.


*Dans l'article précédent, 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!), nous avons évoqué la montée en puissance de la science et le désenchantement qui en est résulté: C'était en partie pour délivrer leurs contemporains de la peur qui découlait de la croyance selon laquelle leur destin dépendait du bon vouloir des dieux que Démocrite, Leucippe, Epicure ont défendu leur théorie, la première "théorie atomique", qui explique la genèse du monde. Nous avons ainsi progressivement assisté au triomphe du "faire", et à des progrès fulgurants du "vivre" et de la technologie, mais le "comment vivre?" de toutes ces doctrines a plutôt été laissé-pour-compte:

-A la fin du XVIIIè siècle et au XIXè siècle: les ballons, les machines à vapeur, les trains, la compréhension des lois de l'électricité et du magnétisme.

-Au XXè siècle, les automobiles, les avions, le nucléaire, les satellites, l'informatique, les communications planétaires, les manipulations génétiques.


*Il reste donc une question fondamentale: celle de la condition humaine. Sommes nous, comme le pensent Jacques Monod, Francis Crick et Jean-Pierre Changeuxdes "paquets de neurones perdus dans l'immensité indifférente de l'Univers"? Ou existe-t-il un autre niveau de réalité que celui dans lequel nous vivons actuellement? Si oui, pouvons-nous entrer en contact avec lui, comment le pensent tours les grandes traditions de l"humanité?

 

doctrines: sandys.unblog.fr -Les grands courants de la pensée philosophique

philolatresne.free.fr -Philosopher pour s’ouvrir au monde

bible.catholique.org wikipedia.org -Bible bibliotheque.editionsducerf.fr -La bible de Jérusalem

wikipedia.org -Evangiles evangile-et-liberte.net -Les évangiles apocryphes

wikipedia.org -Hindouisme Choklinghindouisme-aum.skyrock -Shiva

wikipedia.org -Bouddha nidish.unblog.fr -Milarépa est un film tibétain, de Neten

wikipedia.org -Lao Tseu poesie-citation.fr -Lao-Tseu wikipedia.org -Tao-Te-King

wikipedia.org -Confucius seeraa.com -china-spirituality confucius ilm.free.fr -Confucius et la sagesse humaniste

wikipedia.org -Le Décalogue bibleetnombres.online.fr -Les 10 commandements selon la parole de DIEU

le comment vivre?

atheisme.free.fr -Quiconque s'agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi

scienceshumaines.com -Comment vivre sans Dieu ?

web-libre.org -Manipulation génétique : quand, comment et pourquoi?

societe-et-moeurs.oboulo.com -L'utopie de la communication, le mythe du "village planétaire"

 

2) La question fondamentale: la condition humaine.

internat.martinique.free.fr -La condition humaine - MAGRITTE

Cette question est certainement une des plus importantes qui se pose à nous actuellement. Comme on vient de le voir, le "comment vivre?" a déjà eu des réponses depuis des millénaires, même si je pense qu'il a été tout de même été laissé-pour-compte. Kant nous a rappelé qu'une société dans laquelle tout le monde mentirait, volerait ou mépriserait son prochain serait invivable. Certes, des questions cruciales se posent encore à nous: "comment guérir le cancer?", "comment nourrir tous les hommes"?, "comment remplacer les énergies fossiles?". Mais l'humanité a résolu la plupart des questions portant sur le fonctionnement de la nature et du corps humain.

Cette question a des implications sur la plupart des actes ne notre vie quotidienne.  Avec juste raison, Jean Staune nous met en garde: "regardez votre conjoint et imprégnez-vous de l'idée que votre amour ne reposerait que sur la sécrétion de quelques hormones. Regardez vos enfants et admettez, comme vous l'enseignera tout bon sociobiologiste que votre amour pour eux provient uniquement d'un gène choisi par la sélection naturelle".  Cela fait frémir. Le grand Erwin Schödinger a écrit (dans l'esprit et la matière): "Cher lecteur, ou mieux encore, chère lectrice, rappelez-vous les yeux brillants et joyeux avec lesquels votre enfant vous éclaire quand vous lui apportez un nouveau jouet, puis laissez le physicien vous dire qu'en réalité rien n'émerge de ces yeux; en réalité, la seule fonction objectivement décelable est d'être continuellement frappés par des quanta de lumière et de les recevoir. En réalité! Etrange réalité! quelque chose semble manquer en elle." En fait, j'ai du mal à me persuader que mes joies, mes peines, mes souvenirs, mon libre arbitre ne sont qu'un "truc de neurones". Je ne peux regarder une fleur, un papillon, un coucher de soleil en pensant que l'Univers est dépourvu de signification. Est-ce la signification de la boutade de Woody Allen: "Si Dieu n'existe pas, j'ai payé ma moquette beaucoup trop cher!"? Pour Saint Exupéry, une telle question sur la condition humaine peut certainement modifier tant notre environnement que notre vision de l'univers: "C'est là un bien grand mystère. Pour vous qui aimez aussi le petit prince comme moi, rien de l'Univers n'est semblable si quelque part, on ne sait où, un mouton que nous ne connaissons pas a, oui ou non, mangé une rose...Regardez le ciel. Demandez-vous: le mouton, oui ou non, a-t-il mangé la fleur? Et vous verrez que tout change... Et aucune grande personne ne comprendra jamais que que ça a tellement d'importance!"

En dernier lieu, la condition humaine est une question fondamentale, car, si les réponses à la question "comment vivre", apportées depuis les millénaires par des conceptions non matérialistes du monde s'avèrent être des illusions, les valeurs minimales à respecter ne vont-elles pas voler en éclat, au profit de conceptions d'apprentis sorciers désireux de modifier l'être humain et d'adeptes de l'intelligence artificielle désireux de nous remplacer par des robots?

 

3) Sauvegarder les valeurs? Comment?

 

 

Seule une transcendance peut servir de fondement. Si elle n'existe pas, il nous faut respecter "une morale sans fondement".

André Comte-Sponville a montré dans "morale sans fondement", que nous ne pouvions fonder nos valeurs et notre morale:

-Ni sur l'homme (comme le pensent les humanistes matérialistes) car il est capable du pire.

-Ni sur la nature (comme le pensent les écologistes) car elle est amorale.

-Ni sur l'histoire (comme le pensent les marxistes) car elle ne possède pas un sens précis.

-Ni sur la science (comme le pensent les scientistes) car, comme la nature, elle ne peut aborder les questions de morale.

Un philosophe comme André Comte-Sponville en est certainement capable, mais on peut douter qu'une société dans son ensemble le soit, si son unique cadre conceptuel est celui du "désenchantement du monde". D'autant plus que Luc Ferry a montré l'extrême difficulté, voire l'incohérence, qu'il y a pour un matérialiste à parler de morale: "Il est incohérent de se dire matérialiste et d'envisager la moralité des actes humains comme si elle pouvait dépendre d'une liberté qu'on déclare par ailleurs tout à fait illusoire. Par où il me semble qu'un matérialisme conséquent devrait toujours se borner à une "éthologie" sans jamais parler de morale autrement que comme d'une illusion plus ou moins nécessaire."


Saint Exupéry nous a déjà dit que l'humanisme matérialiste est sans issue et que le fondement de la liberté, de l'égalité et de la fraternité provient de notre "grande image de l'homme né de Dieu", en fait de la laïcisation d'un concept judéo-chrétien. Donc, si les fondements disparaissaient, toute forme d'humanisme risquerait bien d'être engloutie. Lorsque les religions dominaient les sociétés humaines, celles-ci n'étaient guère brillantes en termes de droits de l'homme, mais c'était bien parce que ceux qui les représentaient faisaient exactement le contraire de ce que disaient les textes sacrés qu'ils devaient enseigner!

Pour mieux en discener les effets, relisons Fédor Dostoïevski et la légende du grand inquisiteur. C'est un des plus profonds écrits sur la condition humaine. C'est l'un des points forts du roman et un conte philosophique remarquable de la littérature moderne traitant de la nature humaine, de la liberté et de la manipulation. L'auteur imagine que Jésus est revenu sur terre pour voir de plus près l'inquisition espagnole, cet épisode historique si peu conforme à son enseignement.

wikipedia.org -Ad maiorem Dei gloriam

Le Christ apparaît à Séville au Grand Inquisiteur, cardinal de l'Eglise catholique, qui vient de faire brûler une centaine d'hérétiques pour "la plus grande gloire de Dieu". Il s'ensuit un dialogue hallucinant. Le Grand Inquisiteur se charge à la fois des questions et des réponses, car Jésus reste silencieux. Il lui reproche de ne pas avoir cédé aux tentations du diable. Les hommes sont faibles, incapables d'assumer leur propre liberté. C'est pour le bien de l'humanité  que les hommes comme lui (tous ceux qui utilisé la religion pour asseoir leur pouvoir temporel), ont dû beaucoup travailler pour réparer la "bêtise" faite par Jésus lorsqu'Il a voulu rendre l'homme libre. Alors, le Grand inquisiteur finit par avouer qu' "ils" sont avec "l'autre" et non avec le Christ au nom duquel ils agissent. Malgré cet écart extraordinaire pouvant exister entre un texte religieux et les actes commis en son nom, la perpétuation de ces textes sacrés fait partie des tâches fondamentales d'une religion, avec l'espoir persistant que des nouvelles générations se rendent compte de la "trahison des clercs" et inversent la tendance.

Heureusement aujourd'hui, l'Eglise catholique est infiniment plus proche du message du Christ qu'elle ne l'était à l'époque des bûchers et de celle où le pape  était un Borgia, famille bien connue pour son goût du meurtre et de l'orgie. Quant à l'islam, il semble probable que l'ensemble des musulmans rejette un jour le meurtres commis au nom "d'Allah le tout miséricordieux", tout comme les chrétiens rejettent aujourd'hui les massacres commis au nom de jésus. Je pense que Jean Staune a raison de dire qu'il semble que pour l'humanité dans son ensemble (non pour un individu donné vivant sous le joug d'une inquisition ou d'un fondamentalisme tyrannique), il vaille mieux une civilisation non matérialiste, même dévoyée de manière temporaire par ses responsables, qu'une civilisation matérialiste parlant constamment des droits de l'homme, mais n'ayant rien pour la fonder dans le long terme. Civilisation non matérialiste ne veut pas dire forcément une religion, mais un système fondé sur une transcendance, une réalité plus profonde, dont le notre serait issu et dans lequel une partie des valeurs et du sens n'est pas une création humaine mais un "donné" venant de l'extérieur.

 

tour de Babel

La "légende" du Grand Inquisiteur de Dostoïevski va dans ce sens car elle ne dénonce pas seulement les religieux ayant trahi leur religion, mais ceux qui prétendront faire le bonheur de l'homme sur le plan strictement matériel et qui, pour cela, édifieront une société totalitaire dont Dieu aura été exclu.

C'est en effet saisissant de prophétisme lorsque le Grand Inquisiteur dit à Jésus: "Sais-tu que des siècles s'écouleront et que l'humanité proclamera par la bouche de sa science et de sa sagesse que le crime n'existe pas, et que, par conséquent, il n'y pas de pécheurs mais seulement des affamés. Nourris-les, et alors seulement exige d'eux la vertu! Voilà ce que l'on tracera sur l'étendard que l'on brandira contre Toi et qui détruira Ton temple. A sa place surgira un nouvel édifice: une terrible Tour de Babel [...] Jamais, jamais, les hommes ne parviendront à se nourrir sans nous! Aucune science ne leur donnera du pain aussi longtemps qu'ils resteront libres et ils finiront par déposer leur liberté à nos pieds pour nous dire: "Soumettez-nous à votre joug, mais nourrissez-nous." Ils comprendront enfin que la liberté et le pain terrestre pour tout le monde son incompatibles, car jamais, jamais, ils ne sauront se répartir le pain entre eux." En fait, le Grand Inquisiteur se révèle être un matérialiste  et là est son secret, dit Dostoïevski.

 

liens: wikipedia.org -Jésus-Christ wikipedia.org -Jésus de Nazareth

harunyahya.fr -Au nom d'Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux

islamfrance.com wikipedia.org -Islam wikipedia.org -Eglise catholique

 

4) "Notre existence a-t-elle un sens?"

 

 

La question "notre existence a-t-elle un sens?" est donc de la plus grande importance, car elle a un effet sur notre vie de tous les jours et peut-être la survie de notre civilisation dans le long terme en dépend-elle?

"Quoi! La condition humaine n'était pas le titre d'un grand ouvrage de philosophie? Je me rappelle l'étonnement, l'émotion, presque la colère, qu'un tel titre ait pu être disponible pour un roman, si poignant soit-il." Jean Fourastier.

Jean Fourastié a ébauché ce que pourrait être un "traité de la condition humaine", "le résumé de ce que l'humanité sait ou croit savoir d'elle-même et du milieu dans lequel elle vit." On peut aussi relire ce que dit Jean Staune, dans "Science et sens" -Rencontre entre les connaissances les plus récentes et des intuitions millénaires.

"Beaucoup des chapitres pourraient être écrits dès maintenant, auraient pu l'être ou même, l'ont été. Ce sont les synthèses qui manquent. Et surtout la conscience des lacunes et le consensus. L'ouvrage serait divisé en deux tomes: le milieu de vie (où sommes-nous?) et l'homme (que sommes-nous?). Dans le premier, on trouverait la description du cosmos, de la Terre, la géologie, la géographie, la flore et la faune; non seulement on nous ferait savoir l'essentiel pour nous de ces choses, mais on nous les ferait comprendre. On nous dirait pourquoi et comment elles sont là; pourquoi, comment, et dans quelle mesure nous formons -ou non - avec elles un même projet, dans un même "plan" rationnel, ou une même aventure. Le second tome traiterait de l'homme et des groupes qu'il forme: familles ethnies, sociétés, nation. On y trouverait les grands résultats de la démographie, de la biologie, de la génétique." Dans cet hypothétique "traité de la condition humaine", Fourastier décrit surtout les sciences exactes. C'est dans l'ouvrage dans lequel il évoque la nécessité d'un tel traité qu'il consacre une grand partie à analyser les religions et leur rôle dans la société humaine. En effet, religion et philosophie ne sont pas à même de donner des réponses argumentées aux questions portant sur la nature de l'homme et de l"Univers. Seule la science peut le faire.

Certes, les théories scientifiques évoluent, une conclusion établie sur la base d'une théorie scientifique peut se révéler fausse lorsqu'une théorie aura été remplacée par une autre qui en prend le contre-pied. Mais une multitude choses sont définitives en science. Par exemple, des conceptions comme la certitude que la Terre est au centre du monde, que le monde a été créé en moins de 10 000 ans, ou que le coeur et non le cerveau est le siège de notre conscience sont définitivement abandonnées. Nous sommes quasiment assurés que l'évolution des sciences ne leur redonnera pas une crédibilité. Si on ne peut pas dire que Platon soit plus proche de la vraie nature de l'Univers qu'Aristote, par contre, on peut dire que Newton est plus proche de la vérité que Ptolémée et qu'Einstein en est plus proche que Newton. C'est ce qui fait la force et l'intérêt de la science, qui peut permettre de répondre à la question fondamentale "notre existence a-t-elle un sens"?


En conclusion de ce chapitre, la condition humaine est certainement la question fondamentale. Si la science est à même d'apporter des réponses à la question Notre existence a-t-elle un sens?, Seule une transcendance peut servir de fondement pour vivre mieux notre condition humaine. Dans le prochain article, nous avancerons dans notre recherche... vers de nouvelles "lumières."


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01/07/2012

2) Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.

Mes articles déjà parus dans cette rubrique: Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan


h.wikipedia.org _Jésus-Christ

 

Exergue: "Tout ce qui existe dans l'Univers

est le fruit du hasard et de la nécessité." Démocrite.


1) Comment naquirent les dieux?

jeunes-cathos.fr -réalité invisible

urantia-gaia.info -Se situer dans la Grande Histoire

Pendant des millénaires, l'homme, face aux phénomènes inexpliqués ne pouvait faire autrement que d'en attribuer la cause à l'action de forces invisibles, qui, bien que ne faisant pas partie du monde, avaient un effet sur le monde. C'est ainsi que naquirent les dieux.

On peut le voir à travers deux concepts: l'existence de sépultures où l'on déposait des offrandes de nourriture auquel s'est très vite rajouté celui de la survie de l'homme après la mort. En effet, puisque le monde est agité par les actes d'esprits invisibles, impliquant l'existence d'un autre niveau de réalité que celui que nous percevons et où nous vivons, pourquoi ne pas penser que tout comme nous sommes apparus un jour dans ce monde (et puisque l'on constate l'arrivée d'êtres qui n'étaient pas là auparavant), lorsque nous le quittons, une forme de survie existe.

Dans toutes les grandes traditions religieuses de l'humanité, on retrouve ces deux concepts.

Le monde où nous vivons ne peut-être compris à partir de lui-même. Il est nécessaire de faire appel à un autre niveau de réalité dont on ne sait presque rien...sauf qu'il doit nécessairement exister, et dans ce cas, s'il y a une autre façon d'exister que que celle que nous éprouvons tous les jours, on peut penser que nous rejoignons ce niveau de réalité après notre mort. L'existence d'un autre niveau de réalité et d'un lien particulier entre l'homme et cet autre niveau de réalité apparaissent comme des intuitions majeures de l'humanité, présentes en tout temps et en tout lieu.

liens: wikipedia.org -Religions de la Préhistoire

anthropomada.com -La religion des primitifs par Edward Evan Evans-Pritchard

systerofnight.net -religion/html/préhistoire

journaldumauss.net -La Naissance des Religions par Yves Lambert

sergecar.perso.neuf.fr -L’idée de Dieu

atheisme.free.fr -Tableau chronologique des principales religions de -2000 à nos jours

asmp.fr -Niveaux de Réalité par Basarab Nicolescu

hologique.blogspot.fr -Comprendre la réalité invisible

blog.jeunes-cathos.fr -L’Ascension, l’art de voir l’invisible urantia-gaia- se situer dans la grande histoire

penseurs: Mircea -Eliade André Leroi-Gourhan Yves_Lambert Edward Evan Evans Pritchard

 

2) Le développement de la pensée rationnelle à partir des penseurs grecs.

 

 

C'est il y a environ 2500 ans que les premiers philosophes matérialistes ce sont attaqués à ces deux intuitions. Bernard Pullman a bien analysé leur but (qui était noble sans aucun doute): "La crainte devant les mystères du cosmos et les manifestations impressionnantes de la nature et la peur, plus obsédante, de la mort sont les compagnes inséparables des humains, et aucun bonheur véritable n'est possible aussi longtemps que leurs ombres se projettent sur notre existence. Il faut donc se délivrer de ces craintes. Or, quel meilleur moyen d'y parvenir que de montrer que ces mystères et ces manifestations sont explicables en termes d'une physique résolument et strictement mécaniste, dépourvue de toute finalité, ne mettant en jeu que des principes matériels et leurs interactions? Une telle élucidation des causes des phénomènes naturels, dont la mort n'est qu'un échantillon, doit servir de fondement à la construction d'une morale conduisant à la sagesse et au bien-être."


notre-planete.info Grand appollon sur oeillet de dieux

C'est donc pour délivrer leurs contemporains de la peur qui découlait de la croyance selon laquelle leur destin dépendait du bon vouloir des dieux que Démocrite, LeucippeEpicure défendent leur théorie, la première "théorie atomique", qui explique la genèse du monde dans lequel nous vivons, par l'interaction aléatoire de composants élémentaires: les atomes. Pour ces penseurs, il n'y a pas lieu de craindre les dieux, parce que le monde suffit pour expliquer le monde. Les dieux existent peut-être, mais ils n'interagissent nullement avec le monde, contrairement à ce que stipulent les conceptions écrites dans les légendes comme l'Iliade et l'Odyssée ou toutes celles qui existaient depuis des millénaires.

Le rejet de la deuxième intuition des traditions religieuses, (la survie après la mort), en découle logiquement: pour Epicure, "les châtiments de l'enfer ne sont pas à craindre parce que les âmes périssent après la mort et que l'enfer n'existe pas du tout". Quant à Lucrèce, il affirme: "Quand nous ne serons plus, quand sera consommée la séparation du corps et de l'âme dont l'union constitue notre être, il est clair que rien absolument ne pourra nous atteindre, nous qui ne serons plus". Ainsi, débarrassé de la peur des dieux et de la mort, l'homme peut mener une vie sage et responsable.

A cette époque, le matérialisme atomiste n'était qu'un hypothèse. Il fut considéré comme une spéculation plus ou moins extravagante au cours des siècles, en particulier au moment où le christianisme s'est développé et a distingué avec force le Créateur de la créature. En suivant la réflexion de ces penseurs grecs, on est amené à dire: "non, le tonnerre n'est pas une colère de Zeus; "non une bonne récolte n'est pas le fruit d'une récompense divine...non, les grandes épidémies ne sont pas dés punitions, mais sont liées à la propagation de microbes ou de virus; non, l'homme n'est pas physiologiquement différent d'un animal...".

DIEU EXISTE : je l'ai rencontré sur le web !

Il est extraordinaire de constater comment les siècles qui précèdent le notre ont brillamment confirmé cette intuition, depuis les grandes découvertes effectuées depuis la Renaissance et jusqu'à l'aube du XXè siècle: les évènements se produisant dans le monde physique peuvent être expliqués à partir de causes provenant elles aussi du monde physique. Selon cette intuition, Dieu n'intervient pas dans le monde et dès le XVIIè siècle, redécouvrant Démocrite et le dépassant grâce à l'avalanche des découvertes scientifiques, des philosophes ont pu affirmer que Dieu est une hypothèse inutile.

Il est intéressant de s'arrêter à la façon dont Jean Fourastier décrit la la vision du monde en fut peu à peu affectée: "La science du XIXè siècle et du début du XXè siècle reste ainsi dominée non seulement par l'espoir mais par la certitude d'expliquer par le réel tout le réel [...] Le mouvement de discrédit des surréels (populaires et savants)né des premières découvertes de la science expérimentale s'étendit en effet à la grande majorité de la population. Des académies des sciences, l'esprit nouveau passa dans les académies littéraires, dans les cerveaux des poètes, des artistes, des publicistes, des romanciers, des journalistes; et de là, successivement dans ceux du grand public [...]Tout ce mouvement, ces causes et ces effets peuvent être rattachées directement ou indirectement au progrès des sciences expérimentales; directement par l'exclusion affirmée de Dieu, hypothèse inutile, et du "surnaturel, inobservé, jugé inobservable, attribué donc à l'illusion, à la naïveté primitive de l'âge préscientifique, à la superstition; indirectement par le spectacle permanent de l'efficacité scientifique opposée à celle de la foi, qui, malgré la formule célèbre, n'a jamais (?) transporté les montagnes".

liens: wikipedia.org -Raison

contrepoints.org -La science moderne serait née dans une culture où dominait l'idée d’une alliance entre un homme doué de raison et un Dieu unique législateur et intelligible, architecte souverain.

wikipedia.org -les "atomistes" mendeleiev.cyberscol.qc.ca -Temps de l'atome (Démocrite et Aristote)

lesturgeons.blogs.nouvelobs.com -Démocrite et la genèse du monde

fr.wikipedia.org -Sciences grecques

lutecium.org -Le miracle grec: pouvoirs de la pensée anti-symétrique

lelabyrinthe.over-blog.net- de -600à -470: quelques dates

agora.qc.ca -le miracle grec...(ne pas oublier)il a été préparé par les civilisations pré-hélléniques

forums.futura-sciences.com -à noter le commentaire: Sans l'Egypte, sans la Mésopotamie, sans ce terreau méditerranéen...il n'aurait jamais eu lieu

media4.obspm.fr -Histoire de l'Astronomie

remacle.org -Homère ILIADE ulysse31.saitis.net -L'Odyssée d'Homère: la légende d'origine d'Ulysse 31

lepoint.fr -Le philosophe André Comte-Sponville plaide pour une spiritualité sans Dieu

philosophie-et-litterature.oboulo.com -Dieu, hypothèse inutile au savant?

eultreia1.unblog.fr -le rasoir d'ockham ou de l'existence de dieu

zitouna.kazeo.com -le coin de la science l'essentiel c'est dieu

penseurs et scientifiques: wikipedia.org -Les "atomistes"

fr.wikipedia.org -penseurs grecs présocratiques

wikipedia.org -Bernard Pullman

goodreads.com/book -L'Atom Dans L'Histoire de la pensée humaine (histoire qui commence dans la Grèce antique)


3) Une "fin de l'histoire?".

contrepoints.org -la vision de newton

Les années 1900 marquent l'aboutissement de cette progression de la connaissance depuis les penseurs grecs atomiste: c'est l'époque des certitudes. On grava même "repas à 2 F" sur les vitrines des restaurants,tellement on était sûr que les prix n'augmenteraient pas. Les certitudes intellectuelles firent dire à Lord Kelvin, l'un des plus grands physiciens du XIXè siècle: "La physique a fourni une explication cohérente et à priori complète de l'Univers." ou encore "There is nothing new to be discovered in physics now, All that remains is more and more precise measurement."

"Ces certitudes étaient fondées sur une vision du monde où dans un espace euclidien à 3 dimensions, stable et éternel - ce qui rend donc sans signification la question de son origine -, se meut la Terre qui contient des êtres vivants issus d'une  évolution au hasard et à la sélection naturelle, où la conscience de l'homme est secrétée par le cerveau comme la bile par le foie et où tout cela est composé de matière, c'est à dire de petits corpuscules tournant autour de noyaux comme la Terre autour du Soleil."

Dans le prolongement de la pensée grecque, on affirmait que tout ce qui existe est issu des interactions entre ces corpuscules qui, au cours des milliards d'années, se sont lentement agrégés les uns autres sous l'influence des lois physico-chimiques connues (ou qu'on découvrira bientôt). Ce qui reste à découvrir est immense, mais l'essentiel est acquis. La cause de tout ce qui existe dans notre Univers provient de notre Univers lui-même et comment pourrait-il en être autrement, d'où pourrait-elle provenir? Pour la "science classique", il n'y a rien d'autre que cet Univers et ce niveau de réalité dans lequel nous vivons, immergés dans le temps, l'espace et la matière.

Ne sommes-nous pas alors arrivés à la fin de cette grande quête  de la compréhension que l'homme poursuit depuis les grottes du Pleistocène jusqu'à nos laboratoires, en passant par les penseurs grecs? Cela est simple et sans mystère. Dans cette conception, l'homme peut concevoir le monde dans sa totalité et il n'y a plus la moindre place pour l'existence d'une dimension transcendante, d'un autre niveau de réalité.

Comme le dit trinh xuan thuan : "le "fantôme de Copernic" n'a pas cessé de nous hanter." La "décentration" qui interdit à l'homme d'être au centre de l'univers se poursuit dans d'autres domaines. Charles Darwin nous montre que l'homme n'est qu'un animal parmi d'autres et qu'il ne peut pas plus revendiquer une place centrale dans le monde de la biologie que dans celui de l'astronomie. Puis, la psychanalyse et la notion d'inconscient conduisent à affirmer que l'homme n'étant pas au centre du monde, n'est pas non plus au centre de lui-même, puisqu'une grande partie de ses actes sont dictés par quelque chose dont il n'est pas conscient.

Freud en arrive à parler de triple "humiliation" infligée à l'homme par Copernic, Darwin et... Freud!

Un tel Univers ne peut avoir de sens! Ernest Renan annonce "l'ére positive", celle où une humanité lucide, débarassée de des superstitions ancestrales telles que les religions, se retrouvera seule face à son destin. Dieu, ou les dieux ou les esprits (que Jacques Monod regroupe sous le terme "d'anismisme) semblent expulsés de l'histoire puisqu'il n'y a aucune raison objective de croire en l'existence d'un autre niveau de réalité. Il y a des scientifiques croyants, mais ceux-ci sont obligés de séparer leur science de leur foi (ils sont appelés des séparationnistes" .

penseurs et scientifiques: Hegel Lord Kelvin Euclide Charles Darwin Freud Auguste Comte Jacques Monod

liens: wikipedia.org -Scientisme philosciences.com -Les limites de la science classique

contrepoints.org -La science moderne née dans une culture où dominait l'idée d’une alliance entre un homme doué de raison et un Dieu unique législateur et intelligible, architecte souverain.

accueil-culture.org -l'astronomie exemple des relations entre sciences et société

wikipedia.org -Espace euclidien phi2080.uqam.ca -Le monde selon Isaac Newton

techno-science.net -La mélodie secrète uip.edu -La Défaite du fantôme de Copernic

quaeredoceri.stools.net -La transcendance, l’hypothèse d’un philosophe (luc ferry)

barbier-rd.nom.fr -Heisenberg et les niveaux de réalité asmp.fr -niveaux de réalité

4) Le désenchantement.

jus-tunsi.e-monsite.com -désenchantement» du monde

Cette vision du monde issue de l'évolution des sciences n'aboutit pas exactement au résultat qu'auraient pu espérer le philosophes grecs.  Elle a eu, au XIXè siècle, un énorme retentissement artistique, intellectuel, philosophique (on a pu assister au développement des philosophies de l'absurde). Ces domaines ont connu une progression du "non-sens" qui eut une influence en matière d'éthique, comme nous allons le voir.

Les objectifs du projet d'explication du réel par le réel tels qu'ils étaient énoncé par certains philosophes grecs étaient de libérer l'homme de la peur, des dieux et de l'au-delà pour lui permettre de mener une vie sage et responsable. On peut juger du résultat de cette démarche tel qu'il est énoncé 2 500 ans plus tard par l'un des scientifiques matérialistes les plus influents, le "pape de la sociobiologie", Edward Wilson, professeur à Harvard, à la fin de son ouvrage, la sociobiologie: "Quand nous aurons suffisamment progressé pour nous expliquer en ces termes mécanistes, et que les sciences sociales seront totalement épanouies, le résultat auquel nous nous trouverons confrontés risque de ne pas être aisé à accepter. Il semble approprié d'achever ce livre ainsi qu'il a commencé, avec ce sombre pressentiment d'Albert Camus: "Un monde qui peut être expliqué, fut-ce par de mauvaises raisons, est un monde familier. Mais, en revanche, dans un univers privé d'illusions et de lumière, l'homme se sent un étranger. Son exil est sans remède étant donné qu'il est privé du souvenir d'un foyer perdu ou de l'espoir d'une terre promise". C'est malheureusement exact. Mais nous disposons encore d'une centaine d'années."

bibliolettres.com l-e salon de Marie-Thérèse Geoffrin

Il faut dire que notre enseignement et tout notre environnement culturel stipulent que nous sommes héritiers des Lumières qui ont dissipé les "ténèbres de l'obscurantisme." Comment alors percevoir le potentiel "d'antihumanisme" que révèlent les progrès qu'ont acclamé tant d'humanistes. Jacques Monod, lui qui a décrit le "désenchantement du monde" en ces termes: "L'ancienne alliance est rompue, l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard", militait encore, à la fin de sa vie, dans Le hasard et la nécessité, pour un "humaniste socialiste réellement scientifique", qui avait encore moins de liens avec la vision du monde qu'il avait développée au cours de son ouvrage, qu'il n'en n'existe entre la foi des séparationnistes chrétiens et leur appréhension scientifique du monde. Aller jusqu'au bout de cette démarche ne risque-t-il pas de déboucher sur la fin de toute forme d'humanisme, qu'il s'agisse de l'humanisme chrétien de la Renaissance, ou de l'humanisme matérialiste issu des Lumières?

Pour Michel Foucault, "l'homme n'a pu se constituer en objet de la science qu'en se référent qu'à sa propre destruction". Ici, le désenchantement du monde débouche sur celui de l'homme. Steven Weinberg, prix nobel, l'a exprimé dans une phrase célèbre: "plus nous comprenons le Monde, plus il nous semble dépourvu de signification". Il cite un autre physicien, Jim Peebles, de Princetown: "Je suis porté à croire que nous ne sommes que des débris de bois flottant à la surface de la mer". Doit-on rajouter que si l'Univers n'a pas de sens, l'homme peut-il s'en inventer un lui-même?

Que penser alors de Marvin Minsky, l'un des pionniers de l'intelligence artificielle, quand il nous dit que "les ordinateurs de la prochaine génération seront tellement intelligents que nous aurons de la chance s'ils nous acceptent auprès d'eux comme animaux de compagnie." Dans le même état d'esprit, Hans Moravec, l'un des principaux spécialistes de la robotique spécule sur la façon dont on remplacera les organes du corps (y compris le cerveau!) par des robots. Le biologiste Richard Dawkins nous annonce, après l'ère des êtres vivants, êtres fondés sur les gènes, l'ère des machines, fondée sur les "mêmes" (quantité d'information). Ruiz de Gopegui, élève de Minski, va jusqu'à affirmer: "La liberté est une illusion, on est pas intelligent ou sot, mais on est bien ou mal programmé. Avec les libertés individuelles disparaîtront les libertés civiles et politiques."

Les aventures d'Alice au pays des merveilles

Pour Francis Crick, prix Nobel de médecine, "l'hypothèse stupéfiante, c'est que "vous", vos joies et vos peines, vos souvenirs et vos ambitions, le sens que vous avez de votre identité et de votre libre arbitre, ne sont rien de plus que le comportement d'un vaste assemblage de cellules nerveuses qui y sont associées. Comme l'Alice de Lewis Caroll aurait pu le formuler: "Tu n'es rien d'autre qu'un paquet de neurones."." Et Jean-Pierre Changeux de continuer: "L'homme n'a plus rien à faire de l'esprit, il lui suffit d'être un homme neuronal."

Tous ces propos sont-ils seulement des propos excessifs de quelques scientifiques égarés? L'idée que l'on peut façonner l'homme à sa guise n'est-elle pas le résultat de cette déconstruction de l'homme? Au nom de quoi respecterait-on un paquet de neurones? Les massacres qui ont eu lieu dans l'histoire pour des raisons religieuses, comme le renouveau des fondamentalismes nous montrent qu'une vision non matérialiste de l'homme ne préserve pas contre de tels agissements. Mais attention! Avec la vision réductionniste ("nous ne sommes rien d'autre que..."), un garde-fou essentiel vient de disparaître. Rappelons-nous l'eugénisme nazi et la volonté des staliniens de créer un homme nouveau...

Antoine de Saint Exupéry était un ceux qui avaient le mieux perçu ce problème, il y a plus d'un demi-siècle. Il répond par avance à ces scientifiques: "L'homme de ma civilisation ne se définit pas à partir des hommes. Ce sont les hommes qui se définissent par lui. Il est en lui, comme en tout être, quelque chose que n'expliquent pas les matériaux qui le composent. Une cathédrale est bien autre chose qu'une somme de pierres. Elle est géométrie et architecture. Ce ne sont pas les pierres qui la définissent, c'est elle qui enrichit les pierres de sa propre signification." Puis il perçoit le "drame de l'humanisme athée": l'impossibilité de un fondement solide à l'humanisme dans un monde où l'homme ne serait "rien d'autre que...", ce que des philosophes matérialistes contemporains lucides comme André Comte-Sponville ont admis. Saint Exupéry poursuit: "On ne dit rien d'essentiel sur la cathédrale si on na parle que des pierres. On ne dit rien d'essentiel sur l'homme si l'on cherche à le définir par ses qualités d'homme. L'Humanisme a ainsi travaillé dans une direction barrée d'avance [...] Nous avons glissé, faute d'une méthode efficace, de l'Humanité qui reposait sur l'Homme, vers cette termitière qui repose sur la somme des individus. Qu'avions-nous à opposer aux religions de l'Etat ou de la masse?  Qu'était devenue notre grande image de l'Homme né de Dieu? [...] Si notre société pouvait encore paraître souhaitable, si l'homme y conservait encore quelque prestige, c'est dans la mesure où la civilisation véritable, que nous trahissons par notre ignorance, prolongeait encore sur nous son rayonnement condamné, et nous sauvait malgré nous-mêmes."

Scientifiques et penseurs: Edward Wilson Albert Camus Michel Foucault Steven Weinberg

Jim Peebles Hans Moravec Richard Dawkins Ruiz de Gopegui Francis Crick

Lewis Caroll Jean-Pierre Changeux Antoine de Saint Exupéry Henri de Lubac

André Comte-Sponville

liens: wikipedia.org -Sociobiologie

jus-tunsi.e-monsite.com -«désenchantement» du monde (Entzauberung) : de Christoph Martin Wieland à Marcel Gauchet en Passant par Max Weber ...

lechatsurmonepaule.com -henri de lubac: le drame de l'humanisme athée

persee.fr -Henri, Cardinal de Lubac, Le drame de l'humanisme athée


5) Conclusion.

 

 

Ce que dit Saint Exupéry est terrible. Ainsi que le dit Jean Staune, ces propos écrits en 1940, au coeur d'une lutte contre la nazisme qui semblait sans espoir, constituent un avertissement essentiel. Le nazisme et le communisme ont été vaincus, mais il semble qu'aujourd'hui nous soyons dans la situation de ces personnages de dessins animés qui courent sur une falaise, puis courent un certain temps au-dessus du vide, s'aperçoivent qu'il n'y a rien et tombent à la verticale. Nous n'avons plus de fondements pour notre humanisme, mais nous ne nous sommes pas encore aperçus. Le "rayonnement condamné" fait penser à celui d'une étoile qui réchauffe encore mais qui est déjà morte, car elle a explosé. Nous sommes condamnés à l'obscurité sauf si nous pouvions trouver une autre source de lumière.

Quelle menace, plus insidieuse, mais aussi aussi redoutable que les totalitarismes, risquent d'engendrer les progrès techniques? La génétique va certainement nous amener des surprises. Michael Rose, qui prolonge de dix fois la durée de vie normale des mouches, s'écrie: "En quoi le génome humain est-il sacré? Nous savons qu'il est le résultat d'assemblages réalisés par hasard au cous des siècles. Il est ce qu'il est aujourd'hui, mais il aurait parfaitement pu être différent. Au nom de quoi nous interdirait-on de le modifier?"

On peut entrevoir, comme le suggère presque Joël de Rosnay, l'hybridation homme-machine et l'émergence d'un nouvel être, avec un saut dans l'évolution, contrairement à ce qu'affirment la plupart des Darwinistes. Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley est à nos portes et face à lui, nous sommes désarmés, car nos "garde-fous éthiques" ont disparu.

Scientifiques et penseurs: Aldous Huxley Joël de Rosnay Saint Exupéry

Dans le prochain article "comment ébaucher "un traité de la condition humaine"?,  je poursuivrai ma quête du sens et du réanchantement du monde avec Jean Staune.

Euphorique, narcotique, agréablement hallucinantSi c'est ça le meilleur des mondes, c'est moche!

extrait-livre.skyrock.com -le meilleur des mondes: Euphorique, narcotique, agréablement hallucinant


Alors, réenchantons le monde!

http://objectifterre.over-blog -Objectif Terre des Hommes Placer l'épanouissement humain au centre de la réflexion économique et environnementale.

 


18:39 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/06/2012

1) Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan)


Notre existence a-telle un sens?
1)  propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan)

Le désenchantement de l'homme et du monde.

 

 

 

interobjectif.net -notre demeure:nosso-lar (préambule à cet article) vu dans le blog: chemindevie.net (merci pour me l'avoir fait connaître!)

"Le film Nosso Lar (Notre Demeure) est une super-production brésilienne sorti fin 2010 (pas encore diffusé en France) basée sur l’ouvrage le plus connu (ce livre constitue le premier volume d’une série de treize) du médium brésilien Chico Xavier.

De quoi parle-t-il ? Comment est la vie dans l’Au-delà (plan subtil) avec moultes détails ; ce n’est pas un documentaire, mais il est basé sur les transmissions reçues par un célèbre médium brésilien de la part d’un médecin mort au début du siècle dernier. Mais ici des images valent mieux que des paroles. Ce film est d’une beauté qui dépasse, à tous les niveaux, nos espérances. Un véritable baume pour l’âme. La vie après la mort y est très bien expliquée. L’environnement est Zen, New-Age, et futuriste…

Nos pensées et émotions qui créent à chaque instant, le pouvoir de l’amour, du pardon, du service… l’aide apportée par nos guides dès que l’on demande, la guérison énergétique, etc.

Après la scène sombre du début (dans le purgatoire) vient la lumière et le monde subtil de l’après vie'.

jvsc.jst.go.jp/find/mindlab -comment notre conscience est-elle reliée au monde?

 

Je débute cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? ces articles sont en fait l'expression de la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature ma fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je viens de terminer la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens. Je voudrais en partager "ma lecture", mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

 

1) A propos de trinh xuan thuan.

 

 

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“Voir un universdans un grain de sable,

Et un paradis dans une fleur sauvage,
Tenir l’infini dans la paume de la main,
Et l’éternité dans une heure.”

- William Blake

 

mandala: du Big Bang à l'éveil

biographie: Trinh Xuan Thuan est né en le 20 août 1948 à Hanoï (Vietnam). Il quitteHanoi à l'âge de 6 ans. Sa famille s'établit alors à Sài Gon, ancienne capitale du Sud du pays, qui était alors séparé en deux par le 17e parallèle, conformément aux accords de Genève signés en 1954. Là, il fit des études, jusqu'au Bac, à l'école française Jean Jacques Rousseau. pour en savoir plus...


Autres liens: fnac.com/Trinh-Xuan-Thuan -tous les livres

trinhxuanthuan.com -L'infini dans la paume de la main

lexpress.fr/actualite/sciences -Trinh Xuan Thuan: "Les étoiles sont nos ancêtres"

inrees.com/articles -Science et bouddhisme avec Trinh Xuan Thuan

psychologies.com -"je cherche la cohérence entre science et Bouddhisme"

lefigaro.fr/livres -Trinh Xuan Thuan, l'homme qui remonte le temps

grands-prix-2012.institut-de-france.fr -Le Prix mondial Cino del Duca 2012 est attribué à Trinh Xuan Thuan

canalacademie.com/ida9169 -lauréat du Prix mondial Del Duca, reçoit le prix Louis Pauwels 2012

livreshebdo.fr/prix/actualites -Trinh Xuan Thuan reçoit le prix Louis-Pauwels

les2infinis.canalblog.com -Trinh Xuan Thuan

franceinter.fr/emission -partir avec trinh xuan thuan l'astrophysicien du cosmos

 

2) Des origines au "miracle grec".


egeablog.net -Miracle grec

Depuis les temps les plus reculés, l'homme a essayé de conjurer son angoisse des espaces infinis en organisant progressivement l'information qu'il acquiert sur le monde extérieur en schéma unifié et cohérent. Il y a quelques dizaines de milliers d'années, l'homme vivait dans un Univers magiqueanimiste, peuplé d'esprits. Mais il goûta au fruit de l'arbre de la connaissance et, avec l'accumulation du savoir, l'innocence disparut. Il perçut de plus en plus la complexité des phénomènes qui l'entouraient ainsi que son impuissance face à l'immensité de l'Univers. Il y a environ 10 000 ans, l'Univers magique jusque là humain se mua en un Univers mythique surhumain sur lequel régnaient les dieux. "Les esprits se retirèrent des arbres, des fleurs et des rivières. Tout phénomène naturel, y compris la création de l'Univers était la conséquence des actions de ces dieux...Avec l'Univers mythique, la religion fit son entrée. La communication avec les dieux ne pouvait plus se faire directement, comme c'était le cas avec les esprits dans l'Univers magique, mais par l'intermédiaire d'individus privilégiés, les prêtres". Néanmoins certains évoquent des civilisations avancées il y a déjà 10 000 ans, dont albert Slosman avec sa "grande hypothèse".  Même si la plus ancienne représentation du cosmos date de 3600 ans, quand, dans le petit village de Nebra en Allemagne orientale, un curieux disque de bronze est mis à jour suite à une découverte archéologique, l'ensemble de la communauté scientifique pense que la science actuelle est née au milieu du VIè siècle avant J.-C. avec "le miracle grec".


liens de ce chapitre: mystere-tv.com -Civilisation avancée 10 000 ans avant J.C. - Mythe ou réalité ?

documentaire-video.com -une civilisation avancée 10 000 ans avant J C?

mondemeilleur.over-blog.net -La plus ancienne représentation du cosmos, il y a 3600 ans

mysteresdegypte.fr -La représentation du cosmos en Egypte ancienne

expositions.bnf.fr -les images de l'univers: les avancées grecques

www.arv.be -la représentation du cosmos à l'aube de la culture grecque

bien.vieillir.perso.neuf.fr -la naissance des dieux

sergecar.perso.neuf.fr -Science, mythe et philosophie

hellada.free.fr/dieux- Les Dieux de l'Olympe

egyptos.net -liste des dieux Egyptiens

wikipedia.org -Cosmologie religieuse atheisme.free.fr-Science et religion: l'irréductible antagonisme

eden-saga.com/fr- Un Dieu unique: la grande hypothèse d'albert Slosman

 

fr.wikipedia.org -Sciences grecques

lutecium.org -Le miracle grec: pouvoirs de la pensée anti-symétrique

lelabyrinthe.over-blog.net- de -600à -470: quelques dates

agora.qc.ca -le miracle grec...(ne pas oublier)il a été préparé par les civilisations pré-hélléniques

forums.futura-sciences.com -à noter le commentaire: Sans l'Egypte, sans la Mésopotamie, sans ce terreau méditerranéen...il n'aurait jamais eu lieu

 


3) De la pensée grecque au monde déterministe.


 

geowiki.fr -La théorie géocentrique

 

wikipedia.orgSciences grecques _ l'époque des présocratiques

*"Les penseurs grecs ont eu l'intuition que le monde pouvait être disséqué en ses différentes composantes et que celle-ci étaient régies par des lois qui pouvaient être appréhendées par la raison humaine. Il n'était plus question d'observer les phénomènes sans les comprendre, ni de s'abandonner aveuglément aux dieux. cet univers scientifique est encore le nôtre aujourd'hui".

*Avant la révolution copernicienne, on avait l'idée d'un monde clos et ordonné. C'est la vision des grecs pour qui le cosmos est le reflet de la raison, agencé par un principe divin. L'homme est au centre de l'univers et la Terre au centre du monde. Cet univers géocentrique a régné en maître pendant plus de 20 siècles jusqu'en 1543, quand Copernic délogea la Terre de sa position centrale. Alors a commencé un inexorable rapetissement de l'homme, dans l'espace et dans le temps. L'univers est devenu mécanique et déterministe avec Newton et son introduction de la loi de la gravitation universelle en 1687. En cette fin de XVIIè siècle, l'homme avait la vision la vision d'un univers infini, comme Newton, qui pensait que si l'univers avait des limites, il avait un centre. Mais la gravité devrait entraîner un effondrement de toute la matière vers ce centre, ce qui n'était pas conforme aux observations.

*Au XIXè siècle, l'homme occidental, rendu insignifiant dans ce vaste univers, aurait pu se consoler en songeant à sa filiation céleste, n'était-il pas le descendant d'Adam et Eve? Il avait perdu sa place centrale, mais il restait l'enfant chéri de Dieu. Charles Darwin ne lui laissa même pas cette consolation en montrant des origines beaucoup moins nobles, en publiant "de l'Origines des espèce" en 1959". L'univers qui s'était agrandi dans l'espace avec Copernic, s'agrandissait dans la temps, car son âge, que Newton avait évalué à 6 000 ans fut remis en question.

 

 

*Les découvertes de la fin du XIXè siècle et du XXè siècle ont continué à diminuer la place de l'homme dans l'univers. L'arpentage de la voie lactée, réduisit la taille du système solaire à un milliardième de celle de notre galaxie, mais, de nouveau, l'ego démesuré de l'homme l'amena à penser que si la Terre n'était pas au centre du monde, sûrement notre astre, le soleil, devait être au centre de la voie lactée (l'univers tout entier à cette époque). Mais patatras! Les astronomes démontrent que le Soleil n'est qu'une simple étoile de banlieue, sur le bord de la voie lactée, vers le bord du disque. C'est alors qu'en 1923Edwin Hubble démontre l'existence d'autre galaxies, bien au-delà des limites de la voie lactée. Le cosmos s'agrandissait de plus en plus et bientôt, notre galaxie allait se perdre dans l'immensité de l'univers. Aujourd'hui, elle n'est plus qu'une galaxie quelconque parmi les centaines de milliards de galaxies qui peuplent notre univers observable.

 

liens: des grecs au déterminisme: fr.scribd.com -la vision grecque du monde

wikipedia.org -Sciences grecques

les-voyageurs-de-la-science.over-blog.com -histoire de la cosmologie (l'antiquité grecque)

samizdat.qc.ca -la science moderne est apparue en Europe aux 16e et 17e siècles

ethiopiques.refer.sn -pensée égyptienne et philosophie grecque: transfert et plagiat

cite-sciences.fr -L’univers géocentrique d’Aristote et de Ptolémée

wikipedia.org -Géocentrisme

wikipedia.org -déterminisme

gobiernodecanarias.org -Le monde de Laplace: mathématiques, physique et déterminisme

wikipedia.org -Causalité (physique) fr.wikipedia.org -Gravitation

wikipedia.org -De l'Origine des espèces curiosphere.tv/video -parution de "de lOrigine des espèces"

youtube.com -de l'Origine des espèces

astrosurf.com -Quand l'univers se limite à la Voie Lactée

hwwwhip.obspm.fr -gaïa, l'arpenteur de la voie lactée cosmovisions.com -l'histoire de l'astronomie

cairn.info -le 20è siècle et la cosmologie scientifique


4) La découverte de l'univers: du Big Bang à l'homo sapiens...

Les télescopes les plus puissants, sur terre ou dans l'espace, permettent aujourd'hui de capturer la lumière des galaxies les plus lointaines situées à plus de 10 milliards d'années-lumière. Nous les voyons telle qu'elles étaient il y a 10 milliards d'années. De même, les objets situés à des distance différentes sont vus tels qu'ils étaient au moment correspondant à la distance d'observation. Ainsi, la quand nous observons la galaxie d'Andromède, située à un distance de 2 millions d'années-lumière, nous la voyons telle qu'elle était il y a 2 millions d'années et ainsi de suite. Utilisé de cette manière (voir loin, c'est voir tôt dans la passé), le télescope est une machine à remonter le temps. Nous disposons donc d'une grande fresque historique, magnifique et envoûtante.

Avec trinh xuan thuan, la science moderne pense que l'univers est né d'une déflagration fulgurante, le "Big Bang", qui a donné naissance à l'espace et au temps, il y a plus de 14 milliards d'années. Depuis, sans relâche, se poursuit l'ascension vers la complexité.


"L'univers existe depuis 15 milliards d'années. Un centième de seconde après le big-bang apparaissaient les particules atomiques, protons, neutrons, et électrons. Les noyaux de deutérium (assemblage de 1 proton, 1 neutron et 1 électron) se sont formés au bout de 1 seconde. Les noyaux d'hélium (2 protons, 2 neutrons) au bout de un quart d'heure. Puis la création va ralentir son rythme...

Les atomes les plus légers se sont formés 300.000 ans plus tard: atomes d'hydrogène(1 proton et 1 électron) et atomes d'hélium (2 proton, 2 neutrons, 2 électrons). Les nuages froids d'hydrogène et d'hélium se forment au bout de 1 million d'années.

Sous l'action de la gravitation, ces nuages se condensent et donnent naissance aux premières galaxies dans lesquelles naissent les premières proto-étoiles. Nous sommes alors 100 millions d'années après le Big-Bang.

Les étoiles et les planètes telles que nous les connaissons se sont formées au bout de 5 milliards d'années. Quant à la planète Terre, elle existe depuis 4,6 milliards d'années, soit plus de 10 milliards d'années après le Big-Bang. pour continuer l'histoire...


Ainsi, sans les étoiles et leur merveilleuse alchimie nucléaire, les éléments chimiques nécessaires à la vie et à la conscience n'auraient pu être créés. Sur la troisième planète a partir du soleil appelée Terre, la vie s'est éveillée il y a environ 3,8 milliards d'annéesL'hominidé est apparu il y quelque 2,5 à3,5 millions d'années et la pensée réflexive et symbolique a surgi avec l'homo sapiens il y a 200 00ans. L'homme est capable de s'émerveiller devant la beauté et l'harmonie du cosmos et de se poser des questions sur l'univers qui l'a engendré, mais sa place s'est considérablement rapetissée. Si le calendrier cosmique où les 14 milliards d'années de l'univers étaient comprimées en une seule année on aurait la vision qui suit...


liens: hubblesite.org télescope spatial Herschel

wikipedia.org -ordres de grandeur des distances astronomiques

atunivers.free.fr/universe -L'univers jusqu'à 14 milliards d'années lumière L'Univers visible

ciel.science-et-vie.com -la galaxie la plus lointaine de l'univers

taza.fr/aghani -une vue 3D de l'univers visible

futura-sciences.com -10,2 milliards d'années-lumière : un record pour un amas de galaxies

syti.net/EvolutionStory -Histoire de l'univers, de la vie, et de l'homme

astropolis.fr -l'histoire de l'Univers

lemonde.fr/sciences -Toute l'histoire de l'Univers en images

planet-terre.ens-lyon.fr -histoire de l'univers, de la terre et de la vie rapportée à une année

cnrs.fr -big bang, des origines de l'univers aux origines de la vie

molaire1.perso.sfr.fr -Le big bang et l'origine de la matière ou Que la lumière fût!

la vie: dinosaureworldforum.forumactif.org -L'Apparition de la Vie

lestoutespremieresfois.com -les touts débuts de la vie

wikipedia.org -Origine de la vie

 

5) Le désenchantement.

 

http://bipotes.leforum.eu -Pascal "le silence...m'effraie"

Face à cette réduction de la place occupée par l'homme, a la fois dans l'espace et dans le temps, un certain désenchantement se produit. A l'époque moderne et jusqu'à maintenant, de nombreux scientifiques, ont avancé que l'émergence de l'intelligence et de la conscience dans l'univers n'était qu'un simple fait dû au hasard, qu'un accident de parcours dans la longue marche de l'univers, celui-ci n'avait que faire de notre présence: notre existence n'a aucun sens. A l'immense cri d'angoisse poussé par Blaise Pascal au XVIIè siècle: "Le silence éternel des espaces infinis m'effraie", répondent trois siècles plus tard les visions pessimistes du biologiste français Jacques Monod: "l'homme est perdu dans l'immensité indifférente de l'univers d'où il a émergé par hasard" ou celle du physicien américain Steven Weinberg: "Plus on comprend l'univers, plus il nous apparaît vide de sens".

Je partage l'avis de Trinh Xuan Thuan et de Jean Staune qui ne sont pas d'accord avec cette vision désespérante du monde. De plus en plus, les nouvelles découvertes scientifiques et leurs implications métaphysiques ré enchantent le monde malgré la domination du paradigme du "tout-économique". trinh xuan thuan nous pourquoi, à son avis: "Parce que cosmologie moderne a redécouvert l'ancienne alliance entre le monde et le cosmos. Parce que nous sommes tous faits de poussières d'étoiles, parce que nous sommes tous constitués d'éléments lourds fabriqués par l'alchimie nucléaire des astres, nous partageons la même généalogie cosmique que les gazelles des savanes et les nymphéas des étangs. Ensuite, parce que les découvertes scientifiques du dernier siècle, aussi bien en physique, en astrophysique, en biologie, en neurobiologie, en paléontologie qu'en mathématiques, ont donné une vision plus enchantée et plus exubérante du monde. Le siècle passé a bouleversé notre façon de concevoir le monde".


le désenchantement: assr.revues.org -Marcel Gauchet, Un monde désenchanté ?

wikipedia.org -Désenchantement du monde

wikipedia.org -Dieu est mort (Friedrich_Nietzsche)

philolog.fr -http://www.philolog.fr -dieu est mort: quel est le sens de cette affirmation?

philo5.com -Dieu est mort

akadem.org/medias -Désenchantement_Weber

jeanzin.fr -Religion, hiérarchie, individu, autonomie, progrès, histoire

booknode.com -science,_foi_et_desenchantement_du_monde

 

6) Vers un monde holistique.

En physique, après avoir dominé la pensée occidentale pendant 300 ans, la vision newtonienne d'un univers fragmenté, mécaniste et déterministe fait place à celle d'un monde holistique, indéterminé et débordant de créativité.

L'univers newtonien n'était qu'une immense machine, composé de particules inertes, soumises à des forces aveugles.  Laplace exprime ainsi le credo déterministe:

Nous devons donc envisager l’état présent de l’Univers comme l’effet de son état antérieur, et comme cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui pour un instant donné connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ses données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’Univers et ceux du plus léger atome: rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé, serait présent à ses yeux”.

L'univers était enfermé dans un carcan qui lui ôtait toute créativité et lui interdisait toute innovation. Dans ce monde, le réductionnisme régnait en maître: Il suffit de décomposer tout système en ses éléments les plus simples et d'étudier le comportement de ses parties pour comprendre le tout, qui n'est ni plus ni moins que la somme des composantes. Ce déterminisme stérilisant et ce réductionnisme déshumanisant constituaient la pensée dominante jusqu'à le fin du XIXè siècle.

Théorie du chaos

La mécanique quantique allait balayer la certitude déterministe, le hasard est entré (en force) dans le microcosme et elle fut remplacée par l'incertitude du flou quantique. Le réductionnisme étroit et simpliste fut lui aussi balayé et la réalité morcelée et localisée devint holistique. Le réel  dans le monde subatomique devint non local et non séparable. La matière a perdu sa substance, les particules élémentaires ne sont plus des choses palpables ou des faits, mais des potentialités ou des possibilités. Une particule n'a pas d'existence intrinsèque et prend l'aspect d'une onde ou d'une particule selon qu'un appareil de mesure est activé ou non. En conséquence, la nature du réel dépend de l'observateur.

La vision de monde macroscopique a aussi été transformée. Avec la théorie du chaos, le hasard, l'indétermination et l'imprédictibilité se manifestent dans la vie quotidienne et dans le domaine du cosmos, des planètes, des étoiles et des galaxies.

Aujourd'hui, la science commence à percevoir ses limites. La question "qu'est ce que le réel?" partage la communauté scientifique. Dans leur activité quotidienne, beaucoup s'en tiennent à l'interprétation de "l'école de Copenhague" sans se positionner sur "le réel". Mais pour de nombreux scientifiques, au-delà du réel accessible aux instruments de mesure et aux méthodes d'investigation, il existe ce que Bernard d'Espagnat appelle un "réel voilé", auquel la science n'a pas accès.

Cette limite des méthodes scientifiques se retrouve dans le raisonnement logique. Gödel a ainsi démontré un théorème, "le théorème d'incomplétude". Pour simplifier, selon ce théorème, il n'est pas possible de démontrer par la logique qu'un système est cohérent en restant à l'intérieur de ce système (pour le faire, il faut sortir du système). Gödel a aussi démontré qu'un système d'arithmétique cohérent et non contradictoire contient inévitablement des propositions "indécidables", c'est à dire des énoncés mathématiques dont on ne pourra jamais dire par la logique s'ils sont vrais ou faux.


liens: nao-org.com -Vers un monde holistique

science-for-everyone.over-blog.com -holisme vs réductionnisme

.gobiernodecanarias.org -Le monde de Laplace : mathématiques, physique et déterminisme

wikipedia.org -Pierre-Simon de Laplace

staune.fr -Le réel voilé: Bernard d'Espagnat

asmp.fr -Mécanique quantique et connaissance du réel Hervé Zwirn

 

7) Que conclure de ma lecture de la préface de Trinh Xuan Thuan à "notre existence a t-elle un sens?

 

 


"Où en est-on aujourd'hui? Incertitudeindéterminationimprédictibilitéincomplétudeindécidabilité: la science sait désormais qu'elle ne peut pas tout savoir. Pour continuer le chemin et accéder à la réalité ultime, il nous faut faire appel à d'autres modes de connaissance, comme l'intuition mystique ou spirituelle, informées et illuminées par les découvertes de la science moderne".

Je partage volontiers ce avis de Trinh Xuan ThuanLa science et la spiritualité sont en effet deux fenêtres complémentaires qui permettent à l'homme d'appréhender le réel. La science se doit de reprendre sa place dans le giron de la culture humaine, après s'en être éloignée dans le passé à cause d'une vision trop matérialiste, fragmentée, réductionniste et mécaniste.

Dans les articles à venir, après cette introduction, je voudrais continuer en partageant ma lecture du livre de Jean Staune "notre existence a-t-elle un sens?