30/08/2012

6 partie 1) Notre existence a-t-elle un sens? 6 première partie) Vers un réalisme non physique...


Notre existence a-t-elle un sens? 6 première partie) Vers un réalisme non physique...

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

Exergue: "Très vite, on se prend à penser que l'espace et le temps n'ont pas de véritable réalité." Richard BachJonathan Livingston, Le Goéland

1) Introduction: résumé des articles précédents.

 

Après les réflexions exprimées dans les premiers articles,nous avons commencé par évoquer le cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900wikipedia.org -années 1900 en scienceLe déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche: "Rien de nouveau ne sera désormais découvert en physique. Les seuls progrès consisteront en des mesures de plus en plus précises." Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir.

Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quantaMais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet pho-électrique.  Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, mais cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait alors largement cette théorie. Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens ainsi que le rapporte Banesh Hoffmann qui fut l'élève d'Einstein, dans "Létrange histoire des quantas". Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau. Ainsi, après la lumière, les quanta sont passés dans la matière. Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Une incertitude fondamentale existe donc dans la nature. On ne peut donc connaître de façon précise tout à la fois la position et la vitesse d'une particule.  La réalité est, en fait, bien plus étrange: on ne peut pas dire que les particules aient une position et une vitesse lorsqu'on ne les observe pas.

Nous avons aussi appris dans cet article que l'électron (et la matière en conséquence), interfère avec lui-même.  Tout se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps dans l'expérience et d'interférer avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes". Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets. Non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.

Par la suite (article précédent), Jonh Bell a mis un terme au questionnement suscité par l'expérience de pensée EPR en énonçant ses fameuses inégalités de BellAlain Aspect, par ses expériences, a lui, mis en évidence la réalité de la non-localité.

 

Pour conclure cette introduction, rappelons ce que disent Sven Ortoli et Jean Pierre Pharabod: "La physique quantique porte en elle les germes d'une immense révolution culturelle qui, pour le moment, n'a été réalisée qu'à l'intérieur d'un petit cénacle de scientifiques." Alors, la non-localité est-elle une porte ouverte vers une autre réalité?


2) Et si la science n'avait rien à dire sur la réalité?

 

 

La chat de Schrödinger

 

 

astrosurf.com -physique-labo

a) Rappelons les faits que nous avons relevés (Qu’est-ce que le Réel ?)

 

 Le Principe d’incertitude de Heisenberg nous enseigne qu’une incertitude fondamentale existe dans l’Univers au niveau des particules élémentaires. Le déterminisme n’est pas universel.

 L’expérience des fentes de Young nous montre que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels.

 L’existence d’une dimension non-locale ou holistique dans l’Univers a été démontrée expérimentalement. Toute future théorie relative à la réalité devra tenir compte du fait que, dans certaines situations, deux particules doivent être considérées comme un unique objet quelle que soit la distance qui les sépare.

 Nos concepts traditionnels concernant le temps, l’espace, les objets, les trajectoires, la causalité ne s’appliquent plus au niveau microphysique.

 Le monde qui nous entoure, celui des phénomènes, ne peut être décrit sans tenir compte de la façon dont nous le mesurons. On dit qu’il a une objectivité faible.

 La réalité véritable est, par définition, à objectivité forte : elle ne dépend pas de la façon dont nous l’observons. Si une telle réalité existe, elle ne peut être identifiée à la réalité phénoménale, celle où nous vivons.

 Si l’on veut rester réaliste, il faut donc postuler un réalisme non-physique dans lequel la réalité véritable ne correspond pas à ce que l’on peut voir, mesurer, toucher. Elle est en grande partie voilée.

 A moins d’adopter des modèles cohérents en terme de formalisme mais ayant des conséquences absurdes (univers parallèles…) ou des modèles dont le formalisme pose des problèmes (potentiel quantique), il semble bien que cette réalité indépendante ne puisse être conçue comme étant immergée dans l’espace-temps. Et qu’il en est de même pour les particules élémentaires qui constituent le fondement de tout ce que nous pouvons observer.

 Toutes les recherches actuelles semblent montrer que loin de revenir aux conceptions classiques, la physique se dirige vers des visions encore plus éloignées de nos concepts familiers.

 

b) Et si la science n'avait rien à dire sur la réalité? La majorité des physiciens adoptent l'interprétation la plus classique de la physique quantique dite "interprétation de Copenhague" (à cause de Niels Bohr). Pour Bohr, "La physique quantique porte non pas sur la réalité, mais sur la connaissance que nous en avons"; donc "la physique quantique permet simplement à des observateurs disposant d'appareils de mesure de représenter correctement les observations. Il est vain et sans signification de chercher à expliquer pourquoi elle marche. Il suffit de constater qu'elle marche et d'appliquer son formalisme." En d'autres termes, elle prévoit les résultats des expériences, mais il est vain de chercher à se représenter la réalité qui pourrait exister (ou ne pas exister) derrière les phénomènes observés. Mais pour ceux qui voudraient comprendre la nature du monde, l'interprétation de Copenhague est, selon l'expression d'Etienne Klein, une "machine à fabriquer des frustrés". Certains, tels Pascual Jordan, plongent dans l'idéalisme et vont jusqu'à ôter toute signification à la question de l'existence d'une réalité: "Une méprise commune est celle selon laquelle , du point de vue positiviste, l'existence du monde extérieur sera niée; La négation d'une proposition dénuée de sens est une proposition dénuée de sens;   l'idée de la non-existence d'un monde extérieur réel n'a pas plus des sens que son existence. L'un et l'autre ne sont ni vrais ni faux: ils sont dénués de sens."

L'interprétation de Copenhague ne permet pas de parler de l'existence de l'électron ni de ses propriétés lorsqu'il n'est as observé. Cela est très proche de l'idéalisme. Il y a une ambiguïté dans la position de bien des physiciens, comme le dit Bernard d'Espagnat: "[;..] les physiciens font usage de la mécanique quantique plus qu'ils ne cherchent à en étudier les fondements. Même les physiciens qui se disent réalistes adoptent volontiers une telle attitude. Savent-ils tous à quel point ils s'écartent de tout réalisme - ou matérialisme! [...] Heisenberg -à une variante près - se range sous la bannière de Kant. De sorte que le réalisme de tous les physiciens [...] ( qui ) font confiance à leurs aînés, ce réalisme c'est c'est celui [...] de la philosophie connue sous le nom d'idéalisme kantien...Cette position ("Tais-toi et calcule!" a été illustrée par le prix Nobel de physique Richard Feynmann dans son allégorie portant sur les mayas: ils savaient prévoir les éclipses, mais n'avaient pas la moindre idée de la nature réelle de la Terre et du soleil. Supposons qu'un étudiant maya dise à son directeur de thèse que la Terre, la Lune et le Soleil puissent être envisagées comme trois boules flottant dans l'espace, ce qui expliquerait les éclipses. "pourriez-vous prévoir autre chose que nous prévoyons déjà? lui demande le directeur?  

-Non.

-Alors votre théorie ne sert à rien car seule compte l'expérience, soccuper de la nature des choses est une attitude pré-scientifique, c'est une question qui relève de la métaphysique.


liens: fr.wikipedia.org -L’école de Copenhague ou interprétation de Copenhague 
futura-sciences.com -Interprétation de Copenhague 
webastro.net/forum -l'interprétation de Copenhague

denis-collin.viabloga.com -le positivisme logique et l'interprétation de Copenhague 

persee.fr -Complémentarité et langage dans l'interprétation de Copenhague

hilliontchernobyl.com -photos de Niels Bohr et l'interprétation de Copenhague

phys.ens.fr -comprenons-nous vraiment la mécanique quantique?

iap.fr/ -COMPRENONS-NOUS VRAIMENT LA MECANIQUE QUANTIQUE?

scribd.com -INTERPRETATION-DE-COPENHAGUE 
sceptiques.qc.ca -Mécanique quantique Animations et interprétations philosophiques par Daniel Fortier 
wikipedia.org -Dualité onde-corpuscule  

astrosurf.com -L'interprétation de la physique quantique

la-trilectique.blogspot.fr -Les modèles physiques semblent avoir définitivement atteint leurs limites historiques

persee.fr -Franco Selleri, Le grand débat de la théorie quantique


3) Le réalisme non physique.


La question du réalisme en science physique, c'est-à-dire celle qui postule l'existence d'une réalité indépendante des observateurs a été remise en cause par l'interprétation de Copenhague.  Alors, que reste-t-il pour ceux qui veulent aller au-delà de l'idéalisme?

Il existe une position de type réaliste, mais elle est aux aux antipodes de la pensée réaliste classique (souvent associée au matérialisme), c'est un "réalisme non physique" étudié de façon  approfondie par Bernard d'Espagnat dans "à la recherche du réel."

Pour l'introduire, Jean Staune prend l'exemple d'un arc en ciel. Quelqu'un qui le voit pour la première fois pourrait croire qu'il s'agit d'un objet solide dont les deux extrémités reposent sur le sol. Puis il constate que lorsqu'il bouge, l'arc en ciel bouge avec lui. Est-ce à dire que l'arc en ciel est une illusion, une création de notre esprit?  Non, son existence dépend de la présence de gouttes d'eau dans l'atmosphère et de la réfraction des rayons lumineux. Mais certaines de ses caractéristiques, telles sa position et la vitesse, dépendent de nous et de notre déplacement. Dans le réalisme non physique, la situation est identique pour les particules élémentaires ou les atomes. Ce ne sont pas des créations de notre esprit, mais certaines de leurs caractéristiques essentielles dépendent de la façon dont nous allons les observer. 

C'est une différence radicale avec le but habituel de la science tel qu'on le trouve chez Albert Messiah: "Au départ de toute entreprise scientifique, on pose comme postulat fondamental que la nature possède une réalité objective, indépendante de nos perceptions sensorielles ou de nos moyens d'investigation; l'objet de la théorie physique est de faire un compte-rendu intelligible de cette réalité objective." Dans la science classique, j'ai appris que "la gravitation ne dépend que des masses et du carré de la distance."  Il s'agit d'un "énoncé à objectivité forte", car les masses et les positions des objets macroscopiques ne varient pas quand on les mesure. Mais les énoncés de la théorie quantique font référence à nos perceptions  ou à nos instruments. Ils sont objectifs seulement parce qu'ils sont vrais pour n'importe quel observateur. Donc on ne peut pas dire qu'ils sont vrais dans l'absolu puisque leur vérité nécessite une référence à la communauté des observateurs humains. Ce sont des énoncés à objectivité faible.

La physique quantique ne peut donc décrire le réel en termes d'objectivité forte. Le réalisme physique (réalisme classique), même s'il abandonne la prétention matérialiste à décrire le fondement de ce qui est constitué d'objets, ne peut donc être compatible avec la physique quantique. Cette nouvelle forme de réalisme se caractérise par son caractère "conceptuellement lointain" où nos concepts familiers, ceux qui sont proches de nos sens, ne s'appliquent plus. On pourrait parler d'un "réalisme étrange" comme on peut le voir dans le paradoxe de de Broglie: On met un seul électron dans une boite contenant un vide absolu (à l'intérieur d'un champ magnétique) sans qu'il interagisse avec d'autres corps; on coupe alors la boite en deux, une partie est transportée à Paris, l'autre à Tokyo. On ouvre celle de Paris et on y trouve l'électron. L'attitude de la majorité des physiciens selon Franco Selleri (l'un des rares physiciens qui n'accepte pas la synthèse de la mécanique quantique actuelle), sera de dire que "...l'électron y était déjà avant l'ouverture" et que donc la demi-boite de Tokyo était vide depuis le départ. Mais (voir Steven Ortoli et Jean pierre Pharabod qui utilisent l'image du poisson soluble. Un poisson nage dans une mer boueuse: le pêcheur ne le voit pas. Pour la physique quantique, le poisson n'est pas en un point précis, il est "dissous" dans la mare, c'est un poisson soluble. C'est uniquement quand on le pêche qu'on le trouve.De même si on le rejette à l'eau, se re-dissout-il!) , on ne peut représenter l'électron que comme étendu dans toute la boite et lorsque celle-ci est coupée en deux, nous devons considérer l'électron comme étendu dans les deux demi-boites. Lorsque l'électron est observé à Paris, il y a réduction du paquet d'ondes, et la probabilité d'observer l'électron à Tokyo ne s'annule qu'à ce moment-là.

Le réalisme tel que celui décrit par Messiah postule l'existence d'une réalité indépendante de nos perceptions et de nos moyens d'observation. S'il existe une telle réalité, il ne s'agit donc pas de la réalité physique que nous pouvons voir, toucher, mesurer!  Car justement, cette réalité-là (comme l'arc en ciel), n'est pas indépendante de nos moyens d'observation. Mais les expériences que nous avons évoquées  montrent dans les phénomènes, qui ont trait au monde qui nous entoure, quelque chose, dont la physique montre l"existence (sans pouvoir le décrire), échappe au temps, à l'espace et même à la matière et à l'énergie. Est-ce cette réalité indépendante évoquée par Messiah? C'est un bon candidat, cependant, elle doit être non physique, lointaine. Elle ne peut être décrite par la science, mais elle peut, au mieux, être approchée par une science à objectivité faible (non descriptive d'objets) et non à objectivité forte. 

Cette conception d'un réalisme non physique, qui souligne le caractère non ontologique du monde dans lequel nous vivons, est bien exprimé dans un passage de Bernard d'Espagnat: "Un des enseignements des sciences modernes dites "de la matière" est celui-ci: la "chose", s'il en est une, qui se conserve n'est pas le concret mais l'abstrait, non pas ce qui est proche des sens mais au contraire le nombre pur dans toute son abstraction mathématique telle que nous la révèle la physique théorique. En  d'autre termes, par rapport à nos sens et à nos concepts familiers, le réel, le réel, indéniablement, est lointain. Et cette découverte, une des manières les plus pertinentes de l'évoquer est, selon moi, de reconnaître que le mot matière est mauvais et de réintroduire le beau mot d'Être."

Cette position et ces vues ont été soutenues par de nombreux physiciens: Raymond ChiaoOlivier Costa de BeauregardPaul DaviesAmit GoswamiAndreï GribBasarab NicolescuLothar SchäferHenry Stapp..."Quel saut conceptuel de voir que ce ce qui peut être considéré comme réel est abstrait et non concret, plus proche de le formule mathématique que du grain de sable."

 

liens: wikipedia.org -Ontologie_(philosophie)

staune.fr réalisme non physique par jean staune et bernard d'espagnat

uip.edu -Science et réalité, la physique quantique ou la fin de la vision mécaniste de l’univers

asmp.fr -5- Mécanique quantique et connaissance du réel Hervé Zwirn

automatesintelligents.com -la question du réalisme en science physique (Expériences EPR, interaction d'échange et non-localité)

staune.fr -Commentaires sur le livre de B. d’Espagnat : "A la recherche du Réel"

ungraindesable.blogspot.fr -la physique quantique ou l'échec du réalisme scientifique

pauljorion.com -physique quantique et réalisme scientifique par Quentin Ruyant

pacherie.free.fr -Perception, cognition (réalisme, phénoménisme, idéalisme)

hal.archives-ouvertes.fr -A propos de "à la recherche du réel (réalisme non physique)

lemediateur.net -Qu’est-ce que le Réel ?

persee.fr -Le réalisme scientifique face à la microphysique

asmp.fr -Physique quantique et réalité la réalité c'est quoi ?

automatesintelligent.blog.lemonde.fr -A la recherche d’un éventuel Réel quantique

doublecause.net -étrange physique: la double causalité

automatesintelligents.com -Bouddhisme et quantique: étrange parallélisme entre 2 concepts de la réalité

wikipedia.org- Paradoxe de de Broglie 
teilhard.org -« Importance de la physique quantique pour la pensée de Teilhard de Chardin et pour une nouvelle vue de l’évolution biologique par Lothar SCHÄFER

 

4) Notre conscience individuelle est-elle la cause de l'apparence de notre monde?

wikipedia.org -Chat de Schrödinger

Une autre interprétation de la physique quantique est que la vérité ultime serait...notre conscience. La réduction du paquet d'onde est un concept de la mécanique quantique selon lequel, après une mesure, un système physique voit son état entièrement réduit à celui qui a été mesuré. Mais qu'est-ce qui la provoque? C'est un des grands problèmes de la physique quantique. Pour le formaliser, Erwin Schrödinger construisit une expérience de pensée en 1935: L'expérience du chat de Schrödinger"un chat est enfermé dans une boîte fermée avec un dispositif qui tue l'animal dès qu'il détecte la désintégration d'un atome d'un corps radioactif ; par exemple : un détecteur de radioactivité type Geiger, relié à un interrupteur provoquant la chute d'un marteau cassant une fiole de poison. Si les probabilités indiquent qu'une désintégration a une chance sur deux d'avoir eu lieu au bout d'une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l'observation n'est pas faite, l'atome est simultanément dans deux états (intact/désintégré). Or le mécanisme imaginé par Erwin Schrödinger lie l'état du chat (mort ou vivant) à l'état des particules radioactives, de sorte que le chat serait simultanément dans deux états (l'état mort et l'état vivant), jusqu'à ce que l'ouverture de la boîte (l'observation) déclenche le choix entre les deux états. Du coup, on ne peut absolument pas dire si le chat est mort ou non au bout d'une minute."

Or, le marteau, la fiole et le chat sont constitués de particules quantiques. Pourtant, ils ne sont jamais dans des états superposés, mais dans des états normaux du type "chat mort" ou "chat vivant". La superposition des états a disparu. Aucune frontière nette n'a jamais pu être définie entre le monde quantique et notre monde ordinaire tel que nous le voyons malgré les apports de la notion de décohérence. Alors, pourquoi notre monde a-t-il cette apparence de matérialité? 

Pour certains physiciens comme Eugene Wigner, la réponse est que la disparition de la superposition est dûe à l'action de notre conscience qui altère le fonction d'onde. C'est aussi l'avis de Edmond BauerFritz London, Jonh Von NeumanOlivier Costa de Beauregard et Andreï Grib qui ont soutenu cette interprétation. Wigner écrit: "puisque les lois de la physique n'expliquent pas la réduction du paquet d'ondes, il faut faire intervenir une entité qui n'obéit pas aux lois de la physique: notre conscience individuelle. C'est elle qui est responsable des caractéristiques du monde qui nous entoure [...] le contenu de la conscience est la réalité ultime." Cependant, cette interprétation ne semble plus vraiment en vogue.

liens: wikipedia.org -Décohérence_quantique

5) Une particule qui remonte le temps?

les diagrammes de Feynman 

Le monde de la mécanique quantique diffère du nôtre par ce point: les équations sont temporellement réversibles et la flèche du temps n'y existe pas. Ainsi, selon  Olivier Costa de Beauregard le temps est réversible "de fait" et non "de droit". Par ailleurs, des outils de la mécanique quantique, les diagrammes de Feynman montrent que des observations peuvent être interprétées comme des antiparticules allant dans le sens normal du temps, mais aussi comme des particules remontant le temps.
Cela pourrait permettre de donner une explication à a non-localité et à l'expérience EPR. C'est ce qu'affirme 
 Olivier Costa de Beauregard en disant qu'une hypothèse de ce type est la meilleure explication possible. 

 

6) Le potentiel quantique.


blog-chaman-esoterisme.com -le chamanisme expliqué par la physique quantique

a) la théorie de De Broglie-Bohm . Il s'agit d'une autre hypothèse qui ne repose pas, contrairement à celles que nous avons examinées précédemment, sur la physique quantique orthodoxe. Elle repose sur un formalisme différent qui permet de restaurer l'objectivité forte et devrait a priori combler d'aise les matérialistes. On y parle des choses en soi, telles qu'elles sont et non telles qu'on les perçoit; le particules y ont une trajectoire déterminée et dans l'expérience  des fentes de Young, elles passent par une seule et unique fente.

Cela part d'une idée de De Broglie en 1926 développée par Bohm en 1951 selon laquelle il existerait un "potentiel quantique." C'est une espèce de champ indétectable, qui ne transporte pas d'énergie et qui est non local: un impact à un endroit du champ peut produire un effet en en lieu très éloigné. Dans la théorie de Bohm, les particules sont accompagnées d'une onde qui guide leur chemin, d'où le terme d'onde pilote. Mathématiquement, l'onde pilote est définie de la même façon que la fonction d'onde de la mécanique quantique. L'influence de l'onde pilote se caractérise sous la forme du potentiel quantique, dérivé de la fonction d'onde, agissant sur la particule de la même façon qu'un champ électrique. Par conséquent, l'onde pilote gouverne le mouvement de la particule en suivant l'équation de SchrödingerCette théorie stipule que l'évolution du comportement des particules s'effectue de façon régulière au cours du temps, il n'y a donc pas d'écroulement de la fonction d'onde. Elle s'accorde avec la critique d'Albert Einstein à l'effet que la mécanique quantique telle qu'interprétée par l'école de Copenhague n'est pas complète.

Les particules auraient le pouvoir d'interagir avec le potentiel quantique et s'en serviraient pour recevoir de l'information. Le potentiel quantique permettrait à l'action à distance du paradoxe EPR de se produire et c'est lui qui, lorsque la particule passe par une seule et unique fente, l'informe que l'autre fente est ouverte ou non dans l'expérience des fentes de Young, ce qui permet à la particule "d'adapter" son comportement en conséquence. Malgré son côté quelque peu magique, un certain nombre de physiciens matérialistes soutiennent ce modèle dit "à variables cachées non locales" (ici, la variable cachée est le potentiel quantique)  parmi lesquels on peut citer, Jean BricmontFranco SelleriJean-Pierre Vigier...Le prix à payer pour restaurer cette vision réaliste du monde qui ne soit pas celle du réalisme non physique que nos avons décrit au chapitre 3 est la non-localité.

ahmedhulusi.org -mécanisme du cerveau,potentiel quantique 

b) Problèmes posés par la théorie et évolution.
La théorie de 
De Broglie-Bohm pose de nombreux problèmes.

     -Lorsque des particules s'approchent de la vitesse de la lumière, des résultats opposés devraient être observés pour le même évènement dans des repères différents, car la théorie n'est pas compatible avec la relativité restreinte, elle nécessite l'existence d'un référentiel absolu.

     -Elle implique que dans certains cas les détecteurs soient "trompés" et détectent des particules alors qu'il n'y en a pas. 

     -Certaines particules, dont les photons sont des abstractions au lieu d'être réelles. 

Conscient de l'insuffisance de son modèle, Bohm en développa un second, dans lequel les particules ne sont plus ponctuelles et réelles au sens commun, mais elles sont la manifestation d'un ordre fondamental: "l'ordre impliqué". En se déployant, cet ordre fait émerger le monde dans lequel nous vivons. Cet ordre n'est pas dans notre espace-temps: "ce que nous savons désormais, c'est que les particules élémentaires n'obéissent que partiellement aux lois de notre espace-temps. Toute une partie de leur comportement semble régie par des lois d'un autre ordre. Un ordre sous-jacent au nôtre, dont nous ne savons que fort peu de choses. Un ordre mouvant dont l'Univers tel que nous le connaissons serait seulement l'une des expressions, ou des explications, un ordre que, pour cette raison, je me suis permis de baptiser "ordre impliqué" [...] Nous ne pourrions apparemment le reconnaître que par le fait qu'il s'exprime. On pourrait alors dire qu'il s'ouvre comme une fleur". 

Cette théorie rejette la fragmentation de la physique Newtonnienne et se fonde sur le holisme également présent dans la théorie de la relativité et la physique quantique. Trois analogies sont utilisées par Bohm pour illustrer l'ordre implicite : l'hologramme, la goutte insoluble d'encre diluée dans la glycérine, le poisson d'aquarium filmé par deux objectifs sous deux angles différents et projetés sur deux écrans. Nous avons ainsi un cadre conceptuel pour comprendre les influences à distance si intrigantes. Pour le spectateur qui ne voit que les écrans, tout ce qui arrive à l'image du premier écran semble avoir une répercussion immédiate sur sur celle du second écran. Il se fourvoiera sans doute dans ses hypothèses en imaginant toutes sortes de communications entre les deux images du poisson, jusqu'au jour où il  comprendra que c'est derrière l'écran qu'il fallait chercher.

La théorie rejette aussi le dualisme, la séparation entre la conscience et la matière : l'ordre implicite expliquerait la relation entre matière et conscience. Dans ce modèle, l'esprit et la matière sont perçus comme des projections dans notre ordre explicite de la réalité sous-jacente, l'ordre implicite.

En fait, si je lis bien Jean Staune, David Bohm, en voulant combler les failles de son modèle, arriva, bien des années après, à retrouver, purement et simplement... le réalisme non physique de notre chapitre 3: l'idée que ce qui est n'est pas dans l'espace et dans le temps et n'est pas constitué d'énergie et de matière! Il en arrive à penser que, loin d'être issue de la matière (l'horreur suprême pour un matérialiste), la conscience provient de ce réel primaire qui est voilé pour nous (comme celui de Bernard d'Espagnat): "L'ordre impliqué de l'Univers est sans doute ce qui touche notre conscience en premier, car elle-même semble fondamentalement appartenir à cet ordre. Pourtant, notre intelligence sensorielle s'interpose aussitôt entre le réel primaire et nous pour nous le rendre différencié, mais aussi, du même coup, étranger. Terrible illusion du "bon sens" commun."
Nous revenons ainsi au point de départ, mais il reste une branche à explorer: la théorie des univers parallèles.

liens: lpm.u-nancy.fr -Les diagrammes de Feynman, la partition du modèle standard 
feynman.phy.ulaval.ca -Les diagrammes de Feynman

wikipedia.org -Théorie de De Broglie-Bohm     wikipedia.org -Potentiel quantique

asmp.fr -3- La non-localité et la théorie de Bohm Jean Bricmont

astrosurf.com -L'ordre implicite de David Bohm   

chaouqi.net -David Bohm, ordre implié et holomouvement

sergecar.perso.neuf.fr -Rupert Sheldrake l'ordre implié selon David Bohm

 

7) La Théorie des univers parallèles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment des univers parallèles pourraient-ils exister ?

Ici, nous revenons dans le formalisme de la physique quantique orthodoxe. Hugh Everett a proposé en 1957 une interprétation de la fonction d'onde en mécanique quantique : pour lui, cette fonction décrit la réalité, et toute la réalité. Simplement, chaque fois qu'un choix doit être fait, l'Univers... se duplique pour permettre à tous les états possibles d'exister simultanément. 

(Il convient de noter que cette interprétation ne se prononce pas sur la question de savoir s'il y a duplication de la réalité (many-worlds) ou duplication au contraire des observateurs de cette même réalité (many-minds), puisqu'elles ne présentent pas de différence fonctionnelle). Fini le problème de la mesure, ou celui de savoir par quelle fente passe l'électron, mais la non-localité est toujours présente dans chacun des Univers. 

Cela paraît incroyable, mais certains physiciens (de plus en plus?) croient croient vraiment à cette théorie (besoindesavoir.com -L’hypothèse des univers parallèles gagne du terrain chez les scientifiques). Il s'agit bien de la duplication de tout l'Univers et de ses galaxies et non d'une petite portion. Est-ce un besoin irrépressible de se débarrasser des problèmes philosophiques posés par la mécanique quantique?  


Liens: wikipedia.org -Univers parallèle     astronomes.com -Les univers parallèles

fbon.free.fr -les univers parallèles et les voyages temporels 
science-et-magie.com -Les Univers parallèles multiples, divergents ou supérieurs

ovnisant.com -la théorie des univers parallèles ou multiples et leurs différents niveaux

pearltrees.com -univers parallèles      spirituellotus.xooit.com -Les mondes multiples divergents

besoindesavoir.com -L’hypothèse des univers parallèles gagne du terrain chez les scientifiques

 

8) Faisons le point sur cet article.

Nous sommes partis du cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900, puis de la naissance de la physique quantique et de son interprétation orthodoxe. Nous avons été amenés à nous poser la question: et... si la science n'avait rien à dire sur la réalité? Nous avons alors examiné diverses interprétations et théories qui veulent aller plus loin que l'interprétation orthodoxe pour expliquer l'apparence de notre monde et donner une chance de survie au réalisme classique, depuis Le réalisme non physique jusqu'à la théorie des mondes parallèles. 

Mais puisqu'il y a plusieurs façons d'interpréter la physique quantique, chacune se divisant en plusieurs sous-interprétations, toutes reposant sur le même formalisme, pourquoi en choisir une plutôt qu'une autre? Nous examinerons cet aspect de la question dans la deuxième partie de l'article qui traitera de cette nouvelle physique et ses rapports avec l'apparence du monde qui nous entoure et nous nous demanderons aussi pourquoi faut-il la faire connaître pour faire reculer l'obscurantisme?


Mes liens pour les articles "notre existence a-t-elle un sens?"

14:06 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/08/2012

5) partie 2 Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.


Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie: 
Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.

La non-localité

 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

 

 

En préambule, Edgar Morin nous parle du réel...

 

 

À l'occasion des représentations de Enter the Ghost, d'après l’essai de Pier Paolo Pasolini Contre la télévision, de la compagnie la Llevantina (au Forum de Blanc-Mesnil du 15 au 17 novembre), Marie-José Malis, metteur en scène, était l’invitée du débat du dimanche 11 novembre aux Phares sur le thème « Qu'est-ce que la réalité ? ». Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par la fin : la réalité est ce paradoxe à la fois ineffable et dont on peut parler pendant deux heures. C’est un peu court ? C’est trop long ? À vous de juger.

En guise d’introduction, Marie-José Malis explique que Pasolini fait référence à deux émissions vues à la télévision italienne : un reportage sur saint François d’Assise et une émission littéraire. Il s’indigne de la façon dont la télévision traite la réalité, selon lui avec vulgarité voire avec haine. Pour le metteur en scène, la question devient : « Comment inventer un régime d’images qui puissent rendre compte de la réalité ? » Pour cela, il convient de trouver des outils pour distinguer le réel de la réalité, quelque chose qui résisterait à la domestication de la réalité, et que l’on nomme justement « le réel ». Comment accéder à ce réel de la réalité ?

Le débat engagé, la première intervention fut pour signaler qu’on ne voit le réel qu’à travers un prisme – le nôtre – et qu’en conséquence, on ne pouvait approcher LE réel en soi. En effet, la réalité vécue comme une représentation, et représentée, n’est déjà plus le réel. À chacun sa réalité. La seconde intervention distingua le réel comme « plus objectif que la réalité » qui, elle, serait une notion personnelle. Mais quelle notion n’est pas personnelle ? demanda l’animateur. Un troisième intervenant affirma que la réalité ne se distinguait pas de l’apparence ; un autre, que la réalité est ce qui excède tout ce que l’on peut en dire, ce qui existe indépendamment de soi (le temps, l’espace,…). La représentation ne serait qu’une subjectivité moins englobante que cette transcendance qui, selon Jaspers, embrasserait le morcellement du réel. Bref, autant demander à un poisson rouge de décrire l'eau de son bocal. La réalité s’annonce comme une notion « trop compliquée à définir », et je pensais que c’est peut-être une chance, car ce sont précisément ces notions-là qui font le miel des cafés-philo.

 

 

1) Résumé de l'article précédent

 

 

 


Après les réflexions exprimées dans les premiers articles,nous avons commencé par évoquer le cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900wikipedia.org -années 1900 en scienceLe déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche: "Rien de nouveau ne sera désormais découvert en physique. Les seuls progrès consisteront en des mesures de plus en plus précises." Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir.

Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quantaMais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet pho-électrique.  Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, mais cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait alors largement cette théorie. Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens ainsi que le rapporte Banesh Hoffmann qui fut l'élève d'Einstein, dans "Létrange histoire des quantas". Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau. Ainsi, après la lumière, les quanta sont passés dans la matière. Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Une incertitude fondamentale existe donc dans la nature. On ne peut donc connaître de façon précise tout à la fois la position et la vitesse d'une particule.  La réalité est, en fait, bien plus étrange: on ne peut pas dire que les particules aient une position et une vitesse lorsqu'on ne les observe pas.

Nous avons aussi appris dans cet article que l'électron (et la matière en conséquence), interfère avec lui-même.  Tout se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps dans l'expérience et d'interférer avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes". Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets. Non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.

lien: wikipedia.org -Postulats de la mécanique quantique 

initiationphilo.fr -LE MONDE QUANTIQUE L’INTERPRÉTATION DE COPENHAGUE

larecherche.fr -L'erreur d'Einstein Le monde quantique, une question de perspective

 

2) Le paradoxe EPR et la découverte de la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité.

 

philippe.boeuf.pagesperso-orange.fr -congrès de Solvay 1927 

maths-et-physique.net -une vidéo du congrès de Solvay en 1927

 

a) La controverse Einstein-Bohr. Nous avons découvert au chapitre 1) et dans l'article précédent les premiers "ravages" de la physique quantique, mais le pire était à venir. Niels Bohr pensait que la physique quantique était complète. Il défendait sa validité et sa portée universelles en estimant qu’elle ne pourrait pas être améliorée  et que la représentation de la réalité qui en découlait était la meilleure possible. Mais cette représentation était trop floue pour Einstein qui considérait qu’elle ne pouvait être qu’une théorie approximative, provisoire et vouée à être un jour dépassée. Leurs convictions respectives étaient dictées par des visions différentes de la nature de la réalité et de la manière dont le physicien peut en rendre compte (voir Einstein, Bohr et la mécanique quantique). Einstein réfutait les idées de Bohr en mettant au point des "expériences de pensée" dont le simple énoncé devait démontrer que la physique quantique était incomplète et Bohr démontrait illico que la physique quantique répondait à ces objections et donc gardait son statut de théorie achevée. 

La cible prioritaire d'Einstein était le principe d'incertitude ("Dieu ne joue pas au dés" disait-il). Werner Heisenberg a témoigné de l'intensité de ces "joutes intellectuelles" durant le célèbre congrès de Solvay. Ce cinquième Conseil international Solvay, en octobre 1927, dont le thème intitulé « Électrons et Photons » portait principalement sur la mécanique quantique : dix-sept des vingt-neuf personnalités présentes à ce congrès (soit plus de la moitié) étaient ou allaient devenir lauréats du prix NobelC'est à cette occasion qu'eurent lieu les échanges entre les représentants de l'« école de Copenhague » (Bohr, Heisenberg, Ehrenfest, etc.) et d'autres physiciens (Einstein, Schrödingerde Broglie notamment), partisans d'une physique quantique à caractère déterministe. Ce congrès se déroula à l'Institut de physiologie du parc Léopold, aujourd'hui bâtiment principal du Lycée Émile Jacqmain, près du Parlement européen à Bruxelles. Heisenberg raconte: "Nos controverses commençaient en généra tôt le matin, Einstein nous exposant au petit déjeuner une nouvelle expérience idéale susceptible de contredire le principe d'incertitudeBien entendu, nous commencions immédiatement à analyser cette expérience; et sur le chemin vers la salle de conférences, où j'accompagnais en général Bohr et Einstein, un première clarification de la question posée et de l'affirmation formulée était réalisée. Au cours de la journée, de nombreuses discussions étaient menées sur ce problème, et en général nous arrivions le soir à un point où Bohr prouvait à Einstein, au cours du dîner, que l'expérience envisagée ne pouvait pas aboutir à une réfutation du principe d'incertitude. Einstein était alors quelque peu inquiet, mais déjà le matin suivant, au petit déjeuner, il avait une autre expérience idéale, toute prête, à nous proposer, plus compliquée que la précédente, et à son avis susceptible de démentir définitivement le principe d'incertitude. Celle-ci devait elle aussi échouer le soir même..." Les remarques que lui faisait Paul Ehrenfest sur son attitude vis à vis de la théorie quantique le firent certainement réfléchir. Il mit une sourdine à ses attaques, mais ne renonça pas. Huit ans après, en 1935, il pensa frapper le coup décisif avec le "paradoxe EPR", du nom d'Einstein et de deux de ses collaborateurs, Boris Podolsky et Nathan Rosen


b) Le paradoxe EPRLeur article, l'un des plus célèbres de l'histoire de la physique, s'intitule: "Peut-on considérer que la mécanique quantique donne de la réalité physique une description complète?" Au terme de l'article, Einstein a dû savourer cette phrase: "nous nous voyons contraints de conclure que la description de la réalité physique donnée par les fonctions d'onde n'est pas complète". 

Le paradoxe EPR, abréviation de Einstein-Podolsky-Rosen, est une expérience de pensée, élaborée par Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen, dont le but premier était de réfuter l'interprétation de Copenhague de la physique quantique. L'argument EPR, tel que présenté en 1935, est fondé sur le raisonnement suivant.

Tout d'abord il faut rappeler que le principe d'indétermination interdit de connaître simultanément la valeur précise de deux quantités physiques dites incompatibles (typiquement, la vitesse et la position d'une particule). Plus on mesure avec précision une quantité, plus la mesure de l'autre est indéterminée.En conséquence de ce principe, EPR en déduit deux affirmations mutuellement exclusives :

  1. Soit la description de la réalité donnée par la mécanique quantique n'est pas complète.
  2. Soit les deux quantités physiques incompatibles n'ont pas simultanément une réalité objective.

L'interprétation de Copenhague arrive à la conclusion que 2) est vrai et 1) est faux, alors que EPR entendent démontrer que 1) est vrai et 2) est faux.

Pour cela, ils mettent au point une expérience de pensée qui mène à la détermination simultanée de deux quantités physiques non-commutables, et donc à la conclusion que 2) est faux et par conséquent (les deux affirmations étant mutuellement exclusives) que 1) est vrai. Pour démontrer que 2) est faux, il est indispensable de définir précisément ce qu'est la notion de « réalité » d'une quantité physique (par exemple la « position »). EPR mettent en évidence une condition suffisante de « réalité » :

  • Si, sans perturber en aucune manière l'état d'un système, on peut prédire avec certitude (avec une probabilité égale à l'unité) la valeur d'une quantité physique de ce système, alors il existe un élément de réalité correspondant à cette quantité physique.

Le « dispositif expérimental » (de pensée) proposé en 1935 est assez complexe, mais peut être décrit de manière plus simple sans en changer l'esprit. Soient deux photons P1 et P2 intriqués de manière à avoir un moment angulaire total égal à zéro (spins anti-corrélés). Les deux quantités physiques non-commutables utilisées dans le raisonnement sont : 1) Le spin mesuré selon une direction Sx  2) Le spin mesuré selon une autre direction Sz. Si on mesure P1 selon Sx, alors - sans aucunement perturber P2 (on suppose le principe de localité) on connaît nécessairement la mesure de P2 selon cet axe (l'opposé). De même, si on mesure P2 selon Sz, alors - sans aucunement perturber P1, on connaît nécessairement la mesure de P1 selon cet axe (l'opposé également). Donc, la mesure de P1 selon un axe et de P2 selon l'autre permet de prédire avec certitude la valeur des deux quantités physiques. Ces deux quantités possèdent donc une réalité objective, et par conséquent 2) est faux et 1) est vrai.Tel est le paradoxe formulé initialement par EPR.


Afin de prévenir toute critique, Einstein a identifié une faille possible dans sa démonstration: "On pourrait affirmer que la mesure de A ne modifie pas seulement l'état de A mais également celui de B. Dans ce cas, la mesure effectuée de la vitesse de B serait V'(B), vitesse de B après mesure de la position de A. On en déduirait un V'(A) qui serait différent de V(A), valeur de la vitesse de A au moment où on a mesuré la position de A. Dans ce cas, le principe d'incertitude serait toujours valable. Mais c'est impossible car dans notre Univers, on ne peut dépasser la vitesse de la lumière selon la relativité restreinte. Donc il suffit que A et B soient suffisamment éloignés et que les mesures soient effectuées de manière suffisamment rapides,  pour qu'aucun signal ne puisse , partant de A, atteindre B avant que la mesure soit effectuée. On peut donc mesurer A sans perturber aucunement la mesure de B". 

Niels Bohr répondit immédiatement. Sa réponse est relativement obscure (
Jean Staune), même pour des physiciens professionnels: "La question essentielle est celle d'une influence sur les conditions même qui définissent les types possibles de prédiction relatives au comportement futur du système." Il semble affirmer que la mesure sur une particule aura bien un effet sur l'autre, où qu'elle se trouve.

Einstein n'accepta jamais cette réponse. En effet, une telle influence doit être supra-lumineuse. "On ne peut échapper à cette conclusion (que la théorie quantique est incomplète), qu'en supposant que la mesure pratiquée sur une particule modifie (télépathiquement?) la situation réelle de l'autre particule, ou qu'en niant l'indépendance de situations réelles relative à des objets qui sont séparés spatialement les uns des autres. L'une et l'autre branche de l'alternative me semblent entièrement inacceptables." En effet, si lors de la mesure, les électrons sont suffisamment éloignés l'un de l'autre, un influence mutuelle doit être supralumineuse. Einstein soutenait le "principe de localité" et raillait cette "action fantôme à distance". En physique, le principe de localité, connu également sous le nom de principe de séparabilité, stipule que des objets distants ne peuvent avoir une influence directe l'un sur l'autre; un objet ne peut être influencé que par son environnement immédiat. Ce principe, issu de la relativité restreinte, a été précisé en ces termes par Albert Einstein.


c) Jonh Bell apporte une réponse.

C'est en 1965 que jonh Bell montra qu'un test expérimental était possible, non avec des positions et des vitesses, mais avec les polarisations des photons. La polarisation d'un photon est aléatoirement "+" ou "-" quand elle est mesurée dans une direction donnée. Il est possible d'émettre un couple de photons (photons corrélés) qui donneront des réponses identiques quand on mesure leur polarisation selon une même direction. Mais si on mesure la polarisation des membres d'un couple selon des directions différentes, cette corrélation disparaît. Jean Staune compare cette situation à celle de jumeaux participant à un jeu télévisé. Ils donnent exactement les mêmes réponses aux mêmes questions. Il est possible qu'ils aient les mêmes aptitudes et qu'ils aient acquis les mêmes connaissances durant leur vie. Mais si la corrélation entre leurs réponses  continue au fur et à mesure qu'on leur pose de nouvelles questions, alors, une hypothèse peut venir à l'esprit: les jumeaux communiquent entre eux d'une façon ou d'une autre. Lorsqu'on constate ce type de corrélation, soit les réponses au questions préexistaient dans le cerveau des jumeaux avant le début du jeu, soit c'est grâce à une communication au moment où on leur pose la question que la corrélation peut exister. 

Dans une première hypothèse, les deux photons possèdent dès le début une polarisation, qui si elle est mesurée dans une direction quelconque X, donnera la réponse "+" par exemple. Mais, comme cela est vrai quelle que soit la direction X, chaque particule devrait porter en elle les caractéristiques de polarisation relatives à toutes les directions à la fois, ce qui est en contradiction avec les principes de base de la physique quantique. Il faut en conclure, et c'est la position d'Einstein, qu'il existe des variables cachées, qui, si elle étaient connues, permettraient de prédire le résultat des mesures. Mais il existe une deuxième possibilité à laquelle Bohr osait à peine faire référence lorsqu'il parlait "d'influence sur les conditions de l'expérience". Les particules ne sont porteuses d'aucune polarisation durant leur parcours vers les instruments de mesure. A l'arrivée, lorsqu'une des particules répond, de façon totalement aléatoire, "+" par exemple, l'autre, de façon totalement coordonnée, répond la même chose. Si la mesure n'avait pas été effectuée sur la première, alors une mesure sur la deuxième particule aurait été totalement aléatoire. Mais si on observe la réponse "+" sur la première particule, on sait avec une certitude absolue que la deuxième particule répondra "+" aussi. Or, les deux particules peuvent être éloignées dans l'espace et les mesures effectuées de façon suffisamment rapprochées pour qu'aucun signa allant à la vitesse de la lumière de puisse "informer" la seconde particule qu'une mesure est effectuée sur la première. Comment savoir quelle est la bonne hypothèse? C'est à jonh Bell qu'on doit d'avoir montré dans son article de 1965 que si on pose la question aux deux photons: "quelle est la valeur de ta polarisation en direction X" pour l'un et "en direction Y" pour l'autre,  il existe des relations entre les résultats des mesures sur certains couples de photons, qui doivent être toujours être respectées si la première hypothèse est vraie. Ces relations sont exprimées par les "inégalités de Bell". Elles portent sur les résultats de séries de mesures effectuées sur des couples de photons dont la polarisation de chaque membre du couple a été mesurée dans une direction différente de son "jumeau". Si ces inégalités sont violées, c'est une démonstration de la fausseté de la première hypothèse (les particules portent en elles des propriétés bien déterminées avant la mesure). Il ne reste plus alors qu'à accepter la deuxième hypothèse. 

Ces inégalités permettaient de lever un des deux obstacles à la réalisation d'expériences EPR. Mais en 1964, les moyens techniques étaient toujours insuffisants pour mettre en place concrètement ce type d'expérience.


d) Les expériences d'Alain Aspect www2.cnrs.fr -Alain Aspect. Un éclaireur dans la lumière 

 

 

 

 

 

 

 

La réalisation d'expériences EPR a commencé à être techniquement envisageable à partir de 1969, un article ayant été publié montrant la faisabilité d'une expérienceDeux universités, Harvard et Berkeley, ont commencé à mettre en œuvre un protocole expérimental sur ces bases, et les expériences ont eu lieu en 1972Les résultats furent contradictoires. Le problème  était notamment une source de particules intriquées peu fiable et à faible débit. En 1976, la même expérience fut répétée à Houston avec une meilleure source de photons intriqués, de débit plus élevé. Mais aussi  ces expériences n'étaient pas assez élaborées pour évacuer la possibilité de corrélations qui serait dues à une influence ou à un signal quelconque, classique, de vitesse infra-luminique se propageant entre les deux particules. En 1980, il manquait donc encore une expérience décisive vérifiant la réalité de l'état d'intrication quantique, sur la base de la violation des inégalités de Bell.

Alain Aspect a spécifié son expérience pour qu'elle puisse être la plus décisive possible, c'est-à-dire :

  • Elle doit avoir une excellente source de particules intriquées, afin d'avoir un temps d'expérience court, et une violation la plus nette possible des inégalités de Bell.
  • Elle doit mettre en évidence non seulement qu'il existe des corrélations de mesure, mais aussi que ces corrélations sont bien dues à un effet quantique (et par conséquent à une influence instantanée), et non à un effet classique qui se propagerait à une vitesse inférieure ou égale à celle de la lumière entre les deux particules.
  • Le schéma expérimental doit être le plus proche possible du schéma utilisé par John Bell pour démontrer ses inégalités, afin que l'accord entre les résultats mesurés et prédits soit le plus significatif possible.

 

Rappel du schéma « idéal » de John Bell (source wikipedia)

Expérience « idéale » EPR

Le schéma ci-dessus représente le schéma de principe à partir duquel John Bell a démontré ses inégalités : une source de photons intriqués S émet simultanément deux photons nu 1 et nu 2 dont la polarisation est préparée de telle manière que le vecteur d'état de l'ensemble des deux photons soit :

|psi(nu 1,nu 2)rangle = {1 over sqrt{2}} left{ | uparrow , uparrowrangle + | rightarrow , rightarrow rangle right}

 

Alain Aspectphilippe Grangier et Gérard Roger ont mis au point une expérience de ce type à l'université Paris XI. En 1982, l'expérience livra un verdict implacable: si l"on choisit d'effectuer ces mesures sur les photons dans certaines directions, les résultats violent les inégalités de Bell. Einstein avait tort, le principe de localité vole en éclats. 

Ainsi, la prédiction la plus incroyable de la physique quantique était vérifiée. Un des fondements de la science classique et de toute conception "raisonnable" du monde et du réel (selon la conception d'Einstein), venait de disparaître. [Si, sans perturber en aucune manière l'état d'un système, on peut prédire avec certitude (avec une probabilité égale à l'unité) la valeur d'une quantité physique de ce système, alors il existe un élément de réalité correspondant à cette quantité physique].

liens: La controverse Bohr-Einstein:  irsamc.ups-tlse.fr -Einstein, Bohr et la mécanique quantique

yannick.bezin.perso.sfr.fr -Werner HEISENBERG PHYSIQUE ET PHILOSOPHIE (1955 – 1956)

www2.cnrs.fr -le débat bohr-einstein et l'intrication quantique à l'épreuve de l'expérience 
linternaute.com -Ce paradoxe avec lequel Einstein rejetait le hasard

eanpierrevarlenge.com -Duel au sommet (catégorie poids lourd !) : A. Einstein vs N. Bohr

lalibre.be -Le combat du siècle : Einstein face à Bohr Guy Duplat

en.wikipedia.org -Bohr-Einstein débats     wikipedia.org -Congrés de Solvay (1927)

webastro.net/forum -Vidéo émouvante du congrès Solvay de 1927

futura-sciences.com -Atomes et miroir pour une expérience de pensée quantique d'Einstein

wikipedia.org -Principe de localité (physique) (soutenu par Einstein)

Le paradoxe EPR: wikipedia.org -Paradoxe EPR

reynal.ensea.fr -Paradoxe EPR

astronomes.com -Le paradoxe EPR et la non-séparabilité

astrosurf.com/luxorion -Le paradoxe EPR

techno-science.net -Paradoxe EPR

futura-sciences.com -Le paradoxe EPR, ou paradoxe d'Einstein-Podolski-Rosen,

bibnum.education.fr -L’argument de Einstein, Podolsky et Rosen

plato.stanford.edu -L'argument d'Einstein-Podolsky-Rosen dans la théorie quantique

fruitymag.com -La non-localité et enchevêtrement

asmp.fr -3- La non-localité et la théorie de Bohm Jean Bricmont

futura-sciences.com -Paradoxe EPR : des signaux plus rapides que la lumière ? 
wikipedia.org -Variable cachée

wikipedia.org -Intrication quantique

wikipedia.org -Chat de Schrödinger

wikipedia.org -Inégalités de Bell

cours.espci.fr -LE « PARADOXE » EPR & L’INEGALITE DE BELL

youtube.com -Olivier Costa de Beauregard - EPR - 1998.mov

wikipedia.org -Bell test experiments

les expériences d'Aspect:

youtube.com -questions à Alain Aspect 17 mars 2012

wikipedia.org -Expérience d'Aspect     feynman.phy.ulaval.ca -les expériences d'Aspect

ch.hubert.pagesperso-orange.fr -EXPERIENCE D'ASPECT par Charles Hubert

admiroutes.asso.fr -Expériences EPR, interaction d'échange et non localité

gate.free.fr -SOURCESDELUMIEREPOUR L'INFORMATIONQUANTIQUE

feynman.phy.ulaval.ca -LES EXPÉRIENCES D'ASPECT

 

 

3) La non-localité.


Suite à ce résultat pourtant inouï, une grande réunion fut organisée et de nombreux ouvrages furent édités et le résultat fur vulgarisé, mais il ne se passa rien ou presque. Pourtant, dorénavant, toute théorie physique relative à la nature du monde se devra d'intégrer la non-localité. Jonh Bell lui-même l'a proclamé à plusieurs reprises dans "speakable and unspeakable in quantum mechanics": "nous ne pouvons que l'intervention sur l'un des côtés ait une influence causale sur l'autre"; "Certaines corrélations particulières sont localement inexplicables. Elles ne peuvent être expliquées sans action à distance"... Même Jean Brickmont, l'un des porte-drapeau des physiciens les plus rationalistes et matérialistes l'a reconnu: "La non-localité est une propriété de la nature établie à partir d'expériences et de raisonnements élémentaires, indépendamment de l'interprétation que l'on donne au formalisme quantique. Par conséquent, toute théorie ultérieure qui pourrait remplacer la mécanique quantique devra également être non-locale". 

Il y a deux façons de considérer le phénomène: soit il s'agit d'une influence qui ne peut être véhiculée par de la matière ou de l'énergie, car elle ne pourrait pas aller plus vite que la lumière, et qui s'exerce d'une particule sur l'autre (on parle alors de non-localité), soit, comme le pensent une majorité de physiciens actuels, les deux particules forment un seul et même objet, même lorsqu'on les mesure dans des instruments pouvant, en théorie, être séparés par des milliers de km. Dans ce cas on parle plutôt de non-séparabilité, car les particules ne peuvent être séparées (tant qu'on n'a pas fait de mesure sur elles). Les deux descriptions sont équivalentes (selon Bernard d'Espagnat) car dans les deux cas, une violation de la séparabilité einsteinienne nécessite une interaction instantanée à distance, soit entre deux systèmes distincts, soit à l'intérieur d'un seul et même système étendu à tout l'espace. Il n'y a donc pas d'échappatoire possible: "nous sommes conduits à réviser radicalement nos conceptions relatives aux fondements même de la réalité" (Jean Staune).


"C'est la raison pour laquelle ce résultat est d'une telle importance: Il s'agit d'une évolution majeure de nos connaissances. Au-delà de cette expérience, toutes une série de visions du monde ne sont plus valables..." (Jean Staune). Alors pourquoi chacune ne ne parle t-il pas de la non-localité? Sans doute pour les mêmes raisons qu'il a fallu deux siècles pour  nommer le VXIè siècle, le "siècle de la révolution copernicienne", d'autant plus que nous sommes dans une période de changement de paradigme, et même les esprits les plus brillants abandonnent avec réticence les concepts sur lesquels reposent leur vision du monde. Pour Jean Staune, aujourd'hui, de nombreux physiciens tendent à diminuer l'importance de la non-séparabilité, voire racontent-ils des choses fausses à son sujet. Ainsi jean Brickmont Peut-il écrire: "La majorité des physiciens n'est pas dérangée par le paradoxe EPR. Mais cette majorité se divise en deux types. Ceux du premier type expliquent pourquoi cela ne les dérange pas. Leurs explications tendent à être entièrement à côté de la question ou à contenir des assertions dont on peut montrer qu'elles sont fausses. Ceux du deuxième type ne sont pas dérangés et refusent de dire pourquoi. Leur position est inattaquable (il existe une variante de ce type qui dit que Bohr a tout expliqué mais refuse de dire comment)." 

La désinformation la plus grave consiste à affirmer: "il n'y a aucune action à distance dans les expériences de type EPR" et à ne rien rajouter. On peut dire cela, à condition d'accepter que les deux particules forment un seul et même objet même lorsqu'elles sont dans des instruments de mesure séparés par de très grandes distances. Comment, dans une telle situation, parler d'action d'une particule sur l'autre puisqu'il n'y a plus qu'un seul objet. Il faut donc rajouter dans ce cas, que nos concepts familiers relatifs à l'espace et au temps doivent être remis en cause beaucoup plus profondément que s'il y avait une action fantôme.

Un exemple emblématique d'un scientifique effectuant ce type de démarche est celui du prix Nobel de physique Murray Gell-Man. Dans un ouvrage de vulgarisation, il affirme: "nul signal ne passe d'un photon à l'autre. Il n'y a aucune action à distance", laissant ainsi le lecteur penser que rien ne vient perturber notre vision du monde. Ce qui paraît incroyable, c'est qu'il est l'auteur, avec Jim Hartle d'une interprétation de la mécanique quantique visant à à restaurer l'objectivité forte (La nature possède une réalité objective, indépendante de nos perceptions sensorielles ou de nos moyens d'investigation). Or, dans ce cas, l'action à distance est la seule interprétation possible, comme l'a montré Bernard d'Espagnat!
A l'inverse, Jean Bricmont, tout en pourfendant le rapprochement de la science et de la religion, est d'une lucidité et d'une honnêteté irréprochables: il compare la non-localité à magicien (il ne s'agit que d'une analogie) capable d'agir à distance sur une personne en manipulant son effigie quelle soit la distance qui les sépare. Certes, on ne peut pas transmettre d'information en utilisant la non-localité, "mais les autres aspects sont bien là et ils sont déconcertants: instantanéité, individualité, non-décroissance avec la distance [...] contrairement à toutes les forces connues en physique [...] se propage plus vite que la vitesse de la lumière."  Et Brickmont n'hésite pas à parler de propriétés "magiques" de la non-localité. 


Pour conclure cet article, rappelons ce que disent Sven Ortoli et Jean Pierre Pharabod: "La physique quantique porte en elle les germes d'une immense révolution culturelle qui, pour le moment, n'a été réalisée qu'à l'intérieur d'un petit cénacle de scientifiques." Alors, la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité?


Dans le prochain article, nous continuerons notre quête avec l'aide de Jean staune: vers un réalisme non physique...

 

liens non-localité et intrication quantique:

br -Interventions dans le débat qui a suivi la conférence d'Alain Aspect

wikipedia.org -Principe de localité (physique)

outre-vie.forumactif.com -physique quantique: le principe de non localité

asmp.fr -La non-localité et la théorie de Bohm Jean Bricmont

unige.ch -De la non-localité ou le problème EPR2

forums.futura-sciences.com -non localité/intrication quantique

canal-u.tv/video -LA PHYSIQUE QUANTIQUE (SERGE HAROCHE)

chaouqi.net -La non-séparabilité

avec jonh wheeler: Un tour de magie quantique dans le passé avec des photons intriqués ?

wikipedia.org -Intrication quantique    futura-sciences.com -Intrication quantique

it.scribd.com -Bell-John: Speakable And Unspeakable In Quantum Mechanics

cortecs.org -Physique quantique, implications philosophiques et affaire Sokal par Jean Bricmont

scribd.com -Jean-Bricmont: CONTRE LA PHILOSOPHIEDE LA MECANIQUE QUANTIQUE

intelligence -Le quark et le jaguar. Voyage au coeur du simple et du complexe

vincent.devictor.free.fr -L’objectivité,dans,la,recherche,scientifique

cairn.info -Kuhn et le problème de l’objectivité

 

Mes liens pour les articles "notre existence a-t-elle un sens?"

12:57 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/08/2012

5 Partie 1) Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.


Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie:
Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable.

 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.

Je consulte souvent aussi:

astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

 

 

En exergue: "Quiconque n'est pas choqué par la mécanique quantique quand il la découvre ne l'a certainement pas comprise." Niels Bohr

1) Cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900wikipedia.org -années 1900 en science.

 

astrosurf.com -l'expérience e Michelson et Morley

a) -Nous vivons dans un univers où le temps, l'espace, l'énergie et la matière forment le cadre de ce qui est.

-Le principe de causalité règne en maître absolu: tout ce qui se produit dans l'univers a une cause physique. Selon ce principe, l'idée qu'une action effectuée à un endroit puisse avoir un effet à un  autre endroit sans que le moindre lien existe entre les deux est absurde.


En physique, le principe de causalité affirme que si un phénomène (nommé cause) produit un autre phénomène (nommé effet), alorsl'effet ne peut précéder la cause. À ce jour, il n'a pas été mis en défaut par l’expérience, mais certaines théories envisagent une causalité inversée.

Le principe de causalité est une des contraintes réalistes imposées à toute théorie mathématiquement cohérente afin qu'elle soit physiquement admissible.


-L'Univers repose sur des bases sûres telle que les notions de force, de "trajectoire" et de point matériel, claires et distinctes et qui permettent de comprendre comment il fonctionne.

-Le réductionnisme est une méthode adéquate pour explorer la réalité.


b) Le déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche: "Rien de nouveau ne sera désormais découvert en physique. Les seuls progrès consisteront en des mesures de plus en plus précises." Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir. Or ces deux petits nuages deviendront deux tornades qui balayeront les conceptions de la physique de Newton: le relativité et la physique quantique. Dans ce article, nous examinerons d'abord la physique quantique.

 

 

 

 

 

liens: cpa34.midiblogs.com -Cartes Postales Anciennes de l'Hérault

wikipedia.org -Preuve ontologique de Gödel de l'existence de Dieu

patriceweisz.blogspot.fr -Dieu n'est ps phénoménal (la preuve ontologique de Gödel)

tribunes.com -Une démonstration divine

philoreligion.com -l'existence de Dieu cause première ou éternel retour?

revue-klesis.org -L’argument fantastique La preuve ontologique repose-t-elle sur une ambiguïté ?

sergecar.perso.neuf.fr -causalité et non-causalité

persee.fr/web -Notes sur le principe de causalité

persee.fr -Fin de siècle, fin des sciences

 

2) Des notions de base étranges.

Préambule: La lumière a constitué depuis l'Antiquité un objet central de recherche. Cependant ce n'est qu'au XVIIe siècle que les théories physiques de la lumière, c'est-à-dire l'étude de la lumière et des couleurs au sens où nous l'entendons encore aujourd'hui, connurent leur véritable essor. Nous présenterons donc tout d'abord le cadre historique, conceptuel et expérimental à l'intérieur duquel se sont constituées les théories de la lumière et des couleurs au XVIIe siècle. Nous nous attacherons ensuite à suivre à travers l'analyse des principaux phénomènes (interférence, diffraction, polarisation) les enjeux du débat entre théories ondulatoires et corpusculaires. Nous consacrerons la dernière partie aux aspects contemporains des théories de la lumière dans leur rapport avec la structure atomique et la mécanique quantique.


 


httblog.bessora.fr -la catastrophe ultraviolette

a) Le problème du rayonnement du corps noir. En physique, un corps noir désigne un objet idéal dont le spectre électromagnétique ne dépend que de sa température. Le nom corps noir a été introduit par le physicien Gustav Kirchhoff en 1862. Le modèle du corps noir permit à Max Planck de découvrir la quantification des interactions électromagnétiques, qui fut un des fondements de la physique quantique. La loi de Planck décrit l'émission d'un corps noir de température T : {{ mathcal{B}}}_lambda (T) = {2 h c^{2} lambda^{-5} over expdisplaystyle{hcover lambda k _{mathrm{B}}T} -1}.


A la fin du XIXè siècle, le problème du "rayonnement du corps noir" reposait sur les anomalies du spectre d'un corps noir lorsqu'il est chauffé. Le rayonnement qu'il émet se situe d'abord dans le visible, puis dans l'ultraviolet. Il était alors impossible d'établir une loi rendant compte à la fois des observations dans l'ultra-violet et dans l'infrarouge (deux lois donnaient des approximations  Approximations de la loi de Planck : lois de WienLoi de Stefan-Boltzmann). Ce problème, qui semblait mineur, déclencha le cataclysme conceptuel qui devait conduire à l'élaboration de la mécanique quantique.


Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quanta: le rayonnement du corps se fait par quanta (entités invisibles) contenant chacune une énergie égale à hv, v étant la fréquence de la radiation et h une constante égale à 6,62.10 (puissance-34) joules-secondes. L'énergie est donc émise de façon discontinue. Au départ, Planck lutta contre sa propre théorie en essayant de l'intégrer de force dans la théorie classique. Mais il fallait se rendre à l'évidence, il n'y avait pas d'autre moyen d'expliquer le rayonnement du corps noir. Georges Gamow a imaginé la vie dans un univers où la constante de Planck serait plus élevée dans Mr Tompkins au pays des merveilles.

"Pour le comportement quantique des particules, Gamow propulse à deux reprises Tompkins dans un monde où la constante de Planck est particulièrement élevée dans une jungle d'Afrique, proche de 1, ce qui amène l'employé à observer des boules de billard taillées dans de l'ivoire d'éléphant quantique ayant un étrange comportement : trajectoire probabiliste jusqu'au choc avec une autre boule de billard, incertitude sur la vitesse et la position... Et une fois la boule enfermée dans le triangle de bois, sa position étant ainsi réduite, sa vitesse explose et elle part dans tous les sens, selon une infinité de trajectoires, avant de traverser cette barrière qui, selon la théorie quantique, empêche de retenir longtemps une particule à un endroit précis.

Lors de son deuxième voyage dans ce monde, Tompkins part avec le professeur dans un safari à la recherche de cette jungle quantique, où ils peuvent observer d'étranges comportements animaliers : une mouche excitée va former un nuage probabiliste autour d'eux, semblable au nuage électronique des atomes, jusqu'à ce que la tapette, placée dans une zone de forte probabilité, finisse par tuer la mouche. Il y a aussi une illustration du phénomène de l'interférence avec une chasse : un groupe d'animaux rabattus (des tigres par des humains dans la version de Gamow, des gazelles par des lions dans celle de Stannard) sur une haie continue présentant deux trous (les fentes de Young), formera, passés cette haie, des zones de plus fortes présences, à l'image des interférences ondulatoires".

murdocsnook.deviantart.com/art/Interferences

b) Mais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet pho-électrique (La lumière peut créer un courant électrique en arrachant les électrons du métal), qui implique qu'elle soit constituée de corpuscules qui seront appelés "photons". Un électron est éjecté lors d'un choc avec un photon si celui-ci est porteur d'une énergie suffisante (E=hv), alors qu'aucun électron n'est éjecté, même si le nombre de photons incidents est important, lorsque l'énergie de photons est insuffisante. Ce résultat était encore plus surprenant que le premier car, si Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait largement cette théorie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fentes_de_Young

Les fentes de Young (ou interférences de Young) désignent en physique une expérience qui consiste à faire interférer deux faisceaux de lumière issus d'une même source, en les faisant passer par deux petits trous percés dans un plan opaque. Cette expérience fut réalisée pour la première fois par Thomas Young en 1801 et a permis de comprendre le comportement et la nature de la lumière. Sur un écran disposé en face des fentes de Young, on observe un motif de diffraction qui est une zone où s'alternent des franges sombres et illuminées.

Cette expérience permet alors de mettre en évidence la nature ondulatoire de la lumière.

On peut aussi réaliser cette expérience en mettant de l'eau dans un muret percé d'un trou de faible largeur. On observe un phénomène de diffraction: au-delà du trou, les vagues se répandent dans toutes les directions, alors qu'elles progressent en ligne droite si le trou est plus large. Si nous creusons deux trous de petite taille dans le muret, il y aura alors, au-delà du muret, deux phénomènes de diffraction, chacun centré sur un trou. Lorsque les vagues issues de ces deux trous se rencontreront, il se produira un phénomène d'interférence: à certains endroits, les vagues s'annuleront et l'eau sera calme (creux + bosse = plat), lorsqu'à d'autres, elles se renforceront (bosse + bosse = superbosse). Dans les creux, les ondes sont en opposition de phase, alors que dans les bosses, elles sont en phase.


Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens ainsi que le rapporte Banesh Hoffmann qui fut l'élève d'Einstein, dans "Létrange histoire des quantas": "Il est bon que le lecteur se rende compte par lui-même de la torture endurée par les physiciens de cette époque. Ils ne pouvaient faire autrement que de la supporter bon gré mal gré et erraient, ça et là, la mine sombre, disant d'une voix triste et plaintive que les lundis, mercredis et vendredis, ils  considéraient la lumière comme une onde, et les mardis, jeudis, samedis comme une particule. Les dimanches, tout simplement ils priaient."


c) Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau, et qu'ils passent de l'une à l'autre sans passer par des orbites intermédiaires. Ici intervient alors la quantification du moment cinétique vec{L} : selon l'hypothèse de Bohr :  L= nhbar n est un entier positif non nul, et hbar est la constante de Planck "réduite" (d'un facteur 2 pi). Seules les orbites ayant ce moment cinétique ne rayonnent pas : les orbites sont donc "quantifiées" par le nombre entier n positif. Cette relation s'écrit :

 

mrv=nhbar

 

 

Ainsi, après la lumière, les quanta sont passés dans la matière.


d) Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Le principe d'incertitude (ou principe d'indétermination) énonce que, pour une particule massive donnée, on ne peut pas connaître simultanément sa position et sa vitesse. La relation mathématique est :

Une incertitude fondamentale existe donc dans la nature. On ne peut donc connaître de façon précise tout à la fois la position et la vitesse d'une particule. Une première interprétation a été: si on veut "voir" un électron, il faut "l'éclairer", donc lui envoyer des photons, ce qui le perturbe et modifie sa vitesse. Heisenberg illustra son point de vue en reprenant l'idée du microscope développée par son ami Burkhard Drude. En relevant la trajectoire d'un électron explique-t-il, je peux anticiper sa position et sa vitesse future. Mais ses dimensions sont tellement petites que je dois l'éclairer avec une "lumière" de très courte longueur d'onde également, par exemple des rayons g. Heisenberg démontra ainsi que plus on essayait de préciser la position d'une particule plus son mouvement devenait incertain. L'énergie du rayonnement frappait l'électron et du même coup modifiait sa trajectoire. L'observateur "perturbait" en fait le système en cherchant à préciser les mesures de position et de vitesse. L'énergie absorbée par l'électron modifiait sa vitesse tandis que son mouvement dépendait maintenant d'un facteur extérieur. Un juste milieu devait être considéré, c'est le "principe de perversité", celui-là même qui imposera à Heisenberg la non-commutativité du produit des paramètres du mouvement.


La réalité est, en fait, bien plus étrange: on ne peut pas dire que les particules aient une position et une vitesse lorsqu'on ne les observe pas. La remarque de Michel Bitbol dans Mécanique quantique("se représenter l'indétermination quantique autrement"), peut aider à s'en faire une idée. Plutôt que d'incertitude, on devrait parler d'indétermination. Ce principe représente la première différence cruciale qui existe entre la physique classique et la nouvelle physique qui naît ainsi en ce début de XXè siècle, et qu'on appellera "quantique". Elle nous montre que l'observation n'est plus neutre, elle agit sur l'objet observé.

Mais un deuxième bouleversement se produisit lorsque, partant de l'idée que la lumière, considérée comme une onde, pouvait être également considérée comme formée de particules, Louis de Broglie montra en 1923 qu'il était possible d'attribuer une fréquence, et donc des ondes, aux particules matérielles. Cette "théorie ondulatoire de la matière" fut accueillie avec scepticisme, sauf par Einstein, mais des expériences la confirmèrent. Clinton Joseph Davisson et Lester Halbert Germer firent en avril 1925 une expérience permettant de prouver cette théorie et reçurent pour cela le prix Nobel en 1937.


liens: astrosurf.com -L'expérience de MICHELSON et MORLEY avec la physique classique

fr.wikipedia.org -Corps noir

subaru.univ-lemans -le rayonnement du corps noir

media4.obspm.fr -La loi de Planck décrit l'émission d'un corps noir de température T

sciences.univ-nantes.fr -Définitions et lois du rayonnement Thermique

wikipedia.org -Catastrophe ultraviolette

wikipedia.org -Diffraction wikipedia.org -Interférence wikipedia.org -Déphasage

wikipedia.org -Phase_(onde)

persee.fr -Banesh Hoffmann et Michel Paty, L'étrange histoire des quanta

wikipedia.org -Modèle atomique de Bohr wikipedia.org -Principe d'incertitude

conspirovniscience.com -Le principe d'incertitude d'Heisenberg stipule que l'univers n'est ni prévisible ni déterministe

futura-sciences.com -Inégalités de Heisenberg

chroniquantiques.wordpress.com -naissance de la mécanique quantique: le principe d'indétermination de Heisenberg

astrosurf.com/luxorion -Les relations d'incertitudes de Heisenberg

webastro.net/forum -L’interprétation de Copenhague

futura-sciences.com -se représenter l'indétermination quantique autrement (M. Bitbol)

res-nlp.univ-lemans.fr -Relation de L. de Broglie

wikipedia.org -Expérience de Davisson-Germer


3) Lorsqu'un électron se rencontre lui-même. La matière s'évanouit? Onde ou corpuscule?


simulation interférence d'onde quantique

Interférence d'onde quantique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

prodos.thinkertothinker.com -interférence

Remplaçons maintenant la source de lumière par un canon à électrons capable d'envoyer les électrons un par un et donc ne pouvant pas interférer avec d'autres électrons. Ils arrivent un par un sur l'écran, a priori de façon complètement aléatoire. Pourtant, au bout d'un certain temps, les électrons forment eux aussi, comme c'est le cas pour la lumière, des franges d'interférence sur l'écran.

Si on ferme une des deux fentes, alors les électrons se répartissent sur tout l'écran comme le feraient des boules matérielles lancées par un canon. Il serait tout de même stupéfiant que l'électron qui arrive sur une fente se pose la question "tiens l'autre fente est ouverte, donc je vais simuler le comportement d'une onde".

Mais par quelle fente passent les électrons lorsque les deux fentes sont ouvertes? Pour le savoir, un détecteur est installé sur les fentes (il s'agit d'un jet de photons qui interfère avec les électrons). On constate que les électrons passent soit par une fente, soit par l'autre (comme des boules matérielles) et que les figures d'interférence disparaissent. C'est le même résultat que lorsqu'une seule fente est ouverte.

En résumé: -Lorsqu'une seule fente est ouverte, les électrons recouvrent tout l'écran.

-Lorsque les deux fentes sont ouvertes, bien que les électrons aient deux fois plus de possibilités de franchir le mur, ils se concentrent tous dans des zones qui n'occupent que la moitié de l'écran.

-Lorsque les deux fentes sont ouvertes mais que l'on contrôle par quelle fente passe chaque électron, les électrons recouvrent à nouveau tout l'écran.


Tous se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps et d'interférer (se rencontrer) avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes".

Mesure : réduction du paquet d'onde; obtention d'une valeur unique; projection de l'état quantique

Si la mesure de la grandeur physique A, à l'instant t, sur un système représenté par le vecteur  | psi rangle donne comme résultat la valeur propre a_n,, alors l'état du système immédiatement après la mesure est projeté sur le sous-espace propre associé à a_n,:

|psi 'rangle=frac{hat{P}_n|psirangle}{sqrt{P(a_n)}}

Où P(a_n), est la probabilité de trouver comme résultat la valeur propre a_n, et hat{P}_n est l'opérateur projecteur défini par

hat{P}_n=sum^{g_n}_{k=1}|u_{n,k}rangle langle u_{n,k}|

Avec g_n, le degré de dégénérescence de la valeur propre a_n et les |u_{n,k}rangle les vecteurs de son sous-espace propre.

Ce postulat est aussi appelé "postulat de réduction du paquet d'onde".

L'électron-onde, "étalé" dans l'espace comme toute onde, devient instantanément un corpuscule très petit. Mais inversement, quand je ne l'observe pas, il "rejette" son masque de particule et revêt son masque d'onde. Pour Jean Staune, le côté irritant de cette situation, c'est que nous ne verrons jamais un électron sous sa forme ondulatoire, car il agit tel des élèves prenant une posture d'enfants sages lorsque le directeur ouvre la porte et ne reprenant le chahut qu'après son départ. Seules des expériences telles celles que nous venons de décrire, nous montrent, de manière indirecte, que l'électron paraît bien être dans un état ondulatoire lorsqu'il n'est pas observé. Steven Ortoli et Jean pierre Pharabod, eux, utilisent l'image du poisson soluble. Un poisson nage dans une mer boueuse: le pêcheur ne le voit pas. Pour la physique quantique, le poisson n'est pas en un point précis, il est "dissous" dans la mare, c'est un poisson soluble. C'est uniquement quand on le pêche qu'on le trouve.De même si on le rejette à l'eau, se re-dissout-il!
Construisons maintenant une représentation de l'expérience:
1) lorsqu'une seule fente est ouverte, les électrons sont ondulatoires dès qu'ils quittent le canon et passent en état ondulatoire par la fente ouverte. Ils diffractent, ce qui leur permet d'aller sur tout l'écran.
2) Lorsque les deux fentes sont ouvertes, "il n'y a pas d'autre issue possible, la dure conclusion est inévitable...que nous le voulions ou non, cet électron isolé est passé par les deux ouvertures  en même temps, et à la sortie, il a interféré avec lui-même." Bien sûr, il ne se coupe pas en deux, mais il y passe sous forme ondulatoire.

3) Lorsque le contrôle est mis en place sur les fentes, un première réduction du paquet d'ondes a lieu? L'électron se réduit et passe par une fente et une seule sous forme de particule. Dès qu'il a quitté la fente, il redevient sous forme ondulatoire, mais il ne peut plus interférer avec lui-même, étant passé sous une seule fente. il ne peut que diffracter. Le résultat est le même que si une seule fente est ouverte.
Ce qui vient d'être dit est vrai pour toutes les particules. En fait, il s'agit d'une première approche de la mécanique quantique et la réalité est même plus étrange et complexe: selon le principe de complémentarité de Bohr, il faut imaginer que l'électron est à la fois onde et particule (ce que Bohr aurait considéré comme dénué de sens). On ne peut donc même plus se représenter ce que l'électron (ou tout autre particule) est réellement, sa nature est contradictoire avec le sens commun...

wikipedia.org -Chambre à bulles


Mais qu'en est-il des atomes? Eux aussi permettent d'obtenir, en les projetant sur des cristaux, des phénomènes de diffraction et d'interférence: ce sont des ondes eux aussi quand on ne les observe pas. Ainsi, ce que l'on pouvait croire uniquement du domaine subatomique concerne aussi les atomes. Or les nous et les objets qui nous entourent sont constitués d'atomes. C'est ce qu'on traduit Ortoli et Pharabod dans "Le cantique des Quantiques": Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets." Mais non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. Quand l'électron n'est pas observé, il n'a pas de trajectoire puisqu'il est partout à la fois. Mais si on le place dans un dispositif tel qu'une chambre à bulle, on fera alors apparaître une trajectoire en interagissant avec lui.

Autre conclusion: il est impossible de prévoir en quel point de l'écran un électron particulier va arriver, même si on connait avec la plus grande précision les caractéristiques du canon à électrons, car la réduction du paquet d'ondes est un phénomène aléatoire. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.

 

liens: sciences.univ-nantes.fr -physique quantique

wikipedia.org -Interférences à un seul électron wikipedia.org -Diffraction

colorado.edu/physics -Interférence électronique

rsta.royalsocietypublishing.org -Electron interference: mystery and reality

futura-sciences.com -Choix retardé : quand la mécanique quantique "agit" sur le passé

forums.futura-sciences.com -onde ou particule?

matierevolution.fr -Qu’est-ce que la dualité onde-corpuscule

res-nlp.univ-lemans.fr -Dualité onde-particule et principe de Heisenberg

cours.espci.fr -« DUALITE ONDE-CORPUSCULE » - LES ONDES DE MATIERE

mon.ftp.a.moi.chez-alice.fr -dualité onde particule

etudes.ecp.fr/physique -Dualité onde-corpuscule

158.64.21.3/physics -Dualité onde - corpuscule

ensta-paristech.fr -Conséquences de la dualité onde-corpuscule

moodle.insa-toulouse.fr -Les Postulats. Le Principe de correspondance

wikipedia.org -la réduction du paquet d'ondes

tourgueniev69.tripod.com -Le principe de réduction du paquet d'ondes réexaminé

wikipedia.org -Postulats de la mécanique quantique

culture-sf.com -Le cantique des quantiques : Le monde existe-t-il ?

 

Après cette rapide introduction à la physique quantique, nous allons faire connaissance dans le prochain article avec la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité...

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01/08/2012

4) Notre existence a-t-elle un sens? 4) Vers de nouvelles "lumières"


Notre existence a-t-elle un sens? 4) Vers de nouvelles "lumières"


 

 

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèlesJésus (l'amour),Phytagore (la mathématique), Einstein (la physique)".

Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staunenotre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet.

Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réanchantement du monde au cours des articles.


Mes articles déjà parus dans cette rubrique:

Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan

Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)

Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?

Je consulte souvent aussi:

astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

En exergue: "Notre science n'est plus ce savoir classique, nous pouvons déchiffrer le récit d'une nouvelle alliance. Loin de l'exclure du monde qu'elle décrit, la science retrouve comme un problème l'appartenance de l'homme à ce monde." Ilya Prigogine


 

Le XXè siècle a vécu en science un évènement rare: un changement de paradigme. Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Au xxe siècle, le mot paradigme était employé comme terme épistémologique pour désigner un modèle de pensée dans des disciplines scientifiques. L'emploi le plus répandu se trouve chez le philosophe et sociologue des sciences Thomas Samuel Kuhn qui l'utilisait pour désigner un ensemble de pratiques en science. Le terme est cependant souvent inapproprié et Kuhn lui-même préférait utiliser les termes de science exemplaire et de science normale qui lui semblaient contenir un sens philosophique plus exact. Cependant, dans son livre La structure des révolutions scientifiques, Kuhn définit un paradigme scientifique comme suit :

  • un ensemble d'observations et de faits avérés ;
  • un ensemble de questions en relation avec le sujet qui se posent et doivent être résolues ;
  • des indications méthodologiques (comment ces questions doivent être posées) ;
  • comment les résultats de la recherche scientifique doivent être interprétés.

Sur le plan scientifique, un paradigme est donc l'ensemble des règles et des conceptions, (ou des croyances!), qui constituent les fondements d'une science. Au "paradigme ptoloméen" qui fut en vigueur pendant plus de1500 ans, succédera le "paradigme newtonien" qui lui-même a été remplacé par "le paradigme einsteinien."


Comment un paradigme se substitue-t-il à un autre?

Examinons la thèse de Kunh sur la structure des révolutions scientifiques:

-Kuhn présente l'évolution des idées scientifiques comme le produit d'une dynamique discontinue, dont le cours s'organise en deux grandes phases alternatives : la science normale ("science classique" et la science extraordinaire

-Des crises se produisent du fait que la science classique ne parvient pas à expliquer certains faits.

-Une véritable révolution se produit: des concepts radicalement différents de ceux de la science classique apparaissent pour expliquer ces faits.

-Une bataille (parfois violente) se déroule alors, qui peut durer de quelques années à un siècle entre les tenants de l'ancien  et du nouveau paradigme.

-Puis le nouveau paradigme s'impose et sert de fondement à une nouvelle science qui deviendra à son tour classique.

Ainsi, l'évolution des sciences n'est pas " un long fleuve tranquille", mais une suite de crises: "[...] C'est plutôt une reconstruction de tout un secteur sur de nouveaux fondement, reconstruction qui change certaines des généralisations théoriques les plus élémentaires de ce secteur [... ] Quand la transition est complète, les spécialistes ont une tout autre manière de considérer leur domaine, ses méthodes et ses buts."

 

Scientifiques: Thomas Samuel Kuhn

wikipedia.org -La Nouvelle alliance (essai)

les-etats-d-anne.over-blog.com -le goût du risque par isabelle stengers (belles images)

matierevolution.fr -Les idées d’Ilya Prigogine

philosophie.philisto.fr -Les révolutions scientifiques

linternaute.com/video -Ptolémée et les cartes dailymotion.com/video -Ptolémée et les cartes

phi2080.uqam.ca -L’image du monde de Newton à Einstein

youtube.com -Albert Einstein - Comment je vois le monde (extraits 1-2)

cquantique.com -quantique_Nouvelle science, nouvelle spiritualité

er.uqam.ca -La philosophie des sciences après Kuhn par Robert Nadeau


2) Résistances aux changements de paradigme?

Le passage d'un paradigme à un autre est loin d'être un "fleuve tranquille", processus cumulatif, réalisable à partir de variantes de l'ancien paradigme. C'est plutôt une reconstruction  sur de nouveaux fondements, reconstruction qui change des généralisations théoriques les plus élémentaires. Quand la transition est complète, les spécialistes du domaine ont une toute autre façon de considérer leur domaine, ses méthodes et ses buts.

jcboulay.free.fr/astro -la nébuleuse du crabe

Mais les résistances au changement de paradigme sont nombreuses et empêchent souvent les scientifiques de voir les faits. Ainsi, lorsqu'en juillet 1054, une étoile explosa et devint pendant quelques jours la plus brillante dans le ciel, les astrologues occidentaux qui scrutaient les cieux l'avaient forcément remarquée, pourtant, aucune trace, aucun témoignage n'en subsistent. Car le paradigme dominant à l'époque était le paradigme aristotélicien qui affirmait que les cieux étaient immuables et une telle "anomalie" était impensable et les intellectuels de l'époque se sont dépêchés de l'oublier. C'est grâce aux archives des chinois, ancrés dans un autre paradigme, admettant les changements célestes, que nous connaissons la date exacte de l'explosion de ce qui est aujourd'hui la nébuleuse du crabe.

Certains problèmes peuvent bien être résolus dans le cadre d'un paradigme, alors que d'autres, qui paraissent au premier abord semblables, ne peuvent l'être que grâce à un autre paradigme. Ce fut le cas lorsqu'on détecta des anomalies dans l'orbite de mercure. On chercha une autre planète, comme on l'avait fait après la détection des anomalies dans l'orbite d'Uranus, ce qui avait permis de découvrir neptune. Mais on ne trouva pas d'autre planète. En fait, elle n'existe pas, les anomalies de mercure s'expliquent grâce à un autre paradigme: la relativité générale d'Einstein.

Certains concepts, refusés dans le cadre d'un paradigme, peuvent être à nouveau acceptés, mais d'une nouvelle façon, dans le cadre d'un autre paradigme. Ainsi, les alchimistes affirmaient que les éléments pouvaient se transmuter, que le plomb pouvait se transformer en or. Cette idée semblait totalement discréditée dans le cadre de la science et de la chimie du XIXè siècle. Mais aujourd'hui, les transmutations des éléments sont un phénomène quotidien dans les grands accélérateurs utilisés par la physique nucléaire, ce qui ne cautionne pas pour autant la démarche des alchimistes.

La science apparaît plus objective que la philosophie. Mais ce schéma d'évolution de la science (existence d'un paradigme, crise, déstabilisation du paradigme dominant, élaboration d'un nouveau paradigme, reconnaissance du nouveau paradigme), suppose en fait l'existence de nombreux phénomènes affectifs, voire obscurantistes comme les "excommunications" des hérétiques en science. Doit-on pour autant accepter les idées relativistes, telles celles de Feyerabend pour qui "tout se vaut" ou accepter des spéculations absurdes sous prétexte qu'il s'agit peut-être de nouveaux paradigmes à venir? C'est pour cette raison que je ne présente pas mes articles "au commencement du temps" comme étant scientifiques, ni comme des hypothèses, mais comme ma "lecture" du livre des frères Bogdanov, lecture qui me permet d'approfondir mes connaissances, de partager et de m'exprimer avec jubilation. Pourtant, la théorie de la dérive des continents de Wegener pouvait sembler farfelue avant la découverte des dorsales océaniques, montrant que les continents étaient comme des tapis glissant sur la lave présente sous l'écorce terrestre. L'existence en Afrique et en Amérique du Sud, de fossiles présents dans les mêmes couches géologiques aurait pu en faire réfléchir certains.

liens: jcboulay.free.fr/astro -M1, nébuleuse du Crabe NGC 1952

interpc.fr -Aistote, Descartes, Korzybski: trois visions de l'homme et du monde

wikipedia.org la sémantique générale de Alfred Korzybski

cosmosaf.iap.fr -la relativité générale

cairn.info -Feyerabend: Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance (1979)

wikipedia.org -Feyerabend: Anarchisme épistémologique

 

3) Nouveaux paradigmes au XXè siècle:

Ce siècle a vu surgir toute une série de nouveaux paradigmes, certains bien établis, d'autres en cours de gestation. Ils sont issus tout d'abord de l'infiniment petit avec la physique quantique et de l'infiniment grand avec l'astrophysique. Ils se sont ensuite étendus en logique, puis dans l'étude de la vis (biologie) et enfin dans celle de la conscience.

Dans les nouveaux concepts, il est question d'incomplétude, d'imprédictibilité, d'incertitude, d'indécidabilité... On pourrait croire qu'il s'agit d'un recul du savoir, d'une abdication de l'homme devant des mystères qui le dépassent. Au contraire, la méthode scientifique permet de savoir les raisons pour lesquelles nous ne savons pas et souvent, les raisons pour lesquelles nous ne saurons jamais certaines choses. C'est un renversement de perspective qui est u progrès un échec de la science. L'ancien paradigme (scientiste à mes yeux), était fondé sur le scientisme (le "nous ne sommes rien d'autre que des paquets de neurones" de certains neurologues) et refermait sur lui-même le réel. Les nouveaux paradigmes permette d'ouvrir d'autres conceptions que les sciences nous donnent de l'homme et de l'Univers. Malgré leur diversité, leur convergence nous permet de parler d'un nouveau paradigme global. Ce phénomène est semblable à celui du passage de la vision du monde du Moyen-Âge à celle des Temps Modernes, dont l'évolution des disciplines sur une longue période (et pas toutes en même temps) a permis l'apparition d'une nouvelle synthèse, la science classique ou moderne. Le passage de cette modernité à l'ensemble des nouveaux paradigmes est souvent appelé la "postmodernité".

Jean Staune décrit l'objectif ainsi son ouvrage: "examiner à la fois les éléments essentiels de cette mutation et dans quelle mesure ils renouvellent les réponses à la question: "notre existence  et celle de l'Univers ont-elles un sens, ou sommes-nous là par un pur hasard?"

liens: cquantique.com -Nouvelle science, nouvelle spiritualité

unisson06.org -Pour un Nouveau Paradigme : Introduction

journal-integral.blogspot.fr -A l'heure d'une crise systémique sans précédent, le pseudo-réalisme est une imposture


4) Structuration des articles qui vont suivre, principaux chapitres.

 

edelo.net/chaos -De la s.a. (science absolue) à la s.a.r.l. (science à rationalité limitée)


weblettres.net/blogs -tableau de Gauguin : D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Ou allons-nous ?

a) Qu'est-ce que le réel? Cet article traitera des fondements de la matière et de la physique quantique.

b) D'où venons-nous , où allons-nous? C'est à l'astrophysique que nous nous adresserons.

c) Sommes-nous ici par hasard? Nous verrons l'avis des théoriciens de l'évolution.

d) Qu'est-ce que l'homme? Une exploration des sciences du cerveau et de la conscience.

f) Les mathématiques ont-elles un lien avec une forme de transcendance? Sont-elles une simple construction de l'esprit humain ou ou existe-t-il un monde des mathématiques que nous découvrons progressivement et avec lequel l'esprit humain a un lien privilégié?


Quelques remarques sur cette structuration:

-Les théories actuelles en physique et en astrophysique ou en astronomie sont satisfaisantes pour l'ensemble des non-matérialistes, alors que celles qui dominent en biologie et en neurologie sont, elles favorables aux matérialistes. L'objectivité parfaite est impossible, surtout lorsqu'il s'agit d'interprétation, mais dans la démarche, il est important de se garder de toute idéologie pour ne se laisser guider que par les faits.

-Un décalage semble se perpétuer depuis 500 ans entre les progrès réalisés par les sciences de la matière et et ceux obtenus dans les sciences de la vie et de la conscience qui ont près d'un siècle de retard sur les sciences de la matière. La cause en est que les progrès des sciences de la vie dépendent en partie des moyens techniques fournis par les sciences physiques. L'apogée de la période classique en physique et en astronomie se place à la fin du XIXè siècle, alors que le sommet de cette même période classique dans les sciences de la vie et de la conscience ne date que de la fin du XXè siècle et nous y sommes encore.

-Des mutations fondamentales vont (donc?) se produire dans les sciences de la vie, parce qu'elle ont déjà eu lieu dans les sciences de la matière. Les biologistes et les neurologues refusent encore (dans leur majorité) tout nouveau concept  dans leur discipline provenant de la révolution ayant eu lieu en physique. Cela confirme la difficulté et la problématique que nous avons évoquée concernant les changements de paradigme. Mais il semble bien probable qu'une révolution conceptuelle traversera les sciences de la vie et de la conscience au XXIè siècle. En effet, les causes de cette révolution existent déjà. C'est comme un tsunami dont la vague se serait déjà formée, mais qui n'aurait pas encore atteint la côte. En effet, l'évolution du savoir, même s'il existe des décalages pouvant atteindre jusqu'à un siècle, est homogène dans le long terme. Et les molécules impliquées dans l'évolution de la vie dans le fonctionnement du cerveau sont des objets dont les modifications reposent sur des phénomènes quantiques.


liens: prismedetete.net -Les révolutions scientifiques : pipettes, équations et barricades

edelo.net -De la s.a. (science absolue) à la s.a.r.l. (science à rationalité limitée)

docteurangelique.forumactif.com -Qu’est-ce que le réel ? PAROLES DU PAPE BENOIT XVI

cafe-philo-des-phares.info -Qu'est-ce que la réalité ? par edgar morin

niarunblogfr.unblog.fr -derrière la théorie du chaos: un ordre strict

mlikahamdi.unblog.fr -mathématiques et discours politique!

sciences.blogs.liberation.fr -DIEU, HAWKING ET LA PHYSIQUE... HÉLAS !

maquerelleduvrai.hautetfort.com -Des miracles sans Dieu (de l'immanence et des mathématiques)

math.ens.fr -culture math Ressources pour les enseignants de mathématiques

blog.mysciencework.com -Mathématiques et Biologie au 21e siècle : nouvelles frontières interdisciplinaires

igdss.lu/medias/pdf -LES SCIENCES MATHEMATIQUES A L’AUBE DU 21e SIECLE

journal-integral.blogspot.fr -A l'heure d'une crise systémique sans précédent


A bientôt dans mon prochain article qu'est-ce que le réel?

journal-integral.blogspot.fr -A l'heure d'une crise systémique sans précédent

 

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10:01 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook